Lun. 14h30, Théâtre Chateaubriand

Après-midi : L’Appel du Grand Ouest

Everett Ruess, « Vagabond de la beauté »

24 mai 2019.
 

Il avait 16 ans en 1930 quand il commença sa vie de « vagabond de la beauté », gagnant à pied la Yosemite Valley, avant de s’enfoncer dans les canyons de l’Utah et du Colorado. On le suit de loin en loin, par ses lettres à sa mère, ses poèmes : « toute ma vie je serai le vagabond solitaire de la beauté ». Il change de nom, se dit « Nemo » (personne) comme s’il vouait se dissoudre dans la pure beauté du monde, jusqu’à s’évanouir dans un jeu de lumière, se faire vent, se faire poussière. Emmanuel Tellier parti sur les traces de cette figure de légende en ramène un film fort, émouvant (La disparition d’Everett Ruess – Voyage dans l’Amérique des ombres). À ne pas manquer !

Suivi d’une rencontre L’appel du grand Ouest avec le réalisateur Emmanuel Tellier, Jennifer Lessieur qui signe une biographie de Chatwin, Michel Le Bris et Gilles Lapouge, rêveur du lointain.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Tu marcheras dans le soleil

Stock - 2018

Il aurait eu 70 ans en 2019. Bruce Chatwin est l’un des plus grands écrivains anglais du XXe siècle. Auteur du célèbre En Patagonie, de récits, nouvelles, romans, il s’est d’abord inventé une vie à haute teneur romanesque, poussé par une « grande maladie de l’horreur du domicile », diagnostiquée déjà par Baudelaire.
Trop méconnu en France, sa vie et ses voyages, indissociables, ont consisté en une folle succession de fuites. De l’Angleterre d’après-guerre, des Swinging Sixties, du monde de l’art et des collectionneurs, de l’université et de l’archéologie, du journalisme et de toute contrainte sociale. Jusqu’à ce qu’il trouve son salut en Amérique du Sud, d’où il revint avec ce récit de voyage qu’est En Patagonie, et une vocation qui allait justifier ses fuites à venir, en Afrique, en Grèce, en Australie...
Il fuit son pays natal et son épouse ; vers les deux il revint toujours.
Il fuit sa bisexualité, les hommes et les femmes envoûtés par sa blondeur ténébreuse, quittés après des liaisons rapides, sans traces.
Il fuit l’idée de possession, d’une maison, d’un objet d’art, d’un être.
Il fuit la vérité dans ses livres, et dans sa propre vie.
Il fuit la réalité de sa maladie, ce sida qui allait l’emporter en pleine gloire.
Il en a rapporté des livres et des mystères qui continuent d’inspirer la même envie de ficher le camp au bout du monde.
À son tour, Jennifer Lesieur a fui pour partir sur ses traces.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Documentaire

La disparition d’Everett Ruess - Voyage dans l’Amérique des ombres

- 2018
 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Atlas des paradis perdus

Arthaud - 2017

Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d’une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d’édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l’horizon de nos mélancolies. Des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…

Revue de presse

"L’humanité a tendance à se bâtir des eldorados, réels ou imaginaires. Gilles Lapouge en dresse un inventaire érudit et joyeux dans cet ouvrage joliment illustré." (Bernard Lehut, RTL)

"Voyageur de toujours, Gilles Lapouge établit la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires." (Un livre un jour, France TV)