Lun. 10h, Magic Mirror 2 (Grands Débats)

SOS Méditerranée

24 mai 2019.
 

Malgré lui, l’Aquarius est devenu un symbole de la solidarité maritime. En mer comme à terre, secourir ceux qui sont en danger prévaut sur toute autre considération. Alors que ce principe fondamental et reconnu est remis en cause en Méditerranée centrale, l’Aquarius s’engage à rendre public tout ce dont il sera témoin en mer. Rencontre avec Lionel Habasque, PDG de Terres d’Aventure, Michel Agier qui rappelle combien il devient primordial de repenser notre rapport à l’autre, Jean-Paul Mari, qui nous raconte les enjeux de ce territoire en perpétuelle évolution, Jean Viard qui prône une ouverture sur la Méditerranée et condamne toute forme de repli sur soi. Mais aussi, Yahia Belaskri, écrivain algérien dont le coeur balance entre les deux rives et la photographe Maud Veith, qui suit depuis 2017 les actions de l’Aquarius. Retrouvez son exposition à la chapelle Saint-Sauveur.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’Étranger qui vient. Repenser l’hospitalité

Seuil - 2018

La condition d’étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l’on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux « migrants », traités en ennemis plutôt qu’en hôtes.

Mis en demeure de pallier l’hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l’hospitalité. Cette façon d’entrer en politique par la petite porte de chez soi qu’on ouvre montre toutefois ses limites. Chaque hébergement est une goutte d’eau dans l’océan de l’errance globale et la faveur dont procèdent de tels gestes ne saurait durablement faire office de sauf-conduit.

Michel Agier nous invite à repenser l’hospitalité au prisme de l’anthropologie, de la philosophie et de l’histoire. S’il en souligne les ambiguïtés, il révèle aussi sa capacité à déranger l’imaginaire national. Car l’étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

En dérivant avec Ulysse

JC Lattès - 2018

Si Ulysse revenait aujourd’hui en Méditerranée, que trouverait-il  ? Une Mare Nostrum, une mer commune à tous ses habitants ou un espace coupé en deux, éclaté, balkanisé. Divisé au gré des rivalités, des cultures et des religions, entre les « civilisés  » et les « barbares  ». Serait-il plus étonné par les progrès réalisés ou horrifié par ses plaies ? Les hommes auraient-ils réussi à avoir enfin le même Dieu autour de la même mer ? La Méditerranée aurait-elle réussi à rester le centre de la culture, la lumière du monde, un joyau de l’humanité ou, frappée par une décadence effrayante, s’était-elle transformée un cul de basse-fosse de l’intelligence  ? Ulysse pourrait-il nous dire qui nous sommes  ? Me dirait-il aussi, comme Tirésias, qui je suis  ?
Être méditerranéen, est-ce avoir une identité ou n’être plus que le « Personne  » de Polyphème, quelqu’un aux origines diluées dans un monde mondialisé. Moi qui suis né sur ces côtes, amoureux et souffrant au bord de la mer, sidéré par les guerres mais hypnotisé par la lumière d’après incendie, qui suis-je ? Qui sommes-nous  ? Perdus ou sauvés  ?
Il n’y a qu’un seul moyen d’obtenir une réponse à toutes ces questions. Refaire, pas à pas, ce grand voyage avec lui. En dérivant avec Ulysse.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Le sacre de la terre

L’Aube - 2020

Pour se nourrir à dix milliards sur une seule petite Terre, se vêtir, se chauffer, se déplacer, produire de l’énergie renouvelable, capter le carbone, le travail de la terre redevient chaque jour un peu plus l’avenir de l’Homme, avec la science et l’art. Les objets et leur fabrication ne sont plus le tout de l’humain. Avec la révolution écologique et numérique, la mondialisation, il faut retrouver du sens, du local, du faire-pousser, du territoire, des lieux. Le bio et le local, le soleil et le vent, le sol et les forêts sont nos nouveaux futurs.

Re-naturons la ville et ré-humanisons la campagne, dit Edgar Morin.
Et pour entrer dans ce monde-là, il faut à la fois du conservatisme - celui de l’infiniment petit de millions de savoirs locaux - et du progrès des sciences, des arts et des techniques. Un ouvrage essentiel qui mêle monographies et grande Histoire, sociologie rurale et désirs urbains, combat climatique et besoin de sens. Signé de l’un des meilleurs spécialistes français des questions agricoles et territoriales, cette véritable somme est un plaidoyer pour une urgente révolution écologique.

Jean Viard est sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions de l’Aube, Nouveau portrait de la France (2012) et Le triomphe d’une utopie (2015).

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Revue

Apulée #4 - Traduire le monde

Zulma Éditions - 2019

On accède majoritairement aux cultures du monde par la traduction. Plus une langue s’emploie à traduire, plus s’éploient ses capacité inventives. Les grandes heures d’une culture correspondent aux apports décisifs des langues autres, étrangères, toujours plus ou moins apparentées, ne serait-ce que par la vigoureuse, multiforme analogie des espaces symboliques.
« Quand une langue n’emprunte plus à une autre, elle se fige », disait justement Alain Rey. Et plus encore peut-être quand elle ne voyage pas dans une, dans plusieurs autres.
Ainsi visitera-t-on les langues enfouies, archéologiques, et leurs trésors, les langues vernaculaires, les langues vivantes sino-tibétaines, sémitiques ou subafricaines. Ce numéro sera illustré de multiples graphies avec un soin particulier dans la mise en page. Les systèmes d’écriture alphabétiques y côtoieront les formes logographiques et syllabiques.
Il s’agit plus que jamais de relancer et d’exalter l’aventure existentielle dans ses grandes largeurs, à commencer par ces lointains qui nous rassemblent, fidèles à l’appel constant des autres rives et des antipodes, à savoir cette idée toujours neuve de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures.
La traduction sera donc à l’honneur. Langue source, langue cible : c’est ainsi que les époques et cultures s’enlacent et se répondent, se tissent et se métissent.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Ils arrivent pieds nus par la mer

- 2019

"En octobre 2017, j’embarquai pour la première fois à bord de l’Aquarius, bateau humanitaire sillonnant les eaux internationales au large de la Libye. J’ai été très marquée par la vision de ces personnes qui avaient pris la mer en laissant derrière eux une partie de leur histoire. Nombre d’entre elles ont été récupérées pieds nus, avec pour tout bagage un petit sac plastique contenant l’essentiel de leurs affaires. Pour fuir l’horreur, elles s’étaient entassées dans des embarcations de fortune, s’aventurant en mer, en pleine nuit, bravant le froid, la houle et la peur. La plupart d’entre eux n’avaient jamais vu la mer.

Après trois semaines de mission, 588 rescapés ont été déposés sur la terre ferme, au port de Vibo Valentia, dans le sud de l’Italie. Je suis retournée à bord de l’Aquarius en septembre 2018. Alors que l’Italie avait fermé ses ports et que l’Aquarius était le dernier bateau civil sur zone, des exilés continuaient de fuir et de se noyer. 58 personnes ont été secourues. Pendant 10 jours nous avons partagé leur quotidien : elles ont fait preuve de patience et de sang-froid, dans une mer très agitée, nous empêchant de les débarquer. Elles ont témoigné une impressionnante résilience.

Cette série d’images prises à une année d’intervalle, a été guidée par mes émotions premières. J’ai été témoin de l’entraide et de l’humanité qui règnent à bord de l’Aquarius, ainsi que d’un spectacle effrayant qui se déroule loin de tous, en haute mer."