Dim. 10h, CCI (petite salle)

Entre mémoire et histoire : une relation à construire

24 mai 2019.
 

Les aventures coloniales furent une rude mise à l’épreuve des valeurs humanistes affichées. Rien ne doit être oublié. Et bien des drames d’aujourd’hui en sont les fruits directs. Mais quelque chose est aussi né de ces aventures. Temps nécessaire de la mémoire, mais temps nécessaire, aussi, de l’Histoire, qui implique, elle, distance, confrontation des faits, des points de vue. On sait la difficulté, aussitôt qu’esquissée, d’entreprendre une histoire commune entre France et Algérie, entre France et Allemagne ! C’est pourtant la condition même d’une relation…

Quelques signes suggèrent que les choses évoluent – comme l’entreprise de restitution des oeuvres africaines confiée à Felwine Sarr. Où en sommes-nous ?

Avec Felwine Sarr, Pascal Blanchard, Alexis Jenni et David Diop.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Autres

Restituer le patrimoine africain

Philippe Rey - 2018

Les guerres ont toujours entraîné des spoliations d’objets et de trésors au détriment des pays vaincus. La France quant à elle a été particulièrement active au cours de ses conquêtes coloniales au xixe siècle. Dès cette époque, de prestigieuses voix s’élèvent en Europe pour condamner ce que la prétendue " civilisation " inflige à la " barbarie ". Victor Hugo " espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée " renverra ses butins.

On compte actuellement dans les collections publiques françaises au moins 88 000 objets provenant de l’Afrique subsaharienne. Malgré de nombreuses réclamations de pays africains depuis les indépendances, l’État français n’a pas jugé bon d’évoluer sur cette question, arguant de l’inaliénabilité du patrimoine national. Jusqu’au discours du 28 novembre 2017 du président Emmanuel Macron à Ouagadougou, qui annonça la mise en œuvre dans un délai de cinq ans de " restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ". Il confia alors à Felwine Sarr et Bénédicte Savoy la mission de consulter les spécialistes en Afrique et en France, et de mener une large réflexion sur ce sujet. Le fruit de cette mission est le présent ouvrage, qui reprend le contenu du rapport remis le 23 novembre 2018 au président de la République.

Il raconte les spoliations à travers l’histoire mondiale, évalue la part de la France, dresse un premier inventaire des œuvres spoliées, fait le récit des tentatives des pays africains pour se réapproprier leur patrimoine, analyse les questions juridiques qui se posent, et énonce un certain nombre de recommandations pratiques pour la mise en œuvre des restitutions, un des chantiers les plus audacieux de ce XXIe siècle.
Un ouvrage passionnant, qui fera date. Car le mouvement de restitution du patrimoine vise non seulement à redonner accès aux Africains à leurs œuvres, mais aussi à fonder une nouvelle ère dans les relations entre l’Afrique et la France, à écrire une nouvelle page d’histoire partagée et pacifiée.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Décolonisations françaises : la chute d’un empire

La Martinière, 2020 - 2020

L’empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l’entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu’aux dernières indépendances au milieu des années 1970.

Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d’une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d’accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l’un des plus grands basculements de l’histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.

 

DERNIER OUVRAGE

 

J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond

Éditions Paulsen - 2020

Né en Écosse en 1838, débarqué à 10 ans dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, le jeune Muir s’échine chaque jour dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l’émerveille. Le soir, il imagine et crée des objets mécaniques qu’il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil pour le sortir automatiquement du lit à l’heure du lever. Très vite, John Muir s’interroge sur le sens de cette vie de labeur, alors qu’il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin, sillonne le pays à pied du nord au sud et d’est en ouest, participe aux transhumances de bergers isolés, vit en ermite dans les bois, fasciné et nourri par la vie qui l’entoure. Dans la Californie de la ruée vers l’or, on fait fortune en creusant une dette écologique abyssale, que personne ne voit encore. Sauf Muir, qui la pressent grâce à son attention aux hommes et son amour du paysage. Figure mythique aux États-Unis, fondateur des parcs nationaux, sauveur du Yosemite, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie, en termes tout aussi clairs. Ancêtre du concept d’écologie, il fut, selon Roosevelt, « l’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré ».


Revue de presse :

« L’histoire et le cheminement physique et intérieur de Munir apparait comme exemplaire à l’aune de nos existences contemporaines. Il est une légende inspirante, un modèle d’aventure. » France Culture

« Alexis Jenni trace son chemin d’un bon pas, avec une joie qui se teinte d’une légère nuance de mysticisme à mesure qu’il dessine le portrait de cet homme dans lequel il voit “le dieu des enfants curieux”. » Le Monde

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Frère d’âme

Seuil - 2018

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.