Chambre de commerce et d’industrie

Les grands entretiens de Jean-Luc Hees

5 juin 2019.
 

« L’universel, c’est le local moins les murs ». Miguel Torga, le père de cette formule, devrait présider, en compagnie d’Albert Einstein, à nos destinées. Il nous a quitté il y a un quart de siècle, mais son propos ne concerne pas seulement la littérature. Dans sa jeunesse, il avait été cow-boy au Brésil, planteur de café, chasseur de serpents, avant de rentrer chez lui à Coïmbra, au Portugal, pour y exercer la médecine. Il habitait rue Pessoa. Ça ne s’invente pas.

Avant de rejoindre Saint Malo, pour y rencontrer des auteurs que j’aimais depuis longtemps, ou que je viens de découvrir, j’ai sérieusement réfléchi à la place qu’ont occupé les livres dans ma vie. De cette introspection, je n’ai rien tiré de très original : je suis ce que les livres ont fait de moi. Et on aura beau prétendre que des milliards d’individus subsistent très bien loin des bibliothèques je refuse cette assertion. D’expérience. J’ai lu très récemment dans Le Monde une tribune signée Jon Kalman Stefánsson, un écrivain islandais qui sera parmi les étonnants voyageurs rassemblés à Saint-Malo. On ne peut pas répondre mieux à ceux qui doutent de la puissance de la littérature : « La littérature, écrit-il, n’a pas le pouvoir de donner des ordres… Elle n’est fidèle qu’à la vie. »

En lisant les oeuvres de celles et ceux qui ont été conviés à Saint-Malo cette année, j’ai renoué avec ce misérable petit tas de secrets, de réussites et d’échecs, que constitue l’aventure humaine. Tout me parle. Tout me surprend. Et tout, absolument tout, me relie à ces écrivains. À ce titre, l’œuvre de Thomas McGuane me comble et me sidère : pourquoi réussit-il, en toute simplicité, à me connecter intimement à toute l’extravagance de ses héros, minables ou héroïques ?

Qu’on soit Breton ou Bolivien, originaire du Montana ou de Ceylan, nous sommes tous inscrits dans les livres de ces médecins de la vie. Les écrivains
rassemblés ici, à Saint-Malo, voyagent comme ils respirent, et, étonnamment, si je puis me permettre, ils parlent de vous. Vous les concernez. Je ne vois pas de plus imposant cadeau. » Jean-Luc Hees


Retrouvez les auteurs

Muriel Barbery Lun. 14h
Christian Bobin Dim. 18h
Alaa El Aswany Sam. 16h15
Laurent Gaudé Dim. 12h
Ma Jian Lun. 10h30
Serge Joncour Sam. 17h45
Andreï Kourkov Lun. 15h30
Thomas McGuane Sam. 14h30
Mona Ozouf Sam. 10h30
Ron Rash Lun. 11h45
Jean Rouaud Dim. 16h30
Riad Sattouf Sam. 12h
Jón Kalman Stefánsson Dim. 10h30
Samar Yazbek Dim. 15h, animé par Arnaud Wassmer

 

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Autres

Ces psychopates qui nous gouvernent

Plan - 2018

Ils sont psychopathes, sociopathes, névropathes... : ce sont certains des Chefs d’Etat gouvernant le monde qui les regardent œuvrer, souvent sans réagir. Jean Luc Hees enquête sur ces monstres au pouvoir.

Ils sont psychopathes, sociopathes, névropathes... Ils règnent sur les pays du Caucase ou d’Amérique Latine, sur la Corée du Nord ou sur les Philippines. Ils régissent de façon extravagante la vie de la Maison Blanche ou du Kremlin. Ils violentent et massacrent leur propre peuple comme en Syrie. Ils abaissent leur fonction comme en Thaïlande, tourmentent leurs opposants comme aux Maldives.

Ce sont les Princes qui nous gouvernent, des Princes de l’immoralité, du dérèglement, du narcissisme, de l’aberration, parfois de la démence, de la violence et de son corollaire, la cruauté. Certains sont catalogués par l’ONU comme " criminels de guerre ", ou encore ils sont accusés de " génocide ". Le monde les regarde oeuvrer, souvent sans réagir. Tous n’ont pas commis les mêmes atrocités. Le Président Philippin se vante d’avoir, à plusieurs reprises, tué de ses mains. Donald Trump n’a jamais pointé son revolver sur un passant New Yorkais. Mais tous ces personnages affichent certaines caractéristiques troublantes. Et ils présentent un risque pour la planète.

Bachar al-Assad, avec un demi million de morts sur la conscience, peut mettre le Proche Orient à feu et à sang. Kim un-Jung peut rayer de la carte une ville américaine ou japonaise. Et Donald Trump qui demande souvent à ses conseillers militaires à quoi peut bien être utile une bombe atomique si on ne peut pas s’en servir n’est guère rassurant. En dépit des tragédies du XXe siècle, la longue lignée des monstres se renouvelle dans un monde globalisé, où jamais l’information n’a autant circulé.

 

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Romans

Un étrange pays

Un soir de neige, un affable rouquin nommé Petrus semble surgir de nulle part dans la cave du castillo d’Estrémadure où Alejandro de Yepes et Jesús Rocamora, jeunes officiers de l’armée régulière espagnole, ont établi leur campement. C’est la sixième année de la plus grande guerre jamais endurée par les humains et le début d’une aventure extraordinaire qui voit les deux espagnols quitter leur poste et traverser un pont invisible. Car Petrus est un elfe. Il vient du monde secret des brumes où est déjà assemblée une compagnie d’elfes, de femmes et d’hommes en charge du destin de la guerre. Bientôt, Alejandro et Jesús vont découvrir la terre de leur nouveau compagnon – terre d’harmonie naturelle, de beauté et de poésie, confrontée elle aussi aux fléaux des conflits et des déclins. Là, ils côtoient des êtres insolites, sacrifient à d’étranges rituels de thé et de calligraphie, rencontrent l’amour et, en compagnie de Petrus, elfe iconoclaste et buveur, participent à la dernière bataille où se dessine l’identité du monde à venir.Réflexion sur les tourments perpétuels des civilisations, sur la vie des morts, sur le pouvoir de la poésie et de la fiction, Un étrange pays est tout à la fois un conte infusé de magie, un roman d’aventure, une méditation, un appel à l’imagination et au rêve. Il mêle humour et considérations métaphysiques, éléments merveilleux et thèmes contemporains, et s’inspire largement de l’esthétique asiatique. Bien qu’on y retrouve les personnages de La vie des elfes et qu’il en prolonge l’intrigue, c’est un roman autonome qui peut se lire indépendamment du premier volet consacré aux elfes.


 

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Romans

La nuit du cœur

Tout a commencé à Conques dans cet hôtel donnant sur l’abbatiale du XIe siècle, où l’auteur n’a fait que passer une nuit. Mais il a regardé comme personne et vu ce que, aveuglés par le souci de nous-mêmes et du temps, nous ne voyons pas : la lumière particulière que dégagent les choses et les êtres les plus simples, les plus humbles. De retour chez lui dans sa maison du Creusot, perdue dans les arbres et la solitude, le poète recense et interroge une à une toutes les merveilles « rapportées » de Conques : des rêves, la vision des anges, l’idée et le désir de la phrase pure, et le chemin en lui d’un grand et beau livre comme une lettre d’amour, La nuit du cœur. C’est ainsi, fragment après fragment, que s’écrit au présent, sous les yeux du lecteur, cette lettre dévorée par la beauté de la création comme une fugue de Jean-Sébastien Bach.

 

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Romans

J’ai couru vers le Nil

Actes Sud - 2018

Le Caire, 2011. Alors que la mobilisation populaire est à son comble sur la place Tahrir, Asma et Mazen, qui se sont connus dans une réunion politique, vivent leurs premiers instants en amoureux au sein d’une foule immense. Il y a là Khaled et Dania, étudiants en médecine, occupés à soigner les blessés de la manifestation. Lui est le fi ls d’un simple chauffeur, elle est la fille du général Alouani, chef de la Sécurité d’État, qui a des yeux partout, notamment sur eux. Il y a là Achraf, grand bourgeois copte, acteur cantonné aux seconds rôles, dont l’amertume n’est dissipée que par ses moments de passion avec Akram, sa domestique. Achraf dont les fenêtres donnent sur la place Tahrir et qui, à la suite d’une rencontre inattendue avec Asma, a été gagné par la ferveur révolutionnaire. Un peu plus loin, il y a Issam, ancien communiste désabusé, victime de l’ambition de sa femme, Nourhane, présentatrice télé, prête à tout pour gravir les échelons et s’ériger en icône musulmane, qu’il s’agisse de mode ou de mœurs sexuelles.
Chacun incarne une facette de cette révolution qui marque un point de rupture, dans leur destinée et dans celle de leur pays. Espoir, désir, hypocrisie, répression, El Aswany assemble ici les pièces de l’histoire égyptienne récente, frappée au coin de la dictature, et convoque le souffle d’une révolution qui est aussi la sienne. À ce jour, ce roman est interdit de publication en Égypte.


 

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Poésie
Théâtre

Nous, l’Europe. Banquet des peuples

Actes Sud - 2019

L’Europe, l’ancienne, celle d’un Vieux Monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de cette épopée poétique, sociopolitique et humaniste relatant un siècle et demi de constructions, d’a rontements, d’espoirs, de défaites et d’enthousiasmes. Ce long poème en vers libres rappelle qu’une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d’avenir, et appelle ardemment à la réalisation d’une Europe des di érences, de la solidarité et de la liberté.

 

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Romans

China Dream

Flammarion - 2018

Chargé d’appliquer le programme du Nouveau Rêve Chinois, officiellement lancé par le président Xi Jinping, un cadre dirigeant est poursuivi par des souvenirs qui viennent perturber son travail. Certains cauchemars le ramènent au temps où ses parents ont été les victimes de la répression aveugle qui sévissait à l’heure de la révolution culturelle. Ces visions qui l’assaillent et lui font bientôt découvrir le destin tragique de ses parents viennent totalement gripper les rouages de la mécanique de propagande du régime et
signent l’arrêt de mort du malheureux dirigeant.
Mélangeant mythes et réalité, jouant avec tous les ressorts de l’absurde et du grotesque, ce roman fait le portrait de la Chine d’aujourd’hui gouvernée par le mensonge et la violence, à la merci d’un matérialisme sans frein. Dans cette fable cruelle, Ma Jian dévoile l’une des facettes les plus effrayantes de la tyrannie, qui consiste à tenter d’effacer la mémoire pour éradiquer les événements passés qui gênent la marche actuelle du pouvoir.


 

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Romans

Nature Humaine

Flammarion - 2020

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois sœurs, semble redouter davantage l’arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d’un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l’homme et la nature, la relation n’a cessé de se tendre. À qui la faute ?
Dans ce grand roman de « la nature humaine », Serge Joncour orchestre presque trente ans d’histoire nationale où se répondent jusqu’au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. À moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits…

 

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Romans

Vilnius, Paris, Londres

Liana Lévi - 2018

C’est la fin des gardes-frontière et des contrôles de passeports, un immense espoir pour un pays minuscule : le 21 décembre 2007, à minuit, la Lituanie intègre enfin l’espace Schengen. Comme beaucoup de leurs compatriotes, trois couples se lancent dans la grande aventure européenne. Ingrida et Klaudijus tenteront leur chance à Londres. Barbora et Andrius à Paris. Et si Renata et Vitas restent dans leur petite ferme à Anykšciai, eux aussi espèrent voir souffler jusqu’à l’Est le vent du changement. Mais l’Europe peut-elle tenir ses promesses de liberté et d’union ? Estampillés étrangers, bousculés par des habitudes et des langues nouvelles, ces jeunes Lituaniens verront l’eldorado s’éloigner de jour en jour. Kukutis, un vieux sage qui traverse l’Europe à pied, le sait bien, lui : « Peu importe la ville où l’on veut atterrir, c’est le voyage lui-même qui est la vie. »

Dans ce roman tour à tour drôle, tendre et mélancolique, Kourkov donne un visage à tous les désenchantés du rêve européen.

Traduit du russe par Paul Lequesne


 

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Nouvelles

Quand le ciel se déchire

Christian Bourgeois - 2019

Dans « Une énigme », un vieux cow-boy déambule dans la rue principale de Livingston (Montana) après la fermeture des bars. « Il ne restait plus beaucoup de spécimens de son genre, de ces types qui s’étaient fait amocher par des chevaux dans des coins éloignés de tout secours et qui avaient toujours les mains aussi dures que du cuir. Ils ne quittaient jamais leur vieux Stetson afin qu’on ne les prenne pas pour des cheminots. » Suivent un architecte maussade, un accident de voiture, un pirate de la route, un rapport sexuel inopiné et une explication avec un policier, tout cela en l’espace de cinq pages. Dans le dernier paragraphe, l’image du vieux cow-boy arpentant la rue déserte prend une tout nouvelle signification qui vient éclairer les vicissitudes de l’humaine condition. « Kangourou » met en scène un homme en liberté conditionnelle, récidiviste, qui traverse l’État pour aller récupérer les cendres de sa mère, pourchassé par son contrôleur judiciaire et un flic nerveux de la gâchette ; « L’Automobiliste » un enfant victime inconsciente d’une mère négligente ; « Little Big Horn » un narrateur qui évoque, avec humour et à ses dépens, une histoire d’amour de jeunesse qui tourna court ; dans

« Tango » un médecin se remémorant ses difficultés à communiquer avec une certaine femme et les conséquences tragiques de cet échec.
Thomas McGuane livre ici neuf textes ciselés qui confirment, s’il en était besoin, son statut de maître de la nouvelle. Son art, qui convoque et mêle avec fluidité le merveilleux et le terre-à-terre, s’attache à dépeindre avec un fatalisme grinçant mais non exempt de compassion les rêves brisés et les mauvaises décisions d’exclus, de marginaux et de contestataires qui cherchent à faire la paix avec le monde. L’auteur sait extraire l’ordre du chaos et, en un seul paragraphe, rendre cohérents des événements et des images en apparence sans rapports.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville, Eric Chédaille et Brice Matthieussent


 

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Essais

Pour rendre la vie plus légère

Stock - 2020

"Pourquoi la littérature ? Parce que la littérature nous pourvoit de dons que nous n’avons pas. Elle nous pourvoit immédiatement de l’ubiquité. Grâce à la littérature, nous vivons dans des pays, des villes où nous n’avons jamais posé le pied. Grâce à la littérature, nous pouvons reculer vers des époques révolues. Il y a une sorte d’immense liberté que donne la pratique des livres, et que nous n’avons pas. La démultiplication de l’existence dans la littérature est une chance précieuse". Ce volume contient les principales émissions faites par Mona Ozouf à "Répliques" , sous la direction d’Alain Finkielkraut : sur les femmes et la singularité de leur écriture ; sur les livres comme "patrie" ; sur la galanterie française ; sur la civilité ; sur le Panthéon ; sur la Révolution française ; sur Henry James ; sur George Eliot. Les partenaires avec lesquels elle dialogue ici sont Diane de Margerie, Claude Habib, Pierre Manent, Geneviève Brisac, Philippe Belaval, Philippe Raynaud, Patrice Gueniffey. C’est tout un parcours intellectuel qui est ici dessiné, depuis ses travaux fondateurs sur la Révolution française jusqu’à ce qu’elle appelle ses "échappées belles" en littérature. Mona Ozouf est une "figure aussi discrète que rayonnante de la scène intellectuelle française", comme l’écrit Jean Birnbaum dans Le Monde. A bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, elle maintient inébranlable le souci d’une ligne originale.

Entretiens avec Alain Finkielkraut, dans l’émission Répliques

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Revue de presse :

 

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Romans

Un silence brutal

Gallimard - 2019

Dans cette contrée de Caroline du Nord, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde est en train de s’effacer pour laisser la place à un autre. Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard amoureux des truites, contre le représentant des nouvelles valeurs, Tucker. L’homme d’affaires, qui loue fort cher son coin de rivière à des citadins venus goûter les joies de la pêche en milieu sauvage, accuse Gerald d’avoir versé du kérosène dans l’eau, mettant ainsi son affaire en péril.

Les aura recours à des méthodes peu orthodoxes pour découvrir la vérité. Et l’on sait déjà qu’avec son départ à la retraite va disparaître une vision du monde dépourvue de tout manichéisme au profit d’une approche moins nuancée.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez

 

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Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Revue de presse :

 

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Bande Dessinée

L’Arabe du futur 4

Allard Éditions - 2018

Ce quatrième tome du succès mondial L’ Arabe du futur couvre les années 1987-1992.
Âgé de neuf ans au début de ce volume, le petit Riad devient adolescent. Une adolescence d’autant plus compliquée qu’il est tiraillé entre ses deux cultures – française et syrienne – et que ses parents ne s’entendent plus. Son père est parti seul travailler en Arabie saoudite et se tourne de plus en plus vers la religion… Sa mère est rentrée en Bretagne avec les enfants, elle ne supporte plus le virage religieux de son mari. C’est alors que la famille au complet doit retourner en Syrie…
Dans le premier tome (1978-1984), le petit Riad était ballotté, de sa naissance à ses six ans, entre la Libye de Kadhafi, la Bretagne de ses grands-parents et la Syrie de Hafez Al-Assad.
Le deuxième tome (1984-1985) racontait sa première année d’école en Syrie.
Le troisième tome (1985-1987) était celui de sa circoncision.
Ce quatrième tome, exceptionnel par son format (288 pages) et par ce qu’il révèle (le coup d’État de son père), est le point d’orgue de la série.
La série L’Arabe du futur est traduite dans 22 langues.


 

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Romans

Asta

Grasset - 2018

Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence  : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.

Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques et les pays pour nous raconter l’urgence autant que l’impossibilité d’aimer. À travers l’histoire de Sigvaldi et d’Helga puis, une génération plus tard, celle d’Ásta et de Jósef, il nous offre un superbe roman, lyrique et charnel, sur des sentiments plus grands que nous, et des vies qui s’enlisent malgré notre inlassable quête du bonheur.

Traduit de l’islandais par Eric Boury


 

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Romans

La Marcheuse

Stock - 2018

Rima aime les livres, surtout Le Petit Prince et Alice au pays des merveilles, le dessin et… marcher. La jeune fille, qui ne parle pas, souffre d’une étrange maladie : ses jambes fonctionnent indépendamment de sa volonté, dès qu’elle se met à marcher elle ne peut plus s’arrêter.
Un jour d’août 2013, alors qu’elle traverse Damas en bus, un soldat ouvre le feu à un check-point. Sa mère succombe sous les balles et Rima, blessée, est emmenée dans un hôpital pénitencier avant que son frère ne la conduise dans la zone assiégée de la Ghouta. Et c’est là, dans cet enfer sur terre, que Rima écrit son histoire.
À travers la déambulation vive et poétique de cette adolescente singulière dans l’horreur de la guerre, Samar Yazbek continue son combat pour exposer aux yeux du monde la souffrance du peuple syrien.

Traduit de l’arabe (Syrie) par Khaled Osman