Prix Joseph Kessel 2019 : Cécile Hennion

28 juin 2019.
 

Le Prix Joseph Kessel sera remis à Cécile Hennion le dimanche 9 juin 2019 à 15 heures au Festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo (théâtre Chateaubriand), lors d’une après-midi de projections et de débats autour de Joseph Kessel avec avec les membres du jury ainsi que Delphine Minoui, Bruno Joucla, Pierre Haski et Olivier Weber.

Présidé par Olivier Weber et composé de Tahar Ben Jelloun, Annick Cojean, Colette Fellous, Pierre Haski, Michèle Kahn, Gilles Lapouge, Michel Le Bris, Benoît Peeters, Patrick Rambaud, Guy Seligmann et Marc Dugain (lauréat 2018), le jury a attribué le Prix Joseph Kessel 2019 à :

Cécile Hennion pour Le fil de nos vies brisées (Éditions Anne Carrière)

"Ce livre dresse le portrait d’une ville, ce qu’elle fut, ce qu’elle ne sera plus jamais, à travers les récits entremêlés de ses habitants, contraints à l’exil par les violences et la guerre. La ville, c’est Alep, la grande cité marchande, riche, cosmopolite de Syrie. Plus précisément c’est son cœur historique que l’on entend battre dans ces pages.
C’était le lieu de vie de milliers de familles. Une ville détruite, cassée, réduite à l’inexistence sauf à la chercher dans la mémoire des vivants. Ce sont leurs voix que ce livre recueille, leurs souvenirs de ce monde disparu, de ses traditions perdues. Les récits d’enfance, des projets d’adolescents et du quotidien s’égrènent dans les ruelles du vieil Alep, se répondent parfois sans jamais être à l’unisson. Cet effet kaléidoscope s’amplifie au moment d’évoquer la révolution, la guerre et la survie selon les moyens de chacun et aboutit ainsi à une reconstitution de la mémoire. "

 

DERNIER OUVRAGE

 
Témoignage

Le fil de nos vies brisées

Anne Carrière - 2019

C’était le lieu de vie de milliers de familles. Une ville détruite, cassée, réduite à l’inexistence, sauf à la chercher dans la mémoire des vivants. Ce sont leurs voix que ce livre recueille, leurs souvenirs de ce monde disparu, de ses traditions perdues. Les récits d’enfance, des projets d’adolescents, du quotidien s’égrènent dans les ruelles du vieil Alep, se répondent parfois, sans jamais être à l’unisson. Cet effet kaléidoscope s’amplifie au moment d’évoquer la révolution, la guerre et la survie – selon les moyens propres à chacun.

Les mots de ceux qui ont embrassé la voie du changement, qui se sont engagés pour elle à n’importe quel prix, n’occultent pas les mots de ceux qui n’eurent d’autre choix que de subir. Joie, solidarité, amour, illusions, peur, confusion… L’arrivée des « soldats de la liberté » entraîna la division de la ville en Est et Ouest, telle une fracture irréparable, séparant amis, familles et amoureux.

Désillusions, colère, dégoût. Dieu fit une entrée fracassante avec ses cavaliers noirs. Foi, enfermement, incompréhension. Puis le pilonnage au hasard des explosions de bombes barils faucha les vies, les foyers. Deuil, douleurs, abandon. La plupart du temps : se relever.

Dans une trame d’événements surréalistes à force d’être monstrueux percent partout les élans vitaux d’une communauté. Dans ce livre, cette communauté se penche sur la terre où s’arrimait l’arbre de ses ancêtres et, par les paroles qu’elle choisit, le relève fragilement au-dessus des décombres tout en interrogeant le ciel et les hommes.