Née contente à Oraibi

Le Tripode

3 mars 2020.
 

Née contente à Oraibi conte le destin d’une jeune Amérindienne d’Arizona. Le peuple hopi vit depuis des siècles sur un plateau aride, dans des conditions de dénuement extrême. Soumis aux contraintes d’une région désertique, il a développé une cosmogonie extraordinaire et des croyances qui font communier la vie et la mort, la lumière et la nuit, les esprits, les animaux et les hommes. À travers la quête d’une jeune orpheline qui salue le Soleil
en riant, c’est la beauté de ce monde aux antipodes du nôtre qui se révèle, et demeure.

(...) Une bosse s’est formée sous sa couverture au niveau du ventre, puis ses mains noueuses se sont trouvées libérées. Elle les a placées le plus haut possible au-dessus de sa tête et est restée un long moment comme ça, les bras en l’air. Elle me regardait d’un air rieur ? : " ?Tu as vu comme mes ailes frémissent ???" Puis lentement, elle a replié les coudes et posé ses bras affaiblis le long de sa poitrine. Les mains à nouveau croisées sur le ventre, elle a fermé les yeux en disant ? : " ?Le papillon est fragile, il ne faut pas tenter de le retenir quand il a envie de s’envoler.?"

Dans ses précédents livres, Bérengère Cournut explorait surtout des territoires oniriques, où l’eau se mêle à la terre (L’Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L’Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L’Oie de Cravan, 2013). Cette fois, elle se fond aux plateaux arides d’Arizona, où le vibrant peuple hopi lui souffle une histoire singulière.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Par-delà nos corps

Le Tripode - 2019

Elisabeth a 20 ans quand elle rencontre à Paris Werner, lieutenant-poète et peintre allemand. Mais la Première Guerre Mondiale éclate... Des décennies après, Elisabeth adresse une lettre à Werner, en réponse à celle, pleine d’idéal, qu’il lui avait envoyée du front juste avant de mourir. Elle y décrit ce que sa vie est devenue après leur rencontre et comment les épreuves ont fait d’elle une femme plusieurs fois aimante et aimée, traversée par le désir, le miracle de la maternité, la mort et l’absence. 
Après Née contente à Oraibi, Bérengère Cournut nous offre avec Par-delà nos corps le destin d’une femme farouche, une ode à la vie.
Un texte en réponse au texte de Pierre Cendors, Minuit en mon silence (Le Tripode, 2017).