samedi 16:15-17:00

Pour ne pas oublier

Avec : Velibor ČOLIĆ, Louis-Philippe DALEMBERT, Yvon LE MEN

20 mai 2021.
 

Chronique des oubliés était le titre du second livre de Vélibor Colic, publié peu de temps après son arrivée en France. Le premier s’appelait Les Bosniaques, tout simplement. Et le second nous rappelait déjà à l’ordre. Ne pas oublier la Bosnie, ne pas oublier Haïti nous dit aussi Louis Philippe Dalembert dans son Cantique du balbutiement, des mots d’avant les mots, d’où naît le poème, de chacun, de tous parfois. Et dont l’alphabet commence par la lettre A, A comme assassin et A comme amour.
avec Louis Philippe Dalembert, Vélibor Colic, Falmarès et Yvon Le Men

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le livre des départs

Gallimard - 2020

« Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants ».

Velibor Čolić, à travers le récit de son propre exil, nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque avec ironie ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres, les écrivains, et bien sûr avec les femmes, qui tiennent une grande place ici bien qu’elles aient plus souvent été source de désir ardent et frustré que de bonheur. Son récit est aussi un hommage à la langue française, à la fois déchirant et plein de fantaisie.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Cantique du balbutiement

Bruno Doucey - 2020

« Un jour j’ai poussé les portes de l’aube… » Dès les premières pages de Cantique du balbutiement, le poète haïtien affirme, avec des mots de grand vent, qu’il est du pays de son enfance. Les bégaiements du petit jour et le profond de la nuit, la saison des cyclones, les veillées de prières et les prophéties, le corbillard qui passe en fin d’après-midi, « l’eau boueuse du quotidien » et la « migraine carabinée des questionnements », cette grand-mère opiniâtre qui a le don de rafistoler la vie… Louis-Philippe Dalembert n’en finit pas de dérouler le film haut en couleurs d’une enfance haïtienne. Mais en creux, sur la ligne d’ombre du partage, le poème fait entendre ce que les mots ne disent pas : le départ, la perte, l’absence –, cette « grande muette défiant le monde entier des choses ».

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

La Baie vitrée

Bruno Doucey - 2021

N’avoir nulle part où aller sauf à l’intérieur de soi… Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons… Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s’est pas arrêté… Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul mais relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l’écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l’absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

« Quand l’humanité reviendra
les hommes et les femmes
corps et âmes touchés
caressés embrassés
mélangés partagés

traversés comme on traverse un pont
entre des bras »


Revues de presse