dimanche 11:15-12:15

Poétique du vivant

Avec : Seyhmus DAGTEKIN, Alexis GLOAGUEN, Romain BERTRAND

26 mai 2021.
 

Réapprendre à écouter la dimension poétique du réel. Redécouvrir cette dimension, pour percevoir ce qui nous relie au vivant. C’est cette dimension qu’explore Romain Bertrand dans le Détail du Monde, à travers une évocation des pionniers du naturalisme, sortir de la démonstration scientifique pour se laisser porter par une rêverie et se laisser émerveiller par la beauté et la diversité des êtres et de la nature. Pour Seyhmus Dagtekin, écrire, c’est tenter d’être juste envers soi-même et envers l’autre qu’il soit humain, animal, végétal, minéral. De la bête et de la nuit est issu de cette attention, de ce regard qui voudrait serrer, cerner l’autre au plus près de son être et de sa nuit. Dans ses Écrits de Nature, Alexis Gloaguen se met en « état de nature » allant presque jusqu’à se dissoudre pour ne faire plus qu’un avec le sujet qu’il observe.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Rues de mercure

Diabase - 2020

« Cette fois, je ne suis pas venu à Toronto en ayant une vision claire de ce que j’allais y écrire. J’arrivai à la recherche de moi-même, me doutant que je ne travaillerais pas sur la ville mais que peut-être, par la ville, je parviendrais à ressaisir un écho. »
 
Rues de mercure achève la trilogie d’Alexis Gloaguen, inaugurée par les Veuves de verre et Digues de ciel, sur les villes d’Amérique du Nord. Ici sont visitées New-York, Chicago, Toronto, Nashville, Vancouver et bien d’autres auxquelles se greffe Tokyo.
 
Une traversée sensorielle et mentale de villes saisies dans l’omniprésence de la musique.
 
Rues de mercure, outre la célébration des paysages urbains et de leurs drames secrets, est une réflexion très personnelle et intimement vécue sur le désespoir et la part d’espoir qui peuvent demeurer dans un monde fragmenté.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan

Verdier - 2020

Imaginez une histoire, une belle histoire, avec des héros et des traîtres, des îles lointaines où gîtent le doute et le danger. Imaginez une épopée, une épopée terrible, avec deux océans où s’abîment les nefs et les rêves, et entre les deux un détroit peuplé de gloire et de géants. Imaginez un conte, un conte cruel, avec des Indiens, quelques sultans et une sorcière brandissant un couteau ensanglanté. Un conte, oui, mais un conte de faits : une histoire où tout est vrai. De l’histoire, donc.
Cette histoire - celle de l’expédition de Fernand de Magellan et de Juan Sebastián Elcano -, on nous l’a toujours racontée tambour battant et sabre au clair, comme celle de l’entrée triomphale de l’Europe, et de l’Europe seule, dans la modernité.
Et si l’on changeait de ton ?
Et si l’on poussait à son extrême limite, jusqu’à le faire craquer, le genre du récit d’aventures ? Et si l’on se tenait sur la plage de Cebu et dans les mangroves de Bornéo, et non plus sur le gaillard d’arrière de la Victoria ? Et si l’on faisait peser plus lourd, dans la balance du récit, ces mondes que les Espagnols n’ont fait qu’effleurer ? Et si l’on accordait à l’ensemble des êtres et des choses en présence une égale dignité narrative ? Et si les Indiens avaient un nom et endossaient, le temps d’un esclandre, le premier rôle ? Et si l’Asie - une fois n’est pas coutume - tenait aussi la plume ? Que resterait-il, alors, du conte dont nous nous sommes si longtemps bercés ?
La vérité, peut-être, tout simplement.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

De la bête et de la nuit

Le Castor Astral - 2021

Pour Seyhmus Dagrekin, écrire, c’est tenter d’être juste envers soi-même et envers l’autre qu’il soit humain, animal, végétal, minéral. De la bête et de la nuit, est issu de cette attention, de ce regard qui voudrait serrer, cerner l’autre au plus près de son être et de sa nuit.

De la bête et de la nuit marque à nouveau le lien profond que Seyhmus Dagtekin entretient entre sa langue maternelle, le kurde, et sa langue d’adoption, le français. L’auteur renoue ainsi avec le Kurdistan à travers la langue française et les sonorités du kurde. Il impose une musique unique qui défie le temps et l’espace pour défier les agresseurs et les commandeurs éternels. Ces poèmes marquent une étape capitale dans sa quête d’identité qui dépasse les frontières.