dimanche15:15-16:00

Traduit du silence

Avec : Eric SARNER, Terez BARDAINE, Thierry RENARD, Yvon LE MEN

26 mai 2021.
 

Un jour Éric Sarner décida de se taire, de ne plus parler à personne, même pas à son amour, non par manque d’amour, mais par manque de silence d’où comme le dit Joe Bousquet naissent les poèmes et que confirme Guillevic dans cette formule magique : la poésie est le mariage de la parole et du silence. Ce sont ces épousailles que l’on trouve dans les poèmes de Terez Bardaine et d’Éric Sarner écoutés au plus près des battements du cœur pour vérifier la vie qui s’en écoule, dans la phrase de Thierry Renard et qui, ensemble, n’en finissent pas d’aller vers l’autre, voyelle après consonne, tel un ruisseau vers sa rivière. Vers la mer…
avec Terez Bardaine, Éric Sarner, Thierry Renard et Yvon Le Men

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Sugar suivi de Cœur chronique et de Petit carnet de silence

Gallimard - 2021

Eric Sarner, voyageur infatigable a bâti une oeuvre poétique solide et dense initiée en 1971 sous la tutelle amicale de Joseph Delteil qui préface son premier recueil. Que ce soit dans Sugar, poème de la boxe où la vie défile en noir et blanc comme un combat, ou dans Coeur chronique, lexique des émotions ordinaires dont les fragments de vers et de prose saisissent l’écho au plus près du quotidien, l’écriture est sobre, directe, concrète. La poésie d’Eric Sarner a peu d’équivalents dans le champ poétique francophone contemporain. Nous avons adjoint aux deux recueils majeurs cités, le formidable Petit carnet de silence, carnet de bord de l’expérience rigoureusement vécue d’un mutisme consenti qui ouvre implicitement une vertigineuse réflexion sur notre relation organique au langage.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Déchiffrée par les lettres

La rumeur libre - 2021

Dans cette collection, les recueils ont la particularité d’être tous suivis d’un entretien en fin d’ouvrage entre l’auteur(e) et Thierry Renard, directeur de collections

Dans Déchiffrée par les lettres, Terez Bardaine aborde tous les sujets propres à la nature humaine. Elle se tient debout sur le fil de langue, funambule-poète, pour revendiquer ses appartenances, pour affirmer ses convictions et pour avouer ses passions.

Comme il est indiqué dans sa courte notice biographique, Terez Bardaine est née et a grandi près de Fougères en Bretagne. Et elle vit aujourd’hui à Morlaix, dans le Finistère. Elle s’est tournée, au mitan de sa vie professionnelle, vers le métier d’écoutant-biographe et vers l’écriture littéraire. On peut donc affirmer sans tricherie que Terez Bardaine est une auteure à part entière. Déchiffrée par les lettres est cependant son premier recueil de poèmes.

Dans l’entretien qu’elle donne en fin de volume à Thierry Renard, Terez Bardaine se confie : « J’ai le sentiment d’être arrivée au maintenant ou jamais où le dernier pas à faire pour que le poème s’inscrive sur la page est d’une facilité déconcertante, à l’opposé de ma prose qui est un véritable champ de bataille. » En effet, ses poèmes sont écrits dans une langue simple, directe, car il s’agit à chaque fois de faire mouche, avec les mots les plus justes, en utilisant un langage ordinaire, fluide et familier.

Dans Déchiffrée par les lettres, Terez Bardaine aborde tous les sujets propres à la nature humaine. Elle se tient debout sur le fil de langue, funambule-poète, pour revendiquer ses appartenances, pour affirmer ses convictions et pour avouer ses passions.

Depuis quelques années, elle passe par la scène pour la mise en voix et en musique de ses textes. Elle anime également des ateliers en lien avec ses différentes expériences d’écriture. Ses poèmes semblent avoir tous été écrits à voix haute.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Le désir : Aux couleurs du poème

Bruno Doucey - 2021

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles… » Pour le 23e Printemps des Poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie. Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un désir blanc de silence, d’absence et d’éternité ; un désir jaune de fraîcheur, d’éveil et de rayonnement ; le rouge désir des lèvres qui s’unissent et du sang qui pulse en nos veines ; un désir bleu de voyage, d’espace et de mer… Sans omettre ces orangers qui font aimer la pulpe de la vie, ou le désir obscur, né des profondeurs de la nuit, que tant d’êtres ont approché dans une brûlure. 88 poètes, dont la moitié sont des femmes… Et la main verte de Thierry Renard et Bruno Doucey lorsqu’il s’agit de satisfaire notre désir de poèmes.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

La Baie vitrée

Bruno Doucey - 2021

N’avoir nulle part où aller sauf à l’intérieur de soi… Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons… Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s’est pas arrêté… Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul mais relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l’écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l’absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

« Quand l’humanité reviendra
les hommes et les femmes
corps et âmes touchés
caressés embrassés
mélangés partagés

traversés comme on traverse un pont
entre des bras »


Revues de presse