Remise du prix Ouest France / Etonnants Voyageurs

Avec Audrée WILHELMY et les membres du jury

28 juin 2022.
 

Avec Audrée WILHELMY, lauréate 2022, et les membres du jury Mélani LE BRIS, Carole MARTINEZ, Jean-Marie BLAS de ROBLÈS, Yahia BELASKRI, Hervé BERTHO et Sylvain COHER

Animé par Maette CHANTREL.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Dans l’oeil du chat

Zulma Éditions - 2018

Photographies de Mélani Le Bris
Textes d’Ananda Devi, Hubert Haddad & Carole Martinez

Percez la vie secrète des chats et suivez-les en pleine nature, à l’affût dans un sous-bois, alanguis sous la lune ou courant vers l’horizon dans un champ d’herbes hautes… Sous le regard unique de Mélani Le Bris, chaque photo nous livre une part de la nature vraie des chats, et chacune est un monde.

Avec des textes d’Ananda Devi, Hubert Haddad et Carole Martinez, magistralement inspirés par cette invitation au voyage inédite.

« Les photos de chats de Mélani Le Bris sont saisissantes. Sous son regard et son objectif, ces félins appartiennent à la famille des chats d’Edgar Poe, de Baudelaire, aux chats magiques, mystérieux, habités de pouvoirs occultes, dans une communion presque mystique avec la nature, avec le monde. Comme on se trouve petit, à côtoyer de tels chats qui donnent le sentiment d’en savoir plus long sur l’homme et sur la vie que nous n’en savons sur eux, nimbés qu’ils sont dans leurs secrets ou leurs présences impénétrables. » Frédéric Vitoux, de l’Académie française

« Ils m’ont ouvert la porte de leur monde et je les ai suivis de l’autre côté du miroir. » Mélani Le Bris

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les Roses Fauves

Gallimard - 2020

« Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage.
Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ?
Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir… »
C. M.

Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Revue

Apulée n°7 - Libertés

Zulma - 2022

Libertés est le thème du septième numéro de la revue Apulée. Car la défense des libertés passe assurément par l’exaltation de la Liberté, seule dimension a priori dont l’existence réelle ne tient qu’à notre volonté. L’espace civilisationnel, celui des langues et des arts, de la simple communication, doit être revivifié et affranchi sans relâche pour contrer l’emprise obtuse de la technique et toutes les formes de violence, à commencer par l’économie de croissance exponentielle qui détruit toutes les chances de survie de l’humanité. Nous laisserons-nous mener sans réagir vers quelque État policier mondialisé où chacun devra répondre au risque de son honneur, des moindres sursauts de dignité, seraient-ils d’ordre privé, voire de sa vie ?

Depuis son premier numéro, la revue Apulée s’engage, en parlant du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, dans la défense indéfectible des libertés.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le silence des dieux

Zulma - 2021

Un matin comme un autre, après avoir avalé une gorgée de thé et un morceau de galette, Abdelkrim traverse les étroites ruelles du village de la Source des Chèvres et s’éloigne sur la piste de terre pour aller en ville. Le long de l’oued asséché, la route au-delà de la montagne pelée se perd dans les sables alentour. Mais le car ne viendra pas. Des soldats bloquent l’accès : la route est coupée, le village isolé, rentrez chez vous.
Les villageois stupéfaits accueillent la nouvelle avec fatalisme, ce jour-là comme les suivants, sans plus même vérifier si les soldats sont toujours en poste. Ils consentent à cet enfermement, persuadés peut-être de l’avoir mérité. Oubliés des dieux.
Entre le café et la mosquée, la petite place résonne encore du dernier passage des commerçants itinérants, du porteur d’eau et des conteurs, mais le fragile équilibre vacille. Le maire se débat dans des fonctions devenues obsolètes, l’imam et doyen tente d’apaiser les colères, le riche Abbas fomente une prise de pouvoir à l’ombre de la palmeraie. Bientôt ils vont désigner un coupable, puisqu’il en faut un, et s’en débarrasser comme d’un mauvais sort.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Vaincre à Rome

Actes Sud - 2019 - 2019

Samedi 10 septembre 1960, avant-dernier jour des Jeux olympiques de Rome : le marathon va se courir non dans un stade mais au sein même de la Ville éternelle. Soixante-neuf concurrents pour un seul vainqueur. Et c’est dans la tête de celui qui montera sur la plus haute marche du podium que le lecteur est embarqué pour un voyage de 2 heures, 15 minutes, 16 centièmes. Non content de battre le record du monde en terre italienne plus de vingt ans après la prise d’Addis Abeba par Mussolini, le soldat éthiopien Abebe Bikila va courir les 42 kilomètres et 195 mètres pieds nus. “Vaincre à Rome, ce serait comme vaincre mille fois” a dit Hailé Sélassié. Vaincre pieds nus, ce sera comme vaincre en jouant dans la poussière de Debre Zeit. En pleine période de décolonisation et de démembrement des empires européens, un berger africain remporte l’or et couronne tout un continent.
Sylvain Coher, qui s’était déjà imposé par ses précédents romans comme l’écrivain du mouvement, des sensations, nous convie à une expérience extraordinaire : insu er à la langue et aux mots le rythme, la mécanique, les accélérations d’une course de fond, jusqu’au bien-être des endorphines, jusqu’à l’envol nal du sprint. Abebe Bikila est ce sportif omniscient qui sait le destin et qui court comme une pythie, sûr de sa victoire, prescient de la nuit célébrée qu’il va vivre dans quelques heures ; il n’y a pas de suspense et pourtant une tension s’installe, celle des muscles, de la crampe qui pourrait guetter malgré la certitude de ce qui va advenir.
Seul un tour de force littéraire à la musicalité inédite, aux digressions étincelantes, pouvait rendre compte d’un tel exploit sportif. Devenu Petite Voix dans la tête du champion, l’auteur se coule dans le rythme variable de sa foulée infatigable pour raconter comment grandissent les héros, comment se relèvent les peuples, comment se gagnent les revanches et comment naissent les légendes.


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