RANKIN Ian

Ecosse

7 mars 2012.
 

Biographie

Ian Rankin
D.R.

Propulsé sur le devant de la scène littéraire au Royaume Uni avec sa série « Rebus », Ian Rankin est un des écrivains de romans policiers les plus lus au Royaume Uni aux côtés d’Irvine Welsh et avec une traduction dans plus de 26 langues, la notoriété de son œuvre dépasse largement les frontières anglo-saxonnes.

Ian Rankin est né dans un petit village qu’il surnomme « Car Dead-end » (impasse pour voiture) au lieu de Cardenden. Dans cet univers à la Ken Loach, petite localité minière de 7000 âmes, on ne le destinait pas à devenir écrivain, tout juste l’encourageait-on à terminer le lycée. C’est l’un de ses professeurs qui remarque son talent et le pousse à s’inscrire à l’Université. Il se rend donc à Edimbourg où il suit des études littéraires et prépare en fin de cycle un doctorat sur la littérature écossaise. Mais la route est longue de Cardenden à la célébrité ; à la sortie de l’université il collectionne les boulots les plus improbables : vendangeur, percepteur, journaliste musical, secrétaire de collège et musicien punk pour les « Dancing Pigs » – celui-là pour la passion de la musique qui ne l’a toujours pas quitté.

1986, année décisive : il se marie et publie en février son tout premier livre, The Flood, roman d’apprentissage inspiré de son propre parcours. Un an plus tard paraît Knots and Crosses (L’Étrangleur d’Edimbourg), premier épisode de la série des enquêtes de l’inspecteur John Rebus, probablement l’un des enquêteurs les plus célèbres de la seconde moitié du vingtième siècle – alcoolique, divorcé, gros fumeur, indiscipliné, fan de rock, lecteur de Dostoïevski et pourfendeur des clichés touristiques attachés à Edimbourg. Rebus, comme dans tout bon polar, n’est au fond que la personnification de la ville qu’il hante : « Rebus est comme Edimbourg. Il ne se dévoile jamais complètement. Il garde ses émotions cachées. Chaque livre perce un peu la carapace, mais sans jamais mettre le bonhomme à nu. De la même façon, on ne peut jamais connaître tout à fait une ville comme Edimbourg. »

Pourtant, au départ, L’Étrangleur d’Edimbourg n’est pour Ian Rankin qu’un roman parmi d’autres qu’il a en projet, pas les prémisses d’une série ni même un polar. Quand il lit les critiques et trouve son livre rangé dans les rayons Policiers des librairies il en est même vexé : « J’étais consterné ! Je me disais : "je suis en train de préparer un doctorat, je vais devenir professeur d’anglais à l’université ... et j’ai écrit un roman de série noire..." » Très vite, il passe à autre chose et publie deux romans d’espionnage. C’est seulement en 1991, cédant aux sollicitations, qu’il publie le second épisode de la série des « Rebus », Hide and Seek (Le fond de l’Enfer) : « je n’étais toujours pas persuadé d’être un auteur de roman policier. Pour moi, je faisais des commentaires sur la vie présente en Écosse, sur ses manies et ses psychoses, sur les défauts de son caractère. Je disséquais une nation. » La série « Rebus » prend cependant très vite son essor pour atteindre 17 volumes en 2007, quatre adaptations télévisuelles et le succès qu’on lui connaît. L’auteur passe sept ans installé dans le sud de la France d’où il écrit l’épisode de la série qui lui assurera un triomphe définitif : Black and Blue (L’Ombre du tueur). La décoration de l’Ordre de l’Empire Britannique, et sa nomination en tant que docteur honoris causa dans quatre universités saluent son parcours exemplaire.

À l’approche des 55 ans de l’inspecteur, Rankin avait prévenu : « Dans la police d’Edimbourg, les flics prennent leur retraite à 60 ans »… la catastrophe annoncée pour des millions de fans se réalise dans Exit Music en 2010. Mettre fin à une série mondialement célèbre et "tuer" un personnage devenu un mythe dans l’univers des amateurs de polars est un moment difficile pour un auteur mais Ian Rankin n’a pas pour autant dit son dernier mot. En 2011, il revient avec Portes Ouvertes, le premier roman sans Rebus… qui savoure une retraite bien méritée ! Un vent de renouveau souffle sur ce livre, au départ récit feuilleton pour l’édition dominicale du New York Times. Ian Rankin y exprime de nouvelles envies, un univers et des thématiques différentes : « L’idée de Portes ouvertes m’est venue parce que j’avais envie de voir un film de hold-up qui se passe à Edimbourg. Je pensais que ce serait amusant d’écrire en adoptant le point de vue des voleurs (au lieu d’être à la place des flics, comme dans « Rebus »). Je m’intéresse à l’art moderne et au monde de l’art, alors je me suis dit que ce serait passionnant que ce hold-up se déroule dans ce contexte ». Portes ouvertes, avec son intrigue énergique et ses personnages bien campés est la preuve que malgré la fin de sa série phare, Ian Rankin n’a rien perdu de son talent de romancier.

In English


Liens :


Bibliographie :

Inspecteur John Rebus :

Sous le pseudonyme de Jack Harvey :


Présentation de Portes Ouvertes :

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Trois compères décident de voler des tableaux à l’occasion de la journée Portes ouvertes de la National Gallery d’Édimbourg. Mike, 37 ans, a fait fortune en créant des logiciels informatiques et veut mettre un peu de piment dans sa vie. Robert Gissing, directeur de l’Institut d’art, va bientôt prendre sa retraite et a envie d’un cadeau de départ plus substantiel qu’une montre en or. Quant au banquier de la bande, Allan, il rêve d’accrocher chez lui deux oeuvres qu’il a toujours aimées. Seulement voilà : monter un casse requiert des compétences, pas seulement de la matière grise. Et pour la logistique, des relations dans le milieu. Tout se complique très vite, surtout s’il faut louer les services d’un étudiant pour réaliser des copies... L’engrenage se révèle infernal, mais le trio a de la ressource. Polar hautement divertissant, retors et filant bon train, Portes ouvertes apporte la preuve qu’être voleur, ça ne s’improvise pas ! Rankin mène avec éclat cette fable pas très morale et nous surprend en alliant l’humour un rien cynique du Westlake de la série Dortmunder à l’efficacité trépidante d’un film comme Ocean’s Twelve.


Interview d’Ian Rankin pour Portes Ouvertes (anglais) :

Presse :

 " Le maître du polar écossais récidive avec délices, entre humour et action", Le Progrès 07/11/11

" lan Rankin applique son savoir faire dans un thriller moins sombre que les aventures habituel les de John Rébus, mais tout aussi épatant " , Point de vue, octobre 2011

Présentation de Fleshmarket Close :

D’où viennent les faux squelettes retrouvés enfouis sous une chape de ciment dans un bar de Fleshmarket Close, ruelle donnant sur l’ancienne halle aux viandes d’Edimbourg ? Il faudra plusieurs enquêtes croisées, comme Rankin sait si bien les tisser, pour le savoir. Rebus, à la recherche du meurtrier d’un journaliste kurde immigré, met au jour un sale trafic de sans-papiers qui débouche sur une exploitation de main-d’œuvre illégale qu’en d’autres temps l’on aurait qualifiée d’esclavage. Et Siobhan Clarke, sa fidèle partenaire lancée sur les traces d’une adolescente disparue, doit élucider le meurtre d’un violeur récemment libéré de prison. Une fois de plus, au passé hanté d’Edimbourg succède un présent honteux. Racisme primaire, mépris total de la dignité humaine et gros bénéfices qui profitent en haut lieu déclenchent chez Rebus une rage intense, et une forte envie de rééquilibrer à sa façon la balance de la Justice.