Route 66, un rêve américain

Eric Sarner (Bô Travail/2F Productions/France 5, 2007, 52’)

18 mai 2009.
 
Route 66, un rêve américain
D.R.

La « Mother Road » disait d’elle John Steinbeck. Quatre mille kilomètres entre Chicago et Los Angeles, construits à l’époque de la prohibition dans des conditions insensées, à travers les plus beaux paysages du monde, si raides en certains passages que les voitures devaient rouler en marche arrière. La première voie intercontinentale goudronnée, la route de toutes les légendes américaines, et de quelques-uns de ses cauchemars, chantée par Nat King Cole et Bobby Troup, la route des Pionniers et des Raisins de la colère, que la mémoire populaire, parfois, disait aussi « Bloody 66 », « Two lane killer », « Death Alley », « Camino de la Muerte »…
Officiellement déclassée le 27 juin 1985, réduite ça et là à l’état de piste, elle ne porte pas moins avec elle la mémoire de l’Amérique. Et ce sont bien des fantômes qui se mêlent aux vivants, devant Eric Sarner. Bien des souvenirs aussi de ses propres mythologies, de la manière dont ces « fictions d’Amérique » l’ont façonné : la route n’est-elle pas pour chacun comme un miroir ? Le « rêve américain » : à l’image de la route 66 aujourd’hui ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Sugar suivi de Cœur chronique et de Petit carnet de silence

Gallimard - 2021

Eric Sarner, voyageur infatigable a bâti une oeuvre poétique solide et dense initiée en 1971 sous la tutelle amicale de Joseph Delteil qui préface son premier recueil. Que ce soit dans Sugar, poème de la boxe où la vie défile en noir et blanc comme un combat, ou dans Coeur chronique, lexique des émotions ordinaires dont les fragments de vers et de prose saisissent l’écho au plus près du quotidien, l’écriture est sobre, directe, concrète. La poésie d’Eric Sarner a peu d’équivalents dans le champ poétique francophone contemporain. Nous avons adjoint aux deux recueils majeurs cités, le formidable Petit carnet de silence, carnet de bord de l’expérience rigoureusement vécue d’un mutisme consenti qui ouvre implicitement une vertigineuse réflexion sur notre relation organique au langage.