REGIS Guy-Junior

Haïti

7 mai 2020.

À la fois écrivain, dramaturge, poète, traducteur, metteur en scène, comédien, réalisateur et vidéaste. Fondateur de la célèbre compagnie haïtienne Nous Théâtre, il est très tôt remarqué pour l’audacieuse radicalité des formes et du langage de son théâtre. Il a joué un peu partout en Europe et ailleurs, comme au Vénézuela, aux États-Unis, au Congo. Il s’ajoute une nouvelle casquette en 2014, en prenant la direction du Festival des 4 Chemins de Port-au-Prince.
Dans son dernier livre, autobiographique, Guy Régis Jr raconte de sa langue fougueuse la cruelle absence du père. À la manière de la tragédie classique, la puissance et la poésie de sa prose dessinent ce parent qui n’apparaît que cinq fois dans sa vie. Pourvu de formidable envolées lyriques, le roman oscille entre le drame intime et questions universelles.

 

Né en 1974 à Port-au-Prince, diplômé d’anthropologie et de psychologie Guy-Junior Régis est tout à la fois écrivain, dramaturge, poète, traducteur, metteur en scène, comédien, réalisateur et vidéaste. Il a fondé et anime la célèbre compagnie haïtienne Nous Théâtre en 2001. Très tôt remarqué pour l’audacieuse radicalité des formes et du langage de son théâtre il a joué un peu partout en Europe : au Centre Georges Pompidou à Paris, au Tarmac de la Villette, au Théâtre National de Belgique, au Festival International de Liège, aux Francophonies en Limousin… et ailleurs dans le monde comme au Vénézuela, aux Etats-Unis, au Congo.

Lauréat du Prix international de poésie Jean Brierre en 2000, il a également réalisé deux courts-métrages expérimentaux en 2002 : Blackout et Pays sauve qui peut. Il signe en 2009 la traduction en créole de L’étranger d’Albert Camus.

Titulaire de plusieurs bourses d’écriture, il partage son expérience de l’écrit en animant des ateliers à travers le monde.

Le Père, premier texte d’une trilogie (Le Père, Le Fils, La Mère) sur la famille et sur ces familles haïtiennes qui ne jurent que par le départ vers les États-Unis, a reçu le Prix Beaumarchais / Etc Caraïbe du meilleur texte francophone en 2009.

Pour la saison 2011-2012, Guy Régis Jr est en résidence au théâtre de l’Echangeur à Bagnolet (résidence soutenue par le Conseil Régional d’Île de France), où il poursuit son ambitieuse traduction en créole de l’œuvre de Marcel Proust A la recherche du temps perdu.

Il signe en 2011 un roman aux éditions Vents d’Ailleurs, Ida, un chant ininterrompu, sensible, tout de voix et d’échos, qui fait une peinture hallucinée de son tiers d’île, où l’homme, entraîné dans une spirale d’autodestruction, s’avère être le fossoyeur de ses propres utopies.

Il est actuellement directeur du département théâtre à l’École Nationale des Arts-ENARTS à Port au Prince. Depuis 2014, il a pris la direction du Festival des 4 Chemins à Port-au-Prince dont la 13e édition s’est déroulé du 21 novembre au 3 décembre 2016.

Il revient au festival en 2017 avec Une enfance haïtienne, un recueil de récits d’enfance d’auteurs contemporains comme lui originaires d’Haïti. Parmi eux, Auguste Bonel, Syto Cavé, Louis-Philippe Dalembert, Kermonde Lovely Fifi, Yanick Lahens, Kettly Mars et Emmelie Prophète, ils livrent tour à tour, la génèse de leurs blessures d’adultes.

Dans son dernier livre, autobiographique, Guy Régis Jr raconte de sa langue fougueuse la cruelle absence du père. À la manière de la tragédie classique, la puissance et la poésie de sa prose dessine ce parent qui n’apparaît que cinq fois dans sa vie. Pourvu de formidable envolées lyriques, le roman oscille entre le drame intime et questions universelles.


Bibliographie :

Receuil :

Théâtre :

Poésie :

Fiction :

Traduction et adaptation :

Interprétations et mises en scène :

Filmographie :

Réalisateur :

Acteur :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les cinq fois où j’ai vu mon père

Gallimard - 2020

Abandonné par son père, comme beaucoup d’enfants haïtiens, Guy Régis Jr grandit auprès de sa mère dans des conditions difficiles et ne rencontrera son père, de façon fugace, que cinq fois dans sa vie. La première rencontre est aussi son premier souvenir.L’enfant est assis, entouré par la nature exubérante d’Haïti. Soudain s’approche une ombre qui masque le soleil. C’est un homme grand et mince qui le prend et le soulève vers le ciel. Il a une tête d’oiseau. Cet homme, qui lui dit être son père, lui propose un jeu : « Tu sais jouer aux ombres ? – C’est quoi jouer aux ombres ? – Tu fermes les yeux, je disparais. »Quand l’enfant ouvre les yeux, l’homme a disparu. Il s’est envolé comme un véritable oiseau.C’est le début d’une quête sans fin. Cette première rencontre, cette découverte du père n’aurait pu être qu’une fêlure dans l’équilibre des choses, un souvenir relégué à jamais dans un coin de sa mémoire. Mais, quelques mois plus tard, par une journée torrentielle, le père apparaît à nouveau. Les années passent et l’image de cet homme le hante. Ce n’est plus un oiseau : il est grand, maigre, a de longues moustaches luisantes. L’enfant croit l’apercevoir au marché, parmi les paysans. Il se présente le jour de sa première communion pour participer à la fête, puis repart.Un jour, à la saison des mangues, sous un soleil brûlant, il le voit réapparaître. L’enfant ne peut dire un mot, son père lui déclare son amour et s’en va, l’air triste. C’est un adieu. Quelques jours plus tard, il l’aperçoit embarquant sur un navire, exil vers une destination inconnue. Avec une imagination forte et un style chamarré, Guy Régis Jr tente d’évoquer l’image d’un père absent et d’apporter une réponse à un besoin fondamental : faire la lumière sur sa propre histoire. Il retrouve, dans un style résurrectif, les scènes et les personnages qui ont marqué son enfance.

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Revue de presse :