DOUCEY Bruno

France

27 mai 2019.

Écrivain et éditeur, ce poète passionné signe une œuvre abondante qui mêle analyse critique et poésie. Sa maison d’édition éponyme a pour ambition de publier une poésie qui permette de métisser les héritages culturels et humains. Il publie en 2018 L’Emporte-voix (La Passe du vent), un recueil de poèmes écrits au fil de l’eau. En collaboration avec le poète et comédien Thierry Renard, il revient cette année avec l’anthologie du 21ème Printemps des Poètes. Sous forme d’éphéméride, cette œuvre originale et intensément poétique est une véritable ode à la beauté.

 

Bruno Doucey est né en 1961 dans le Jura. Après des études de lettres orientées vers la poésie contemporaine, il enseigne le français et entreprend la rédaction d’ouvrages à caractère pédagogique, principalement aux éditions Hatier, Nathan et Retz. Il publie des études critiques sur les œuvres de Modiano, Ponge, Le Clézio, Marivaux, puis écrit une biographie romancée de Moïse pour les enfants, rédige deux anthologies de poésie chez Gallimard (La Poésie engagée et La Poésie lyrique) et s’engage dans l’élaboration d’un vaste projet collectif : Le Livre des déserts (Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006) qui témoigne de son goût des voyages.

En 2003, il quitte l’Éducation Nationale pour prendre la direction des Éditions Seghers avec l’objectif de "donner un avenir au passé". Il y publie plusieurs auteurs haïtiens, en particulier Jean Métellus et René Depestre dont il rassemble l’intégralité de l’œuvre poétique sous le titre Rage de vivre. Son expérience de l’enseignement et sa passion de la poésie feront l’objet d’un essai publié aux éditions Entrelacs en 2007 : Le Prof et le poète – À l’école de la poésie. À la même époque, il confie aussi à des éditeurs indépendants le soin de publier des textes qui lui tiennent à cœur : Poèmes au secret (Le Nouvel Athanor, 2006, Prix de la SGDL), La Cité de sable (Rhubarbe, 2007) et Agadez (Transbordeurs, 2007).

En 2008, il consacre un roman au chanteur chilien Victor Jara assasiné par la dictature de Pinochet dans la collection « Ceux qui ont dit non » chez Actes Sud Junior (co-lauréat du prix des Droits de l’Homme, 2009). Dans cette même collection suivront Federico Garcia Lorca, tombé sous les balles franquistes Federico Garcia Lorca, Non au franquisme et, en 2018, le chanteur kabyle Lounès Matoub, Lounès Matoub, Non aux fous de dieu (Actes Sud Junior).

La poésie est au cœur de son travail. Selon René Depestre, préfacier de ses Poèmes au secret, « Bruno Doucey est au premier rang des porteurs d’un feu sacré tout neuf. (…) Dans ce livre, la poésie s’épanouit en chair et en os, vivement accordée qu’elle est à la bonne combustion naturelle de l’existence. L’enseignement de Paul Eluard possède en l’auteur de ces chants un héritier de rêve. »

Bruno Doucey a ainsi fondé en 2010 une nouvelle maison d’édition, dédiée à la poésie, et dont l’ambition est de publier une poésie qui permette de métisser les héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Il est notamment l’éditeur de James Noël, Maram Al-Masri, Anne Bihan, Yvon Le Men et Ananda Devi.

En 2014, il redonne vie à la jeune résistante juive allemande Marianne Cohn, assassinée par les nazis Si tu parles, Marianne, (Éditions Elytis, 2014). En 2015, il s’introduit dans les pensées et le quotidien de Max Jacob, en une identification plus vraie que nature Le carnet retrouvé de monsieur Max (Éditions Bruno Doucey). Avec son recueil de poèmes S’il existe un pays (2013), il nous invitait à un voyage autour du monde ; avec Ceux qui se taisent (mai 2016), c’est le monde qui vient à nous. Le livre témoin d’une époque.

Après avoir publié l’anthologie 120 nuances d’Afrique, dans laquelle il invite à explorer le continent injustement méconnu de la poésie africaine, il revient en 2018 avec L’Emporte-voix, un recueil de poèmes écrits au fil de l’eau. Il s’agit du premier recueil de poésie de Bruno Doucey publié chez La passe du vent : « Chaque semaine, du 1er janvier au 1er juillet 2017, j’ai écrit un poème pour Mots Dits Mots lus. Poème consacré à la question de la lecture à haute voix, du partage, de la transmission, du rapport aux autres. Je n’ai pas cherché à jouer aux doctes ou à théoriser mes propres pratiques de lecture. » (Bruno Doucey).

Cette année, il publie une anthologie du 21ème Printemps des Poètes, co-écrite avec le poète et comédien Thierry Renard. La Beauté : Ephéméride poétique pour chanter la vie est composée des peintures et des estampes de Robert Lobet. Une œuvre originale et intensément poétique dans laquelle la beauté est portée aux nues.


En savoir plus :


Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 

L’Emporte-voix

La Passe du vent - 2018

L’Emporte-voix est le premier recueil de poésie de Bruno Doucey publié à La passe du vent.
Des poèmes au fil de l’eau, cherchant à dire que la mise en voix du poème est bien autre chose qu’un entre-deux, mi silencieux mi joué. Un acte poétique en soi, totalement assumé. Un partage de l’émotion.
« Chaque semaine, du 1er janvier au 1er juillet 2017, j’ai écrit un poème pour Mots Dits Mots lus. Poème consacré à la question de la lecture à haute voix, du partage, de la transmission, du rapport aux autres. Je n’ai pas cherché à jouer aux doctes ou à théoriser mes propres pratiques de lecture. » Bruno Doucey
Le recueil est suivi d’une conversation inédite avec l’auteur.
Écrire Lire
deux solitudes
deux silences
Mais voici qu’une voix murmure à mon oreille
voici qu’un sens
un rythme
une parole vive
font ce que fait la mer au fond d’un coquillage
Mots dits
Mots lus
nous ne sommes plus seuls
Un fil d’or relie nos vies
comme les étoiles d’une constellation
Un enregistrement de certains de ces textes en studio, quelques lectures publiques, une émission de radio ont permis de donner un timbre, une voix, du grain à cette expérience poétique. Certains poèmes de L’Emporte-voix ont fait l’objet d’une publication antérieure.