DAGTEKIN Seyhmus

Kurde de Turquie

14 avril 2017.
 
© Louis Monier

Seyhmus Dagtekin, poète et romancier est né et élevé à Harun, village kurde au sud-est de la Turquie.
Il a grandi dans une bourgade de montagne au mode de vie quasi autarcique, sans voiture, ni télévision, ni radio.
Les hommes de son village vivaient, pour beaucoup, de contrebande. Au village, l’écrit n’existe pas, sauf sur les emballages d’aliments ou sur les paquets de cigarettes arrivés en contrebande des pays arabes voisins. Le kurde, unique langue des villageois, est interdit par l’Etat turc.
Pendant la petite enfance de l’auteur, seuls deux hommes, dont son père, parlent le turc et lisent l’alphabet latin. Dans les années 1970, L’Etat turc construit une école et nomme un instituteur, l’auteur appartiendra à la première génération scolarisée du village.
Puis ce fût l’université à Ankara et les études de journalisme et d’audiovisuel.
En 1974, l’un des frères de l’auteur part travailler en France comme ouvrier dans l’industrie lorraine. En 1987, Seyhmus Dagtekin le rejoint pour compléter ses études universitaires. Il "naît alors au français". Après Nancy suivent des études de cinéma à Paris.
Quatre ans à peine après son arrivée en France, il commence à écrire en français et choisit la poésie et son exigence d’appropriation de la langue. Puis en 2004, Seyhmus Dagtekin publie son premier roman, À la source, la nuit chez Robert Laffont, roman à la langue poétique qui nous plonge dans la vie du village de l’enfance de l’auteur et qu’il définit comme le roman d’un monde d’avant le livre.
Aujourd’hui, l’écrivain est ancré dans la vie littéraire française.
Il n’est plus retourné en Turquie depuis 1992, où il reste en délicatesse avec les autorités. Seyhmus Dagtekin aime à rappeler qu’il n’a pas de drapeau qu’il soit turque, kurde ou français.
En 2004, il publie chez Robert Laffont son premier roman, À la source, la nuit, dans lequel il nous livre un voyage poétique aux sources des émotions de son enfance. Mais Seyhmus Dagtekin est avant tout poète, À l’ouest des ombres (mai 2016) au Castor Astral, est son dernier recueil de poésie. Ses textes ont auparavant été publiés en revues et dans les anthologies Poèmes à dire la francophonie (Le Castor Astral, 2002) et Une salve d’avenir (Gallimard, 2004). Il participe régulièrement à des lectures et rencontres en France et à l’étranger. Ses lectures publiques, spectaculaires, lui valent une réputation croissante.


Bibliographie :

Poésie :

Roman :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

À l’ouest des ombres

Le Castor Astral - 2016

Ce recueil se présente comme un appel face à la haine. Nous sommes les enfants de Caïn : de ceux qui ont tué et survécu. Comment éveiller la part d’Abel qui reste en nous ? Comment ne jamais oublier que tout vainqueur est un vaincu potentiel ? Comment se mettre en garde contre les Ombres, qui ont vite fait de nous envahir ? Ici, le poète dénonce le temps perdu par l’individu et le collectif à chercher les paradis perdus : l’entre-soi idéal. Pour lui, il y a surtout un avenir commun, à construire ensemble, la poésie apportant sa pierre à l’édifice.