DEVILLE Patrick

France

10 mai 2020.

Voyageur insatiable et styliste hors norme, Patrick Deville fait dialoguer ses pérégrinations à travers le monde et la grande Histoire dans des romans « d’invention sans fiction », un jeu entre les différentes littératures. Il a fait de ce genre très personnel un projet, Abracadabra, regroupant la plupart de ses ouvrages. « Gentleman-baroudeur », toujours capable d’émerveillement devant la beauté d’un monde devenu fou, il assoie ses romans sur une multitudes de références littéraires et historiques afin d’embrasser les époques et les lieux peints par sa splendide prose. Avec Amazonia, il nous entraine dans une remontée du fleuve en compagnie de son fils, une épopée dense et captivante, pétrie du charme somptueux de l’Amazone, où il distille de pudiques et émouvantes réflexions sur la paternité.

 

Voyageur de toujours, Patrick Deville retrace principalement la vie des personnalités historiques qui le fascinent, tels que l’entomologiste Henri Mouhot ou encore Alexandre Yersin, disciple de Pasteur. En 2017, il signe Taba-Taba, road-trip à travers la France et les archives de sa famille, à la fois chronique familiale et fresque historique. « Le volume à la fois le plus personnel et le plus beau de l’entreprise devillienne. » (Le Monde).

Globe trotter, esprit cosmopolite et directeur littéraire de la Maison des écrivains étrangers et traducteurs (MEET), Patrick Deville continue son oeuvre qui est marquée par ses pérégrinations à travers le monde et l’histoire. Chacun de ces ouvrages exhale le parfum de grands espaces. Ce voyageur retrace principalement la vie des personnalités historiques qui le fascinent, comme s’il avait renoncé à créer lui même personnages et intrigues tant l’histoire coloniale et scientifique du XIXème siècle européen regorgeait de héros ambigus, de têtes brûlées, de rêves de grandeur et de destins tragiques. D’ailleurs, il précise qu’il écrit des « romans d’aventure sans fiction ».

Après avoir publié de nombreux livres entre 1987 et 2000, qu’il appelle aujourd’hui avec un peu d’ironie ses « cinq romans expérimentaux du XX° siècle » aux éditions de Minuit, l’écrivain part s’installer en 1993 à la Havane et entame un véritable changement de perspective en se nourrissant de nouvelles histoires et cultures. Cela représente un chantier de dix ans durant lequel il se plonge dans l’histoire du continent latino-américain, qu’il sillonne du Cône Sud à l’isthme de Panama tout en compilant avec avidité la presse des contrées qu’il traverse.

Naît ainsi la « méthode Deville » dont le premier produit paraît en 2004 : Pura Vida : Vie et mort de William Walker, un livre hybride mêlant le présent et le passé, les fragments d’archives et le journal de voyage. Cet ouvrage très documenté, « sans fiction » et pourtant puissamment romanesque, est inspiré par le destin hors-norme du mégalo William Walker, parti conquérir le Mexique au milieu du XIXème siècle, avant de s’autoproclamer Président du Nicaragua et de finir fusillé au Honduras en 1860. Après l’aventurier américain, Patrick Deville place chacun de ses livres suivants sous l’égide d’une figure de l’épopée coloniale européenne : Pierre Savorgnan de Brazza pour Equatoria, l’entomologiste Henri Mouhot, découvreur des temples d’Angkor dans Kampuchéa, et enfin, Alexandre Yersin, disciple de Pasteur ayant découvert le bacille de la peste à Hong Kong en 1894, héros de Peste et Choléra qui a valu à l’auteur le Prix Femina et le Prix Fnac 2012.

C’est sur les traces de Léon Trotsky et du poète-romancier anglais Malcom Lowry, qu’il se lance dans son roman Viva. L’auteur jette son dévolu sur ces deux "figures de l’échec" et compose en parallèle ces deux destins, a priori bien éloignés, parmi toutes les personnalités présentes au Mexique dans les années 30, que l’on croise au fil de la narration, dont André Breton et Artaud. Viva tente de reconstituer deux existences que tout sépare, mais que l’expérience commune d’une expatriation au Mexique réunit dans ces pages. Tous deux foncent vers une issue fatale, mais il y aura encore de nombreux voyages avant la fin de l’histoire. Par une écriture palpitante et bouillonnante, Patrick Deville mêle savamment l’ivresse de la littérature à l’euphorie de la révolution.

Il signe en 2017 Taba-Taba, un voyage sur les routes de France au fil des archives de sa famille. À la fois chronique familiale et fresque historique allant du Second Empire aux attentats du Bataclan, « Taba-Taba s’avère le volume à la fois le plus personnel et le plus beau de l’entreprise devillienne. » (Le Monde). L’écrivain-voyageur y parcourt les petits hôtels et les nationales tout en gardant l’esprit ouvert sur l’histoire du monde.

Avec Amazonia, il nous entraine dans une remontée du fleuve en compagnie de son fils, une épopée dense et captivante, pétrie du charme somptueux de l’Amazone, où il distille de pudiques et émouvantes réflexions sur la paternité.


Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Amazonia

Seuil - 2019 - 2019

Avec Amazonia, Patrick Deville propose un somptueux carnaval littéraire dont le principe est une remontée de l’Amazone et la traversée du sous-continent latino-américain, partant de Belém sur l’Atlantique pour aboutir à Santa Elena sur le Pacifique, en ayant franchi la cordillère des Andes. On découvre Santarém, le río Negro, Manaus, Iquitos, Guayaquil, on finit même aux Galápagos, plausible havre de paix dans un monde devenu à nouveau fou, et qui pousse les feux de son extinction.
Le roman plonge jusqu’aux premières intrusions européennes, dans la quête d’or et de richesses, selon une géographie encore vierge, pleine de légendes et de surprises. Plus tard, les explorateurs établiront des cartes, mettront un peu d’ordre dans le labyrinthe de fleuves et affluents. Des industriels viendront exploiter le caoutchouc, faisant fortune et faillite, le monde va vite. Dans ce paysage luxuriant qui porte à la démesure, certains se forgent un destin : Aguirre, Fitzgerald devenu Fitzcarrald, Darwin, Humboldt, Bolívar.

Ce voyage entrepris par un père avec son fils de vingt-neuf ans dans l’histoire et le territoire de l’Amazonie est aussi l’occasion d’éprouver le dérèglement du climat et ses conséquences catastrophiques.