SIMEON Jean-Pierre

France

18 avril 2011.
 

Biographie

Plus qu’un simple poète, Jean-Pierre Siméon est un militant de la poésie : il travaille à offrir au plus grand nombre « la possibilité d’une autre langue, intense, incandescente, imprévue ». Directeur artistique du Printemps des poètes depuis 2001, il voit dans les poèmes de magnifiques armes contre « l’affadissement de la langue » et le conformisme des représentations.

Agrégé de lettres, il enseigne pendant longtemps à l’IUFM de Clermont-Ferrand tout en développant une œuvre poétique qui lui vaut en 1984 le Prix Artaud pour son recueil, Fuite de l’immobile.

A partir de 1991, Jean-Pierre Siméon dirige chez son éditeur, Cheyne, la collection Grands Fonds, aux côtés de Jean-Marie Barnaud : tous deux s’appliquent à publier des pages de prose rigoureusement inclassables.
Sa route croise un jour celle de l’homme de théâtre Christian Schiaretti qui en fait son « poète associé » à la Comédie de Reims et avec qui il crée, en 1998, Les langagières, une manifestation qui célèbre la langue et ses usages multiples. La collaboration se poursuit depuis 2003 au Théâtre National Populaire de Villeurbanne : son texte Philoctète a notamment été mis en scène en 2009, avec, dans le rôle-titre, l’acteur Laurent Terzieff récompensé d’un Molière en 2010 pour son interprétation.

Comme de la poésie, Jean-Pierre Siméon souhaite faire du théâtre un art largement partagé : dans un opuscule publié en 2007, Quel théâtre pour aujourd’hui ?, l’écrivain éreinte les travers du milieu théâtral contemporain, sa peur panique de « tomber dans le pathos » qui tourne au mépris pour toute forme d’émotion et son goût immodéré pour le paratexte et les « joutes oratoires post-coïtum »…

Jean-Pierre Siméon publie cette année La mort n’est que la mort si l’amour lui survit, sous-titré Histoire d’Orphée, qui sera joué en avril 2011 à la Comédie de Saint-Etienne.


Bibliographie :

Théâtre :

Poésie (sélection) :


Présentation de La mort n’est que la mort si l’amour lui survit

Elle aima Orphée pour la nuit dans ses yeux
elle aima dans ses yeux le chant profond
cela qui n’a pas de nom chez les hommes
et que seuls savent les yeux qui aiment
je les ai vus tous deux oh oui je les ai vus
quand l’un regardait l’autre
on aurait dit un enfant devant la mer
et j’ai eu peur mon ami le bonheur est terrible
il n’a qu’un chemin il est au bord du vide