GLOAGUEN Alexis

France

22 avril 2021.

Poète-philosophe, il explore les rives du monde, habité par son art et par la beauté authentique et brute des paysages naturels. Poète des confins, il a égrené ses vers à travers les paysages des « bouts du monde » où il a vécu : la Bretagne, la Nouvelle-Calédonie, l’Écosse ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est justement dans le grand nord canadien qu’il nous emmène dans le troisième volume de ces Écrits de nature paru en 2020. L’auteur propose ici une immersion dans les paysages à couper le souffle de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Terre-Neuve et du Labrador, à travers des textes emprunts de poésie, magnifiquement illustrés par Jean-Pierre Delapré. Il achève parallèlement sa trilogue de récits de voyage entamée avec les Veuves de verre et Digues de ciel et pose son œil de promeneur contemplateur sur de grandes villes de l’Est américain.

 

Poète-philosophe, Alexis Gloaguen explore les rives du monde, habité par son art et par la beauté authentique et brute des paysages naturels. Un temps bouleversé par l’acier et le verre des grattes ciels citadins, qui nourrirent son recueil Les Veuves de Verre, il décide en 2011 de partir en résidence dans la chambre de veille du sémaphore du Créac’h, sur l’île d’Ouessant. Un séjour pour retrouver le calme, après de longues pérégrinations, dont il tire un livre, La Chambre de Veille, une méditation profonde et virtuose sur l’océan.

Poète des confins, Alexis Gloaguen a égrené ses vers à travers les paysages des « bouts du monde » où il a vécu. Né en 1950 à Plovan, dans le Finistère, il passe une grande partie de son enfance en Nouvelle Calédonie, sur les îles Loyautés. De là lui vient sans doute son « amour total de la nature dans son foisonnement. » Il rentre ensuite en Bretagne où il étudie la philosophie, qu’il enseigne ensuite de 1978 à 1992. Sa fascination pour la faune et la flore sauvage le conduit à explorer toujours plus l’univers de la botanique, des recherches qui inspireront en retour sa prose. « La recherche et le travail du détail impliquent une démarche de connaissance. À ce titre, poésie et science se rejoignent. » déclare-t-il. En 1980, il s’offre une année sabbatique, et s’exile en Écosse pour écrire Le Pays voilé, le récit de son parcours le long des estuaires et dans les montagnes où il bivouaque.

Il publie plusieurs recueils de poèmes, des études biographiques et artistiques. Sa poésie se nourrit de ses nombreuses lectures, mais aussi d’influences musicales, dans un souci sans cesse réitéré du détail et de la précision. « Aussi s’agit-il, en fin de compte, de susciter le rêve, chez l’autre et en soi comme premier récepteur, en travaillant poétiquement les mots, en les laissant dire l’impossible et le pourtant vrai. » Toujours sur le départ, il se rend à Saint-Pierre-et-Miquelon, en 1992 : « cet archipel réalisait ma fascination pour le Nord, dans l’austérité de ses horizons, dans la beauté sidérante des hivers et des ciels, dans la ténacité et la générosité de ses habitants. » Après plusieurs années à St-Pierre, il revient en Bretagne, fatigué, mais viscéralement engagé dans l’écriture et la poésie : « la poésie est ce que le monde moderne, par ses excès d’ennui et d’uniformité, risque d’enfanter de plus en plus comme un contrepoison. »

En 2014, il publie une compilation de récits de voyage dans Digues de ciel, textes écrits au présent et dans la rue, donnant à voir la vie ordinaire et sa part de merveille. C’est aussi une réflexion "en situation" sur ce qui, dans ces paysages urbains, suscite l’écriture et sur la place de la poésie dans le monde moderne.

Écrits de nature, Tome I (Maurice Nadau, 2017) regroupe plusieurs recueils de textes qu’Alexis Gloaguen a rédigé pendant ses voyages en France et au Royaume Uni (Pays de Galles, Cornouailles). Ses descriptions poétiques de la faune et de la flore sont accompagnées de magnifiques illustrations en noir et blanc et de photographies signées Jean-Pierre Delapré. Le tome II paraît cette année, pour notre plus grand bonheur.

En 2018, il publie, en compagnie de l’illustrateur Nono, une œuvre rayonnante La Vallée des Iris. Nous partons ainsi sur les traces des deux compères, partis à la rencontre des habitants d’Haut-Atlas et d’une montagne vivante...


Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Rues de mercure

Diabase - 2020

« Cette fois, je ne suis pas venu à Toronto en ayant une vision claire de ce que j’allais y écrire. J’arrivai à la recherche de moi-même, me doutant que je ne travaillerais pas sur la ville mais que peut-être, par la ville, je parviendrais à ressaisir un écho. »
 
Rues de mercure achève la trilogie d’Alexis Gloaguen, inaugurée par les Veuves de verre et Digues de ciel, sur les villes d’Amérique du Nord. Ici sont visitées New-York, Chicago, Toronto, Nashville, Vancouver et bien d’autres auxquelles se greffe Tokyo.
 
Une traversée sensorielle et mentale de villes saisies dans l’omniprésence de la musique.
 
Rues de mercure, outre la célébration des paysages urbains et de leurs drames secrets, est une réflexion très personnelle et intimement vécue sur le désespoir et la part d’espoir qui peuvent demeurer dans un monde fragmenté.