DALEMBERT Louis-Philippe

Haïti

10 mai 2020.

Une des voix majeures de la littérature caribéenne. Ses romans se font l’écho d’une vie vagabonde qu’a mené cet Haïtien à Paris, Rome, Jérusalem, Kinshasa... Prix Casa de Las Americas (2008) pour Les dieux voyagent la nuit, il est fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2010. Ardent promoteur de la littérature haïtienne dont il publie en 2010 une anthologie avec Lyonel Trouillot. Son dernier roman suit le parcours de trois femmes aux trajectoires si différentes pourtant unies par un même espoir, celui d’une nouvelle vie en Europe. Une fresque de la migration et de l’exil qui confronte violemment le lecteur aux affres de la condition humaine.

 

Amérique du Nord, du Sud, Afrique Noire, Moyen Orient ou Caraïbes, Philippe Dalemenbert, voyageur polyglotte épris d’ailleurs, a parcouru les quatre coins du monde. Lui qui se définit comme vagabond, qui a vécu tour à tour à Paris, Rome, Jérusalem, Brazzaville et Kinshasa est né à Port au Prince. Fils d’institutrice et de directeur d’école, il grandit dans l’Haïti des années 60 et 70. Diplômé de l’école nationale supérieure de Port-au-Prince, il quitte l’île de son enfance pour la France en 1986 : c’est le début d’une vie faite de voyage.

Après des études à l’École supérieure de journalisme et une thèse de littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier à la Sorbonne Nouvelle, il se lance dans l’écriture et le journalisme. Pensionnaire en 1994-95 de la très prestigieuse villa Médicis, il est lauréat l’année suivante d’une bourse de résidence de L’UNESCO-Aschberg, séjourne longuement à Jérusalem avant de devenir vice-secrétaire culturel de l’institut Italo-Latino-américain. Chacune de ses expériences lui a fait voir du pays et n’a fait que renforcer son goût pour le voyage. Aujourd’hui encore il partage son temps entre Paris, Rome, Port-au-Prince et... ailleurs sans aucun doute.

Romancier poète et nouvelliste son oeuvre s’inspire de ses propres expériences et porte tant le sceau de ses vagabondages que celui de l’enfance qui influence son regard sur le monde. Traduits en plus d’une dizaine de langues, ses ouvrages ont été plusieurs fois récompensés. Il est l’auteur entre autres de L’île du bout des rêves, un splendide livre d’aventure, de Les Dieux Voyagent la Nuit récompensé en 2008 du Prix Casa de las Americas et vient de publier en 2009 Le roman de Cuba.

Louis-Philippe Dalembert a reçu en 2009 la prestigieuse bourse "Artists in Berlin Programme" décernée par le German Academic Exchange Service.

En mai 2010, il publie un recueil de poèmes, Transhumance, aux éditions Riveneuve. Avec Noires Blessures, paru en 2011, il signe un roman poignant sur le thème du racisme, dressant le portrait de deux hommes, un expatrié et son domestique, qui s’affrontent avec violence. A travers leur histoire, leurs frustrations et leurs rancoeurs, l’auteur déroule le fil de leur vie pour expliquer les blessures qui ressurgissent.

En 2013, Louis-Philippe Dalembert écrit Ballade d’un amour inachevé. Dans ce roman, il superpose l’histoire sentimentale d’un couple mixte à celle des séismes survenus en Italie et en Haïti. Cette intrigue est pour lui l’occasion de revenir sur deux évènements tragiques, mais surtout sur un phénomène de la société italienne : la montée du néofascisme. L’auteur, qui a en partie vécu les deux catastrophes, était étonné de voir que certains trouvaient malvenus que des rescapés de l’extra-communauté bénéficient des mêmes soins. Outre ce rejet de l’autre, Louis-Philippe Dalembert nous montre toutefois que de bonnes surprises restent possibles. L’humour et la force de vie restent ainsi au centre de son récit puisque les rescapés s’en servent pour arriver à s’en sortir, pour « exorciser le malheur ». Les Abruzzes et Haïti, deux lieux si éloignés et différents, paraissent ainsi si proches et si semblables…

En 2017, Louis-Philippe Dalembert signe un roman, Avant que les ombres s’effacent, qui retrace l’histoire oubliée des Juifs sauvés par l’État haïtien pendant la Seconde Guerre mondiale. Un roman qui figure en première sélection du prix Ouest France Etonnants Voyageurs en 2017.

Son dernier roman dépeint avec force le portrait de trois femmes aux trajectoires différentes, unies par un même espoir, celui d’une vie meilleure en Europe. Arrivées au point de non-retour, le tempéramment et la vigueur des trois femmes se révélera à bord du rafiot de fortune, indispensable passage vers l’Europe. Avec humour et empathie, ce roman confronte son lecteur de manière frappante aux affres de l’exil et de la migration.


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Bibliographie :


Louis-Philippe Dalembert a témoigné sur le séisme d’Haïti :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Mur méditérranée

Sabine Wespieser - 2019

À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée.
Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d’appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c’est le grand départ.
Ces femmes aux trajectoires si différentes – Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale – ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d’une nouvelle vie en Europe.
Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l’exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d’Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l’aisance de son existence passée étaient perdues à jamais.
Sur le rafiot de fortune, l’énergie et le tempérament des trois protagonistes – que l’écrivain campe avec humour et une manifeste empathie – leur seront un indispensable viatique au cours d’une navigation apocalyptique.
S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil.


Revue de presse

« L’écrivain haïtien décrit avec réalisme les trajectoires de femmes candidates à une vie meilleure en Europe. » La Croix

« S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil. » France Culture

« Dans son livre magistral, Louis-Philippe Dalembert raconte de manière poignante le drame des migrants qui se noient en Méditerranée. » Le Point