Les rencontres de la Fondation Européenne de la Culture

27 septembre 2011.

"L’Autre Europe". Question cruciale, au moment où l’Europe s’ouvre à de nouveaux membres, avec ça et là des réticences perceptibles.

 

Au moment, aussi où l’Europe s’interroge sur elle-même, sur son histoire, sur les valeurs qui la fondent, sur ses frontières. "L’élargissement e l’Europe" : la perspective d’une Europe se diluant en une vaste zone de libre-échange, ou bien, au contraire, d’une Europe retrouvant une part essentielle d’elle-même, de son histoire, de sa culture - bref, de son "âme" ? "L’Autre Europe" : c’est à dire l’Europe même - et plutôt que d’un condescendant "élargissement", sans doute serait-il plus juste de dire aujourd’hui "réunification"…
L’Europe, depuis trois ans, est au cœur des Rencontres du Livre organisées chaque automne, à Sarajevo par le Centre André Malraux, Etonnants Voyageurs et le Collège International des Traducteurs Littéraires (Arles). Parce que Sarajevo assiégée a posé une question à l’Europe, ou plus exactement à ses valeurs - question à laquelle l’Europe a tardé à répondre, c’est le moins que l’on puisse dire.
Pour nombre d’intellectuels dits "de l’Est", l’Europe était une prodigieuse aventure artistique et intellectuelle dont ils se sentaient partie prenante : la référence, à travers écrivains, artistes, musiciens, à un ensemble de valeurs, sur le sens, le sens de l’art, le sens de l’humain, où ils puisaient la force de résister. D’où la question par eux posée au fil des rencontres : à quelles valeurs croyez-vous encore ? Et si vous n’y croyez plus, quel sens encore, l’Europe ?
Un débat essentiel, que nous avons voulu prolonger à Saint-Malo, en partenariat avec la Fondation Européenne de la Culture (*).

La Fondation Européenne de la Culture parraine quatre rencontres au festival :

(*) Depuis 1954, la Fondation Européenne de la Culture a pour mission d’encourager la participation et la coopération culturelles en Europe et au-delà des frontières. Sur le plan opérationnel, elle gère ses propres programmes et subventionne des projets innovateurs. Sur le plan politique, la Fondation fait activement pression en faveur de la culture. La Fondation soutient actuellement la dimension culturelle de l’élargissement de l’Union européenne (avec une attention particulière pour ses nouveaux voisins) et de son intégration à travers sa nouvelle ligne d’action ’Enlargement of Minds’.
Pour de plus amples informations : www.eurocult.org

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Une amie de la famille

Gallimard - 2019

« Le 1er novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d’Annie. Je l’ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères : une jeune femme d’aujourd’hui. »


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Manuel d’exil (Comment réussir son exil en trente-cinq leçons)

Gallimard - 2016

Velibor Čolić raconte ici ses premières années d’exil, de 1992 à 2000. Le récit commence avec son arrivée à Rennes où il débarque totalement démuni après avoir déserté l’armée bosniaque, dans les rangs de laquelle il a vécu cinq mois d’enfer. Désespéré, sans argent ni amis, ne parlant pas le français, il se retrouve dans un foyer pour réfugiés parmi une population disparate : familles africaines, ex-soldats russes, paumés de toute espèce. L’alcool l’aide à tenir, il lui arrive de rencontrer des femmes, mais la misère est tenace. Il s’accroche à son rêve d’écriture – il a déjà publié trois livres en ex-Yougoslavie, et son expérience de la guerre fournira la matière de son premier livre en français, Les Bosniaques. Après Rennes, il dérivera en Europe, à Budapest, à Prague, à Strasbourg où il trouvera enfin un équilibre grâce au parlement des écrivains qui lui fournit un logement stable. Le récit se termine sur le compte à rebours précédant le passage au troisième millénaire. Poète aux poches crevées, il sait qu’il ne quittera jamais sa condition d’exilé.
Velibor Čolić aborde ce sujet d’une grande actualité avec une écriture poétique, pleine de fantaisie et d’humour absurde, de fulgurances, de faux proverbes, de paradoxes, d’aphorismes comiques (« L’an dernier j’étais encore un peu prétentieux, mais cette année je suis parfait »). On y croise quelques femmes (rencontres sans avenir, souvent amères) et des personnages hauts en couleurs, notamment des Roms qui, à Rennes comme à Budapest, s’inventent un art de vivre à base de système D et de fatalisme roublard. Velibor Čolić décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, avec une ironie féroce et tendre.