CASSOU-NOGUES Pierre

France

12 avril 2015.
 

Biographie :

© Norbert Distel

Pierre Cassou-Noguès est professeur de philosophie à l’université Paris 8. En 1999, il soutient une thèse à l’université de Lille 3 sur Jean Cavaillès, philosophe des mathématiques (De l’expérience mathématique. Essai sur la philosophie des sciences de Jean Cavaillès). Depuis, à travers ses livres, il n’a de cesse d’interroger les liens existant entre la science et l’imaginaire Les Démons de Gödels en questionnant la constitution du sujet dans l’imaginaire Mon zombie et moi. Dans Mon zombie et moi : la philosophie comme fiction (Seuil, 2010), il revisite des positions classiques sur la nature et le statut du sujet. Sa méthode s’appuie sur l’analyse d’une série de figures tirées de la littérature où sont convoqués des auteurs classiques comme Poe, Maupassant, Nerval, aussi bien que des écrivains de science-fiction comme Wells, Conan Doyle, Stapledon, Ph K Dick.

En 2014, il publie Les Rêves cybernétiques de Norbert Wiener, une fiction autour de l’assassinat d’un savant oublié. L’enquête qui s’ensuit nous mène du cabinet de Freud au cerveau des usines automatiques en passant par les cauchemars d’Edgar Allan Poe. On y rencontre des personnages de tous les univers, des détectives, des sorciers, des cyborgs, des posthumains et autres créatures extraordinaires… Un roman qui soulève bien des questions sur notre société, sur l’évolution des sciences et des technologies ou sur la bio-éthique.


Bibliographie


 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Les Rêves cybernétiques de Norbert Wiener

Seuil - 2014

Un savant disparu réapparaît dans un kibboutz pour être aussitôt assassiné. Qui était-il et qui l’a tué ? C’est le thème d’une courte fiction découverte dans les archives de Norbert Wiener (et publiée ici).

À partir de cette fiction, Pierre Cassou-Noguès tente de reconstituer le parcours et les dilemmes de ce savant singulier. Voyageur infatigable, penseur versatile, mathématicien autant que romancier, Norbert Wiener invente à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous le terme de cybernétique, une nouvelle façon de conjuguer l’humain et la machine. Tantôt séduit par ses propres créatures, comme Pygmalion, tantôt effrayé par elles, comme le Dr Frankenstein, le savant hésite et se cache derrière d’innombrables écrans. L’enquête nous mène du cabinet de Freud jusque dans le cerveau des usines automatiques et certains cauchemars d’E. A. Poe. On y rencontre des détectives, des robots, des savants fous et d’autres qui ne le sont pas du tout, des sorciers, des machines qui travaillent et d’autres qui dansent et jouent, un corbeau, des cyborgs, des posthumains.

La question, finalement, est de savoir si l’humain survit dans cet avenir incertain qui est maintenant le nôtre. Ou bien l’humain a-t-il été éliminé ? Et si c’est le cas, est-ce mal ? Et par qui a-t-il éliminé ? Les savants, leurs machines ou une idéologie du travail qui sous-tend le capitalisme aussi bien qu’un certain marxisme ?