Nos idées forces

1990 - L’aventure est l’essence de la fiction
L’aventure est l’essence de la fiction. On peut privilégier autant que l’on voudra l’étude des caractères, creuser les psychologies de ses personnages, ou même tenter de s’immerger dans le flux d’une conscience : il n’en reste pas moins qu’il faudra, pour rendre cette expérience lisible, la mettre en forme – dans un récit. Quelque chose arrive à quelqu’un : voilà le point de départ obligé. Sans événements, (...)
1991 - Pour une littérature voyageuse
S’évader, sortir des livres et des codes, briser là nos acquis, nos savoirs, pour réapprendre peut-être le simple usage du monde : « éveil » ne se dit-il pas aussi « exil », « exode », « errance » ? On part parce que l’on veut croire qu’un regard peut triompher des bornes de la pensée. Pour la magie d’un mot. Et on voudrait, dès lors, que chaque instant soit une « première fois ». Pourtant, que serait un (...)
1992 - L’intelligence des marges I : le roman noir
On a peine à imaginer aujourd’hui le mépris voué aux littératures dites de « genre », aux « marges », à la BD, au roman noir, par la littérature supposée « grande » tout entière dominée par les idéologies « avant-gardistes » – et cette idée d’une littérature « n’ayant d’autre objet qu’elle-même ». Étonnants Voyageurs, dès le départ, s’est refusé à toute distinction de « genre », et ce avec d’autant plus de (...)
1993 - Pour une littérature-monde, acte I
L’idée fut au coeur de l’édition de 1993 du festival, centrée sur l’affirmation, outre-Manche, de ce que Carlos Fuentès avait appelé « world fiction », en appelant de nos voeux l’émergence d’un courant comparable dans l’espace francophone. Pressé d’en donner une traduction, je lançai alors le mot « littérature-monde » ; le « trait d’union entre les deux termes », ajoutai-je, étant l’espace de l’oeuvre, laissé (...)
L’intelligence des marges II : le futur a déjà commencé
Motards déments, jaillis de l’enfer pour réinventer, sur un monde dévasté, les antiques jeux du cirque ; villes géantes lancées à l’assaut du ciel, qui étouffent sous l’amas des détritus, devenues les cours des Miracles d’un Moyen Âge futuriste ; dragons de légende cabrés devant les canons atomiques de très étranges chevaliers en armure ; cités barbares où combattent sorciers et savants, crapules fantasques (...)
« Je est un autre »
« Je est un autre. » Il ne semble pas que cette phrase fameuse ait intensément nourri la réflexion de nos politiques, à l’instant de lancer le débat sur « l’identité nationale », et pas plus, d’ailleurs – ce dont on peut s’étonner – celle des titans de la pensée si empressés, en réaction, à emplir les colonnes des journaux de leurs opinions. Aux temps de gloire des « maîtres du soupçon », les analystes la (...)
Si la fiction dit quelque chose qui ne peut pas se dire autrement

« Ni le vrai, ni le faux. La fiction oblige donc à supposer un autre mode de connaissance que la connaissance discursive, qui serait le propre de l’imagination – elle oblige à penser une imagination créatrice. »

Urgence du poétique en temps de crise

« Ni le vrai, ni le faux. La fiction oblige donc à supposer un autre mode de connaissance que la connaissance discursive, qui serait le propre de l’imagination – elle oblige à penser une imagination créatrice. »

Le retour de la nature. On les appelle « nature writers »

Cette sensation aiguë, bouleversante, de la présence du monde autour de vous, cette ivresse légère quand vous sentez qu’il vous traverse, qu’en cet instant fragile vous ne faites plus obstacle. (…) Une puissance tout à la fois lumineuse et obscure, créatrice et destructrice, qu’ils eurent à découvrir à l’œuvre aussi en eux…

2007 - Pour une littérature-monde en français : le manifeste
Mars  2007 Ce n’est rien de dire que ce manifeste aura fait du bruit. L’idée de « littérature-monde » est consubstantielle au festival. Elle fut même au cœur de l’édition 1993. Mais, nourrie par les éditions du festival à l’étranger, à Bamako, à Port-au-Prince, elle n’avait jamais été aussi fortement affirmée collectivement, par un aussi grand nombre d’écrivains de première grandeur. Une vision nouvelle de la (...)
Pour une littérature-monde en français, Acte II

Du manifeste Pour une littérature-aventureuse à l’idée de « Littérature-monde » : à Étonnants Voyageurs, la nécessité de dire le monde, et le refus d’une littérature nombriliste, formaliste, qui n’aurait d’autre objet qu’elle même. Pour en finir une bonne fois avec les prétentions des avants-gardes et le poids des idéologies.

Sciences humaines en crise, retour de la fiction

« Conrad et Stevenson nous en apprennent-ils moins sur les tropiques que Malinowski, et Chateaubriand ou Proust que Lévi-Strauss sur l’homme en société ? Pourquoi les écrivains (les grands) disent-ils mieux le monde que les anthropologues patentés ? »