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Mircea CĂRTĂRESCU

Roumanie

Solénoïde (Noir sur Blanc, 2021)

© Silviu Guiman

Auteur roumain reconnu pour sa contribution au renouveau de la littérature de son pays, Mircea Cărtărescu grandit pendant le régime communiste de Roumanie. Poète, romancier, critique littéraire, journaliste, il est aussi membre de l’Union des écrivains roumains ainsi que du Parlement culturel européen. Lauréat de dizaines de distinctions littéraires parmi les plus importantes, il a publié près de 30 livres et de nombreux articles traduit dans 20 langues. En 2019, son roman Solénoïde (Noir sur Blanc, 2021) traduit en français rencontre un grand succès dans la presse française, et obtient le prix Millepages de littérature étrangère. Dans ses écrits, l’écrivain roumain s’aventure dans les recoins du monde et les profondeurs de la mémoire.


Bibliographie

  • Le Levant (P.O.L, 2014)
  • La Nostalgie (P.O.L, 2017)
  • Solénoïde (Noir sur Blanc, 2019)
  • Melancolia (Noir sur Blanc, 2021)
  • L’Aile tatouée (Denöel, 2009)
  • Pourquoi nous aimons les femmes (Denoël, 2008)
  • « A lovely little princess », dans Douze écrivains roumains (Les belles étrangères, 2005)
  • L’Œil en feu (Denöel, 2005)
  • Orbitor (Denoël, 1999)
  • Lulu (Austral, 1995)
  • Le rêve : romans (Climats, 1992)
Melancolia

Melancolia

Noir sur Blanc - 2021

Ce sont trois longues nouvelles encadrées par deux contes. Melancolia est un livre sur l’expérience de la séparation, sur ce trauma qui a marqué notre naissance et, par la suite, chacune de nos métamorphoses. L’immense écrivain Mircea Cărtărescu en fait ici l’étude à travers trois étapes de la vie : la petite enfance, l’âge de raison, l’adolescence.
Un enfant de cinq ans, dont la mère est sortie, se persuade qu’il a été abandonné : « C’est là le point de départ de la mélancolie, de ce sentiment que personne ne nous tient plus par la main. » Isabel et Marcel, frère et sœur, vivent au sein d’une famille ordinaire comme deux enfants perdus dans la forêt profonde. Lorsque la fillette tombe malade, son frère se jure d’obtenir sa guérison en partant affronter ce qui le terrifie le plus. Un adolescent se questionne sur la différence sexuelle. Il tombe amoureux. Son corps change : mois après mois, il range dans une armoire les peaux devenues trop petites…
Magnifiques variations sur les grands thèmes de l’auteur : le passage du temps, la poésie, le réel et l’irréel, le masculin et le féminin.

Traduit du roumain par Laure Hinckel.


  • « La solitude, la mort, la sexualité, la conscience de soi, la souffrance, l’altérité - tous les thèmes se tressent dans une prose incandescente, faite de descriptions oniriques et d’abysses existentiels. On est magnétisé. L’auteur fait économie de personnages mais procède à la dilatation incommensurable de leur espace-temps imaginaire, où tout devient symbolique, et d’une étrangeté luxuriante, incantatoire. (…) Portés par la beauté étrange et fluide de la langue, dans la splendide traduction de Laure Hinckel, on ne sort pas indemnes de Melancolia. Le soleil noir de cette écriture onirique – la marque de fabrique de Mircea Cărtărescu – brûle et brille fortement, longuement. » ActuaLitté
  • « Qu’importe le fantastique, l’irréalité tonitruante d’un univers projeté au-delà de ses frontières, vers l’inconnu. C’est dans l’angoisse métaphysique la plus réaliste que le romancier roumain nous entraîne, avec la puissance limpide des grandes créations de l’imaginaire. Il y a toujours un personnage supplémentaire dans ses livres. Admettons-le : il nous ressemble. » Le Monde
Solénoïde

Solénoïde

Noir sur Blanc - 2019

Chef-d’œuvre de Mircea Cărtărescu, Solénoïde est un roman monumental où résonnent des échos de Borges, Swift et Kafka. Il s’agit du long journal halluciné d’un homme ayant renoncé à devenir écrivain, mais non à percer le mystère de l’existence.

Après avoir grandi dans la banlieue d’une ville communiste – Bucarest, qui est à ses yeux le « musée de la mélancolie et de la ruine de toute chose », mais aussi un organisme vivant, coloré, pulsatile –, il est devenu professeur de roumain dans une école de quartier. Si le métier le rebute, c’est pourtant dans cette école terrifiante qu’il fera trois rencontres capitales : celle d’Irina, dont il tombe amoureux, celle d’un mathématicien qui l’initie aux arcanes les plus singuliers de sa discipline, et celle d’une secte mystique, les piquetistes, qui organise des manifestations contre la mort dans les cimetières de la ville.

À ses yeux, chaque signe, chaque souvenir et chaque rêve est un élément du casse-tête dont la résolution lui fournira un « plan d’évasion », car il ne s’agit que de pouvoir échapper à la « conspiration de la normalité ».

Traduit du roumain par Laure Hinckel.


  • « Solénoïde fait circuler un fluide hypnotique dans l’écriture de Mircea Cărtărescu, une mélancolie atroce balaye les destins, une hantise mystérieuse pousse les personnages à tâter les murs de leur existence à la recherche d’une autre issue. Avec Solénoïde, on traverse le rêve et on se retrouve dans la réalité, on ouvre la porte d’une maison bucarestoise et les pièces à sillonner se succèdent sans fin. Une autre dimension domine cet univers qui, on comprend bien, va en claudiquant sur ses trois dimensions. On se languit d’une quatrième, mais de quelle nature serait-elle ? (...) Avec Solénoide, dont la beauté de la langue resplendit pleinement en français grâce au travail tout en finesse de Laure Hinckel, le souffle technologico-mystique de Cărtărescu couche sur le papier un splendide cri de révolte contre la mort. Que peuvent donc les écrivains, face à ce sentiment de claustrophobie métaphysique ? « Mais les écrivains voient-ils jamais quelque chose ? Leurs portes peintes sur le mur infiniment épais de notre cellule de condamnés à mort s’ouvrent-elles jamais ? » (p. 537). » ActuaLitté
  • « Quel combat ? Contre quoi ? En rêvant de quelle victoire ? En étant défait comment ? Solénoïde réunit la plus formidable accumulation de réponses qu’un roman puisse contenir. Ce n’est pas un roman-fleuve. C’est un roman-crue, un torrent qui sort de son lit, emporte, submerge, tourbillonne entre les murs des villes englouties, que Mircea Cartarescu détruit et ressuscite dans le même mouvement, comme il le fait de l’immense matériau autobiographique, magique, fantastique, logique, scientifique, métaphysique dont son œuvre, qui trouve ici un accomplissement, est la constante réinvention. » Le Monde
  • « L’auteur, le romancier roumain Mircea Cartarescu, né en 1956 comme le narrateur de son roman, prête à son double des questions et des cauchemars qui furent certainement les siens, puis imagine pour lui un avenir différent. Un peu ce qu’a fait Paul Auster dans 4321(Actes Sud, 2018), mais en version kafkaïenne. » Libération