Une quête drôlement pixellisée

Ecrit par Clémence Meynier (6ème, Collège Nazareth de Nice), sujet 2. Publié en l’état.

Ce que comprenait surtout Rémi, c’est qui allait devoir enfiler l’un de ces maudits casques. Et aucun stage de la police ne l’avait entrainé à enquêter dans un monde virtuel.

" Attendez !, s’écria Rémi. Pourquoi avez-vous besoin d’un spécialiste en informatique comme Lucie ?

- On n’est jamais trop, répondit un joueur.

- Regardez, lieutenant, hurla un caporal.

- Ah, un papier, c’est étrangement écrit".

Il essaya de lire : " Salut à tous, c’est Lucie. Comme vous avez pu le constater, je ne suis pas avec vous. Je ne suis pas là, car je suis entrée dans le jeu. Si vous voulez me rejoindre, prenez un casque et appuyez sur "start". Attention, il ne peut y avoir que deux personnes dans le jeu en même temps."

"Comment ? Elle est entrée dans le jeu !, s’écria un joueur fasciné. Mais, c’est très dangereux !

- Très bien, si c’est dangereux, c’est moi qui irait la chercher.

- Vous êtes sûr lieutenant ?

- Oui, sûr, c’est à moi d’y aller.

- Vous avez beaucoup de courage lieutenant", s’écria une joueuse.

Beaucoup de courage...pas si sûr pensa Rémi. Il était à présent assis sur son siège, il enfila un casque sur sa tête et appuya sur le bouton "start". Sous les yeux ébahis des policiers et des joueurs, Rémi disparut. Rémi eut l’impression de chuter dans un tunnel sans fin. Pendant sa chute, il apercevait toutes les icones de l’ordinateur : Google chrome, Mozilla, la corbeille, Open Office, Word, et Power Point. Sa chute s’arrêta enfin. Après quelques minutes, il retrouva ses esprits. Il se mit à crier :

"Lucie, Lucie !

- Chut, pas si fort, s’écria une jeune femme.

- C’est vous, Lucie ?

- Oui, c’est moi, et je suis étonnée de vous voir si tôt.

- Pourquoi ?

- Pour venir, vous avez bien lu mon message, non ?

- Oui, bien sûr.

- Et bien, je suis surprise car vous n’avez pas l’air très malin.

- Hum, hum ! Vous, alors, vous êtes une dr.....

- Chut, nous sommes au palais du Roi Arthur. S’il nous entend, il nous mettra en prison et nous aurons déjà perdu.

- La prison, ça me connaît, je suis policier.

- Je m’en doutais", dit ironiquement Lucie. Mais, soudain, une voix se fit entendre : "Amenez-moi les intrus qui osent crier de la sorte." C’est alors que deux armoires à glace, sorties dont on ne sait où, s’emparèrent de nos deux héros et les amenèrent devant le roi.

" Je suis le grand, le sublime, le glorieux Roi Arthur ! Qui êtes vous ?

- Nous sommes des étrangers perdus, Votre Altesse, répondit respectueusement Rémi.

- C’est vous, le Roi Arthur, vous êtes sûr ? Dans les livres on vous décrit beau, grand, fort glorieux. Et là, vous paraissez, vieux, mou et...

- Arrêtez, Lucie ! interrompit Rémi.

- Comment osez vous ! hurla le Roi Arthur, cramoisi !

- Pardonnez nous, Votre Majesté", supplia Rémi, tremblant.

Soudain, un homme avec un étrange chapeau et une énorme barbe blanche arriva.

"Puis-je parler ?, demanda-t-il, calmement.

- Oui, si tu veux, Merlin, dit le roi agacé.

- Vous êtes Merlin ! s’écria Rémi.

- Qui voulez-vous que ce soit avec une telle barbe ?, se moqua Lucie.

- Passons sur les moqueries et parlons de choses sérieuses. Depuis des années, nous sommes à la recherche du Graal, mais tous nos chevaliers ont échoué. Voulez-vous essayer ?"

Rémi et Lucie suivirent le geste de Merlin et tournèrent alors la tête vers les chevaliers et ils aperçurent Lancelot, Perceval, Galaad et les autres.

- Ils ne sont pas plus glorieux que le roi, ne put s’empêcher de dire Lucie.

- Si ces inconnus, poursuivit Merlin, trouvent le Graal, ils gagneront le jeu mais, dans le cas contraire ils perdront et ne pourront plus sortir du jeu.

- Etes-vous d’accord ?, demanda le Roi avec un sourire diabolique ?

- Oui !", affirmèrent nos courageux héros d’un ton assuré.

Alors un écuyer les conduisit à la salle des armures. Rémi enfila une armure et tomba à la renverse, aussi, il préféra enfiler une simple cotte de mailles.

"Ah, ah, tu n’es pas si costaud finalement et tu as un cœur de guimauve. Je trouve ça mignon, dit Lucie avec un sourire sincère.

- Heu...depuis quand on se tutoie ?", dit Rémi.
Lucie ne répondit pas.

Ils montèrent à cheval et partirent en direction des montagnes où ils pensaient pouvoir trouver le Graal. Après quelques chutes de cheval, nos héros arrivèrent dans un hameau. Ils décidèrent de passer la nuit chez un habitant.

" Je te rappelle, Lucie que nous sommes dans un jeu et ça m’étonnerait qu’on puisse passer la nuit chez un habitant. Ce n’est pas prévu dans la règle du jeu.

- Attention, nous vivons dans le jeu, nous ne sommes pas de simples joueurs derrière une manette. Nous devons réaliser une quête et nous vivons VRAIMENT dans le jeu."

Tandis qu’ils échangeaient sur le monde virtuel, nos deux amis essayèrent de trouver une maison accueillante. En vain. Ils décidèrent de s’installer sur la place du village. Au petit matin, nos héros étaient déjà debout. C’est alors qu’un moine s’approcha.

" Qui êtes vous, s’écria Lucie, un elfe ?

- Pas du tout, je suis un moine. Que faites vous ici ?

- Nous cherchons le Graal.

- Je ne sais pas où est le Graal, mais je sais où est la carte qui peut permettre de le trouver, à condition cependant d’en être digne...sinon..."

Alors, le moine leva le bras et sortit du côté percé de la statue du crucifié de la place, un papier jauni.

" Tenez ! Prenez cette carte, le Graal se trouve au mont Danger. Bonne chance !"
Nos héros s’élancèrent et arrivèrent rapidement au pied du mont Danger. Il virent une inscription sur le sol : " Etes-vous dignes de chercher et de trouver le Graal ? Pour le savoir grimpez en haut de l’olivier de Galles ". Nos héros tournèrent la tête et aperçurent un olivier immense dont on ne peut voir le sommet.

" Ce n’est pas la peine. On a perdu avant de commencer, dit Rémi.

- Non il faut essayer."

C’est alors que nos deux apprentis chevaliers virtuels se mirent en tête des idées folles, comme grimper à l’aide d’un couteau ou encore couper l’arbre, ce serait plus simple. Ils essayèrent même de grimper par la pensée. Impossible de monter ! Rémi regarda le sommet de l’olivier et cria : " Qui que vous soyez, vous qui organisez la quête du Graal, il faut que vous sachiez que c’est impossible pour nous de monter en haut de cet arbre, nous abandonnons."

Soudain une fée leur apparut :
" Vous êtes dignes de chercher le Graal car vous avez eu raison d’abandonner.

En effet, il est impossible de monter en haut de l’olivier de Galles et vous avez eu l’humilité de le reconnaître. Maintenant, pour trouver le Graal, il faudra réussir trois épreuves qui stimuleront les sentiments du courage, du pardon et de l’amour. Pensez à regarder dans le tronc de l’olivier.
A ce moment précis, un orage éclata. Il coururent se réfugier sous l’immense Olivier. C’est alors que Lucie s’ écria :

" Je sais, il faut regarder dans le tronc de l’arbre."

Elle fit le tour de l’arbre de Galles et trouva dans l’écorce un petit papier sur lequel était écrit : " Pour arrêter l’orage il faut que le roc touche l’éclair".

" J’ai compris, il faut prendre une pierre et la mettre sous l’orage". Rémi prit tout son courage à deux mains, saisit une pierre, attendit qu’un éclair foudroie le ciel, sortit de la protection de l’arbre et leva la pierre vers le ciel. BOUM ! La foudre s’abattit sur la pierre, le ciel devint clair. Alors, la fée apparut.

"Bravo, vous avez réussi la première épreuve, celle du courage."

Pendant qu’ils prenaient un peu de repos, un vieillard étrange s’approcha, l’air inquiet :

" S’il vous plaît, puis-je rester avec vous pour la nuit ? J’ai faim et je suis épuisé.

- D’accord, dirent Rémi et Lucie. Nous allons chercher du bois, reposez-vous.

- Merci", répondit l’homme d’une voix mal assurée.

Après le repas, nos deux héros et ce mystérieux vieillard s’endormirent. Mais avant l’aube, Rémi réveilla brusquement Lucie.

- Cours ! Lucie, l’homme vole notre carte !

C’est alors que commença une course poursuite avec le fuyard rapidement gagnée par nos héros.

"Rends moi cette carte, hurla Rémi en lui arrachant le papier des mains.

- Tu mériterais qu’on t’arrache les derniers cheveux qui te restent, pouffa Lucie.

- Pardonnez-moi, s’il vous plaît.

- Allez, Rémi, on peut lui pardonner.

- Bon, d’accord."

D’un coup, le vieil homme se changea en fée : "L’épreuve du pardon est réussie".
Mais, il fallait poursuivre la quête. Après des jours et des nuits, nos héros arrivèrent enfin au sommet du mont Danger. Rémi découvrit une inscription : "Quand on est seul, je ne suis pas là, mais quand on est plusieurs, je suis présent. Pour réussir, vous devez me prouver".
Rémi et Lucie réfléchirent pendant des heures et des jours, mais ne trouvèrent pas la solution. Ils étaient découragés.

" Prouver quoi ? Nous n’y arriverons jamais.

- Après tout, c’est de ta faute si on est ici, hurla Rémi.

- Comment ça, ma faute ? Je ne t’ai pas forcé à venir ici.

- J’ai fait mon devoir de policier, je devais te protéger.

- Je pouvais très bien me défendre seule.

- Je vais tout expliquer au roi.

- Non nous sommes dans un jeu ! Si le roi apprend l’échec de la mission, c’est perdu.

- De toutes façons, perdu pour perdu, j’y vais..."

Lucie eut juste le temps de le retenir par le bras. Rémi se calma. Mais nos amis ne savaient toujours pas comment résoudre l’énigme.

" Cette fois c’est sûr, nous avons perdu. Excuse-moi pour tout à l’ heure.

- Quoi qu’il arrive, je veux que tu saches que tu es pour moi quelqu’un d’extraordinaire.

- Toi aussi, je ne regrette rien, tu es une amie courageuse.

- Pardonne-moi, si parfois je te critique.

- Toi aussi, pardonne-moi si quelques fois je suis un peu froid.

- On a commencé ensemble, on terminera ensemble.

- Toujours ensemble, dit Rémi.

- Toujours ensemble ", répondit Lucie.

Ils se regardèrent alors, main dans la main et, soudain la fée apparut, et le Graal se pixélisa au sommet de la montagne.

"Vous avez réussi là où les autres ont échoué. Les chevaliers ont échoué car ils sont partis seuls. L’ amour était la réponse et vous avez prouvé votre amitié. Prenez le Graal et retournez vers le roi. La fin de votre mission approche. Ils se séparèrent sur un adieu.

- Merci chère fée et adieu."

De retour devant le roi, ils déposèrent le Graal devant lui. Merlin stupéfait les félicita et ils tombèrent dans les bras les uns les autres. Même les chevaliers se levèrent et les saluèrent.
Un grand panneau s’alluma : "jeu terminé, éjection". Rémi et Lucie se retrouvèrent alors brusquement dans le même tunnel qu’à l’aller. Ils jetèrent un dernier regard vers Merlin et le roi. Les deux barbus leur crièrent : "A bientôt pour le niveau 2." Ils revirent les fichiers de l’ordinateur à l’envers. Ils se retrouvèrent tout à coup dans le planétarium au milieu des policiers et des joueurs. Après de joyeuses retrouvailles, Rémi et Lucie firent leurs adieux.

"Au revoir, Lucie. Mais, dis-moi : comment et pourquoi es-tu rentrée dans le jeu ?

- Je travaille pour une agence spécialisée en informatique. J’étais en mission secrète. Je devais tester une nouvelle invention, une machine capable de transporter des objets solides d’un monde réel à un monde virtuel. Je me suis bien amusée aussi, car je trouvais qu’il manquait un personnage à ce jeu...moi ! Au revoir Rémi, tu vas me manquer.

- Toi aussi, tu vas me manquer."

Une fois rentré chez lui, Rémi sortit de sa poche un papier sur lequel il lut :" Salut Rémi, tu ne croyais quand même pas qu’on ne se reverrait plus ? Eh bien, voici mon numéro de téléphone : 07 14 14 14 14. J’espère que tu m’appelleras. Alors Rémi prit son téléphone, composa le numéro. Lucie décrocha. " Salut Lucie, ne voudrais-tu pas revoir Arthur et Merlin samedi prochain pour le niveau 2 ?

- Bonne idée, Rémi !

- Alors, toujours ensemble ?

- Toujours ensemble. Seras-tu prêt pour le niveau 2 ?", ironisa-t-elle une fois encore.

Heureusement que les garçons ne rougissent pas, on le sait, sinon en voyant les taches rouges sur les joues de Rémi, on aurait pu croire qu’il rougissait.

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