Concours de nouvelles E. Leclerc - Etonnants Voyageurs

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Plus de 4 000 inscriptions, 3 000 nouvelles reçues, de jeunes de 11 à 18 ans. Soit trois fois plus que l’an passé, reçues par le jury composé d’auteurs et de professionnels du livre ! Et 26 académies à participer : notre concours est désormais national – il s’ouvre même à l’outre-mer !
Grâce aux centres E.Leclerc, les meilleures nouvelles seront éditées à 35 000 exemplaires…

François Schuiten

_ C’est au Café Littéraire du Festival que le jury** présidé par Lorris Murail a désigné les 5 lauréats nationaux du Concours de Nouvelles 2005, en présence de Michel Le Bris, Directeur du Festival, Lorris Murail, écrivain, et Michel-Edouard Leclerc.

1er PRIX :
Mathieu Labouret, pour Une étrange affaire
Académie de Rennes
En 2nde au Lycée St-Paul - Vannes

2è PRIX :
Alice Dejean de la Batie, pour La langue au chat
Académie de Paris
En 3ème au Collège Charles Péguy - Paris

3ème PRIX :
Tristan Lefort-Martine, pour La bille blanche
Académie d’Aix-Marseille,
En 5ème Musicale au Collège Thiers - Marseille

4ème PRIX :
François Chaillou, pour Un à un
Académie de Limoges
En 2nde à la Cité Scolaire Raymond Loewy - Ussel

5ème PRIX :
Pauline Schaffner pour Le récrivain
Académie de Clermont-Ferrand
En 2nde au Lycée Blaise Pascal - Clermont-Ferrand


En 2005, le festival Étonnants Voyageurs, avec le concours de l’Education nationale et des centres E. Leclerc, sonde le futur et s’interroge sur les nouveaux écrivains et les valeurs montantes de la littérature mondiale. Pour nous placer dans la même tonalité, nous avons décidé de bousculer la routine de notre traditionnel Concours de nouvelles. Cette année, pas de thèmes, mais deux débuts d’histoires proposés par un auteur bien connu des jeunes lecteurs, Lorris Murail, dont l’œuvre court du fantastique urbain contemporain (Golem) à la science-fiction la plus débridée (L’Expérienceur, la Méthode albanaise).

Cette fois, donc, nous jouons sans complexe à l’écrivain. Nous plongeons à bras le corps dans la fiction, nous libérons nos imaginations. Mode d’emploi : commencez par choisir l’un des deux débuts que Lorris a inventés pour vous. Réfléchissez à ce qu’il vous suggère. Examinez comme des pistes ou des indices chacun des détails qui vous sont proposés dans cette quinzaine de lignes. Quel est donc l’étrange pouvoir du gadget offert par le magazine Kheops ? Comment le grand-père de Simon peut-il être encore vivant onze mois après sa mort ? Ce sont des questions auxquelles vous n’êtes pas obligés de répondre, mais qui peuvent vous guider dans votre travail de création. À vous d’opter pour le genre qui vous convient le mieux, le fantastique (magie, nécromancie, pouvoirs paranormaux...) ou la science-fiction (cryogénie, miracles de la biogénétique...), mais là encore, rien ne vous force à embrasser un genre particulier. La seule limite est celle de la longueur du texte, qui ne devra pas dépasser 4 pages dactylographiées.

À vos stylos, à vos claviers. Et Vive l’imagination !

Jean-Luc Fromental
Directeur du Festival Jeunesse


DEUX INCIPIT AU CHOIX PROPOSES PAR LORRIS MURAIL :

Incipit 1

Entendant claquer les talons de sa mère dans le couloir, Marion s’empressa de refermer le tiroir de son bureau. C’est là qu’elle conservait l’exemplaire du journal qu’elle avait reçu trois jours plus tôt. Kheops, ton nouveau magazine. C’est là surtout qu’elle cachait le gadget offert avec le numéro 1 de Kheops.
Comme d’habitude, sa mère entra sans frapper.

  • J’ai commandé la télé pour ta chambre, dit-elle d’une voix mécanique. Et, demain, on ira chercher ton chien. Tiens, ton argent de poche. Cinq cents euros, ça ira ?
    Marion fit signe que ça allait. Après tout, c’était ce qu’elle avait demandé.
    Sa mère posa les billets sur le bureau et sortit sans un mot de plus.
    Marion frissonna. C’était incroyable. Le gadget Kheops fonctionnait à la perfection. (...)

Incipit 2

Simon m’avait donné rendez-vous au coin d’une rue obscure. Sans un mot, il me poussa dans l’entrée d’un vieil immeuble de brique. Je montai à sa suite les marches vermoulues. Au quatrième étage, Simon frappa trois coups à une porte qu’il ouvrit avant d’y être invité.
Dans la pénombre de la pièce, je ne distinguai tout d’abord que le chat noir, roulé en boule au pied d’une table ronde. Un léger toussotement me fit sursauter. Alors, je le découvris, debout près de la fenêtre, enveloppé dans un grand peignoir de soie. Il avait toujours les mêmes cheveux blancs, les mêmes yeux bleus emplis de malice.

  • Mais non, gémis-je.
    C’était la première fois que je revoyais mon grand-père depuis qu’il était mort, onze mois plus tôt.
  • Assieds-toi, me dit Simon en posant une main sur mon épaule. On va tout te raconter. (...)