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Dico des invités

PADURA Leonardo

Cuba

Hérétiques (Métailié, 2014)

© Philippe MATSAS

Représentant incontesté du roman noir hispanophone, Leonardo Padura raconte Cuba, son île, pour en livrer ses contradictions, ses stéréotypes et ses luttes. Écrivain majeur du XXe siècle dont les œuvres ont su dépasser les frontières, il est aujourd’hui autant reconnu pour ses polars aux intrigues profondes que pour ses romans politico-historiques.

Né en 1955 à La Havane, diplômé de littérature hispano-américaine et également journaliste, essayiste et scénariste pour le cinéma, Padura a reçu le prix Raymond Chandler (2009) pour l’ensemble de son oeuvre et le prix Princesse des Asturies (2015) pour Hérétiques. L’écrivain débute son cycle des Quatre saisons en 1991 avec le roman Passé parfait, occasion d’une première rencontre avec le détective Mario Conde. Archétype du flic de roman policier désabusé, porté sur la bouteille et légèrement macho, Conde assiste à la misère morale et matérielle du peuple cubain, enrôlé malgré lui dans une histoire sociale rude et complexe, où les faux-semblants demeurent les derniers instruments de contrôle d’une société dont les idéaux du passé se sont depuis longtemps effondrés.

Après Les Brumes du passé et L’Homme qui aimait les chiens (fable qui
confronte les trajectoires de Trotski et de Ramon Mercader, son assassin, à travers la plume d’un écrivain raté), l’auteur livre en 2014 un très beau roman, Hérétiques, où il rend hommage aux insoumis et aux dissidents, autrefois réfractaires à l’ordre religieux dogmatique, aujourd’hui indociles des sociétés contemporaines, tous combattants contre le mensonge idéologique. La force de ce dernier roman se trouve dans la capacité de Padura à constamment lier le passé au présent, faisant rejaillir les bribes d’une Histoire confuse dans les drames qui se jouent aujourd’hui, et dont on ne saurait dénouer les liens ni déjouer les tours sans se retourner sur un passé obscur, peuplé de fantômes désormais prêts à parler...


Bibliographie :

  • Hérétiques (Métailié, 2014, Prix Princesse des Asturies 2015)
  • L’Homme qui aimait les chiens (Métailié, 2011, Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde)
  • Les Brumes du passé (Métailié, 2006, Prix Brigada 21 du meilleur roman noir 2006)
  • Adios Hemingway (Métailié, 2005)
  • La tétralogie Les Quatre Saisons : Vent de Carême (Métailié, 2004)
  • Le Palmier et l’Etoile (Métailié, 2003)
  • Mort d’un chinois à la Havane (Métailié, 2001)
  • La tétralogie Les Quatre Saisons : Passé parfait (Métailié, 2001, Prix des Amériques Insulaires 2002)
  • La tétralogie Les Quatre Saisons : L’Automne à Cuba (Métailié, 1999, Prix Hammett 1999)
  • La tétralogie Les Quatre Saisons : Electre à La Havane (Métailié, 1998, Prix Café Gijón 1997 et Prix Hammett 1998)
Hérétiques

Hérétiques

Métailié - 2014

Lancé sur la piste d’un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu dans le port de La Havane en 1939 et retrouvé comme par magie des décennies plus tard dans une vente aux enchères à Londres, Mario Conde, ex-policier reconverti dans le commerce de livres anciens, nous entraîne dans une enquête trépidante qui tutoie souvent la grande histoire. On y fréquente les juifs de la capitale cubaine, dans les années prérévolutionnaires, tiraillés entre le respect des traditions et les charmes d’un mode de vie plus tropical ; des adolescents tourmentés d’aujourd’hui, dont les piercings et scarifications semblent crier au vu et au su de tous leur rejet de l’Homme Nouveau et des carcans faussement révolutionnaires ; mais aussi les copains du Conde, chaleureux et bienveillants, toujours prêts à trinquer à la moindre occasion avec une bonne bouteille de rhum. On y fait même un détour par Amsterdam, en plein xviie siècle, à l’heure des excommunications religieuses et des audaces picturales, en compagnie d’un jeune juif qui décide d’apprendre l’art de la peinture, contre toutes les lois de sa religion. Dans ce livre puissant et profond, Leonardo Padura rend un vibrant hommage au libre arbitre et à tous les “hérétiques” qui osent s’opposer aux dictats de leur temps ou de leur communauté. Et qui mieux que Mario Conde, plus vivant que jamais sous ses airs désabusés, pouvait nous guider parmi ces amoureux de la liberté ?
Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas


Revue de presse :

Ce qui désirait arriver

Ce qui désirait arriver

Métailié - 2016

Personne ne quitte jamais vraiment Cuba. En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude. Magie des décors qui n’ont pas besoin de description, ou si peu. Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu’ont les choses, souvent, d’arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s’effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d’êtres aimés. On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, vieille écrivaine en herbe, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désœuvrés, fonctionnaires désabusés, rêves brisés, souvenirs cuisants...
On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l’humanité qui transpire à chaque ligne, la nostalgie des vies qu’on ne vit pas, et l’art suprême de nous plonger dans une île qu’on emporte toujours avec soi.


Revue de presse :

  • « Padura est un magnifique créateur de personnages vraisemblables, complexes, qui surgissent du papier, surtout ceux qui au-delà de leurs contradictions sont d’une suprême fragilité. Mais le livre ne s’effondre pas pour autant. Les personnages évoluent dans des décors où on sait déjà la fin, parfois même le développement, mais la prose élastique et élégante de Padura nous entraîne à sa suite comme sur une piste de patinage. Les meilleurs sont ceux des années 80. Ils font tous sentir le pincement de la mélancolie. »
    El País
  • « Un narrateur d’une incontestable efficacité. »
    El Cultural

L'Homme qui aimait les chiens

L’Homme qui aimait les chiens

Métailié - 2011


En 2004, à la mort de sa femme, Iván, écrivain frustré et responsable d’un misérable cabinet vétérinaire de La Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui promenait sur la plage deux lévriers barzoï. Après quelques conversations, « l’homme qui aimait les chiens » lui fait des confidences sur Ramón Mercader, l’assassin de Trotski qu’il semble connaître intimement. Iván reconstruit les trajectoires de Lev Davidovich Bronstein, dit Trotski, et de Ramón Mercader, connu aussi comme Jacques Mornard, la façon dont ils sont devenus les acteurs de l’un des crimes les plus révélateurs du XXe siècle. A partir de l’exil de l’un et l’enfance de l’autre, de la Révolution russe à la Guerre d’Espagne, il suit ces deux itinéraires jusqu’à leur rencontre dramatique à Mexico. Ces deux histoires prennent tout leur sens lorsque Ivan y projette ses aventures privées et intellectuelles dans la Cuba contemporaine. Dans une écriture puissante, Leonardo Padura, raconte, à travers ses personnages ambigus et convaincants, l’histoire des conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle ainsi que ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba. Un très grand roman cubain et universel.
Traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis et Elena Zayas


Les Brumes du passé

Les Brumes du passé

Anne-Marie Métailié - 2006

Mario Conde a quitté la police. Il gagne sa vie en achetant et en vendant des livres anciens puisque beaucoup de Cubains sont contraints de vendre leurs bibliothèques pour pouvoir manger. Ce jour d’été 2003, en entrant dans cette extraordinaire bibliothèque oubliée depuis quarante ans, ce ne sont pas des trésors de bibliophilie ou des perspectives financières alléchantes pour lui et ses amis de toujours qu’il va découvrir mais une mystérieuse voix de femme qui l’envoûtera par-delà les années et l’amènera à découvrir les bas-fonds actuels de La Havane ainsi que le passé cruel que cachent les livres. Au-delà du roman noir, Leonardo Padura écrit un beau roman mélancolique sur la perte des illusions, l’amour des livres, de la culture, et de la poésie des boléros. On reste marqué par l’atmosphère de ces brumes cubaines.
Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas


Vents de Carême

Vents de Carême

Anne-Marie Métailié - 2004

En 1989, pendant les jours étranges où commencent à souffler les vents de carême qui annoncent l’infernal printemps cubain, l’inspecteur Mario Conde rencontre une éblouissante saxophoniste, amateur de jazz.
On retrouve le cadavre d’une jeune professeur de chimie qui enseignait dans le lycée dont l’inspecteur et ses amis gardent une si grande nostalgie. Mais cette jeune femme irréprochable, bien notée professionnellement et politiquement, était en possession de marijuana.
Au cours de son enquête, Mario Conde pénètre dans un monde en pleine décomposition, où règnent l’arrivisme, le trafic d’influence, les fraudes, la drogue. Il perd une partie de ses illusions mais vit une histoire d’amour et de musique dont il ne peut imaginer le dénouement.
Ce deuxième épisode des aventures de Mario Conde marque un tournant significatif dans la maîtrise du style et des intrigues de cet auteur aujourd’hui traduit et reconnu internationalement.
Traduit de l’espagnol (Cuba) par François Gaudry