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Mon échappée

Écrit par POILVET Elouane (1ère, Lycée Jacques Cartier de Saint Malo), sujet 1. Publié en l’état.

« J’aimerais que tu m’aides à grandir. »
La tonalité de ma voix s’est quelque peu adoucie, parole sournoise, chaud murmure sous ce ciel étoilé dont le froid glacé du vent pénètre à travers mes tympans. Cette parole résonne en écho, nous oblige tous deux à assembler amoureusement nos dents, claquant et formant une mélodie abrutissante. Il fait un froid mordant cet hiver, et nous sommes pourtant dehors, emmitouflés sous une couverture, réchauffés par l’Amour que nous nous portons l’un et l’autre. L’hiver, saison glaciale et déloyale, ne glacera pas nos cœurs car l’heure est aux confidences annonçant l’ouverture d’un organe vital et sensoriel.
Ousmane m’a rejointe sur la terrasse, animé lui aussi par une insomnie. Sommeil agité, sueurs déversées, cris étouffés, ni lui ni personne ne pouvait m’apaiser. Ce dont j’avais besoin, c’était parler. Déverser un flot de paroles discontinu sans avoir à me justifier, il lui suffirait juste de m’écouter. Il a de suite accepté car Osmane est un homme attentionné, bel athlète d’une trentaine d’années et futur père de mon bébé. _ Ces derniers temps il est aux petits soins sachant que je porte sa progéniture, un petit embryon qui ne cesse de croître en moi, et dont je sens chaque jour davantage le poids. Certes, je suis une femme comblée et pourtant l’endormissement m’est insurmontable. Je vis dans une société où je me dois d’être heureuse mais plus mon enfant prend vie, plus je me ressasse le passé et me soucie de l’avenir.
Alors que la majorité des êtres ferme les yeux et s’abandonne au sommeil, des questions viennent me chatouiller l’esprit, des images me hanter, des bribes de phrases me rémémorer qu’il faut s’attarder sur des faits communs pour en distinguer l’universalité. Mes nuits ne sont plus qu’une tornade inépuisable, tournoyant continuellement, meurtrière créatrice et perfide dévastatrice. Pour ne pas affoler ma moitié, je m’éfforcais de garder cette tornade à l’abri de sa silhouette. Mais en cette nuit à la fraicheur vivifiante, je n’ai pu le protéger, comme si les frissons parcourant mon corps venaient déclencher les verrous de mon esprit. Encouragée par ces courants d’air glacés, je me suis mise à tout lui avouer, et maintenant que ma dernière phrase est achevée, je commence déjà à le regretter.
Mon mari a retiré sa main enlaçant la mienne, et se ronge désormais la paume de la sienne. Qui est réellement cette femme qu’il s’apprête à épouser ? Celle qui va bientôt procréer, et lui demande de l’aider à grandir. Ousmane n’a pas besoin d’une femme-enfant à ses côtés, il veut une créature mûre qui offrira un bon avenir à son bébé et s’occupera de son foyer. Je lis dans ses yeux l’inquiétude que je ne sois pas celle dont il s’était faite idée avec un lourd passé jamais révélé. Une enfance amère tandis que la sienne était plutôt sucrée, des secrets de famille inavoués, une personnalité maquillée... En lui avouant être prisonnière de mon passé, je lui confiais en réalité ma différence, et lui offrais la clé de la prison des pensées dans laquelle je suis depuis trop longtemps enfermée. Ses yeux pourtant, trahissent un amour véritable, un sentiment puissant que l’on ne rencontre qu’une seule fois dans sa vie et promettant éternité après un simple échange de ces quatre billes occulaires aux multiples dégradés.
« Je suis éperdument amoureux de toi Serena, et nous pouvons surmonter cela. Tes angoisses, ta peur de ne pas être à la hauteur, celle du Monde autour de toi. Je suis convaincu que tu feras une maman irréprochable, et que nous transmettrons de grandes valeurs à notre enfant. D’ailleurs nous n’avons jamais parlé de ces valeurs, et j’attendais que tu m’ouvres ton cœur. Je ne connaissais pas cette facette de ta personnalité, cette grande sensibilité qui t’amène cette nuit à te confier. Je suis touché et honoré que tu puisses mettre des mots sur tes maux. Je te propose une chose, une seule, et tu auras toute la nuit pour y songer.
– La femme est une fleur dont chaque pétale mérite d’être exploré. Ousmane, tu as entre les mains le sépale de cette fleur, mais tu n’as pas encore observé à la loupe, chacune de ses pétales. Nous avons toute la vie pour cela. Je t’écoute, dis moi.
– Il faut que tu te libères de tes préjugés. Je sais que ton éducation t’a socialisée de façon à créer un bon petit français, défenseur de sa patrie mais tout est allé trop loin. Ta famille t’a transmise des valeurs que nous ne pouvons divulguer tant elles sont détestables. Aujourd’hui tu les as clairement offensés en me choisissant. Mais peu importe, demain nous partirons. Il suffit que tu me donnes ton accord, et nous quittons ta zone de confort.
– Mais... où allons nous ?
Je bégaie et angoisse à l’idée de quitter ma bulle déraisonnable de confort alors que d’autres n’ont même pas de paroi pour se protéger du froid.
– Dis moi simplement oui ou non. L’endroit n’est qu’un détail. »
Ousmane sait combien je déteste l’imprévu et redoute les voyages. Partir, fuir, jamais je n’en ai eu l’occasion. Mon père et ma mère m’affirmaient qu’il n’y avait pas de plus beau pays que la France, que les français étaient éduqués et qu’il ne fallait pas s’aventurer en terre inconnue, sale et méprisable. Une couleur de peau différentielle les faisait se méfier, ils me prenaient par la manche et me demandaient de m’éloigner. On ne sait jamais, ce jeune homme maghrébin, pourrait nous voler. Pourtant, aujourd’hui, l’homme avec qui je suis fiancée m’a tellement donné. Il ne m’a rien pris, non. Il m’a tout appris.
Pourtant, aujourd’hui, je ne vois plus mes parents. Je devrais certainement être détachée de tous ces préjugés car oui, je les ai profondément outrés en promettant ma main à un homme dont le métissage résultait d’une union franco-marocaine.
Pourtant, aujourd’hui, je sens dans la rue une menace lorsque je marche et que l’on vient à me coller d’un peu trop près, qu’on me demande un renseignement, ou qu’une personne regarde avec insistance mon sac dans le métro. Oui, je me suis mise à avoir peur des gens et ce, selon des critères précis, notamment liés au physique.
J’aimerais abolir ces lois qui me condamnent à avoir perpétuellement peur, à ne pas m’ouvrir aux autres. Au lieu de me conter des histoires, ma mère m’inculquait chaque soir une moralité. Ces apprentissages m’ont obligé à voir le mal partout, car _ « L’Homme est un loup pour l’Homme ». Dès mon enfance, j’ai dû très vite comprendre que le mal dominait largement le bien. Dès lors, j’ai appris à me méfier. _ Me méfier de tout, de lui, d’elle, de vous.
L’univers familial est donc déterminant et je ne veux pas que mon enfant soit élevé dans la peur de l’autre.
Nous refermons la porte du balcon, quittant le bruit des voitures glissant sur le macadam et les volutes de fumée dégagées par ces engins pollueurs. Ousmane n’a pas exigé une réponse, la nuit porte conseil, dit-on. Nous nous glissons sous les draps, couvrant la sensualité de nos échanges, et le sommeil vient évanouir mes pensées. En m’endormant, je ne sais si oui ou non, je partirai.
Le lendemain matin, ce n’est ni le vrombissement des voitures ni la respiration de ces dernières qui me condamnent à me lever. C’est le sifflement d’Ousmane et l’odeur entêtante du café, J’ouvre les yeux sans aucune précaution, et la lumière du jour, aveuglante, me rappelle mon idée. Je me lève soudainement, en un mouvement brusque et incohérent, si bien que je trébuche. Ma tête tourne comme une planète, de petites formes étoilées viennent colorer ce réveil matinal, mais cette prétendue galaxie ne m’empêchera pas d’aller droit au but. Comme un animal sortant du ventre de la femelle, maladroit et assoifé de découvrir le Monde dans lequel il est né, je vacille jusqu’à la cuisine.
« Oui. Partons. »
Ce n’est plus le même visage inquiet, dessiné après avoir entendu mon vœu de grandir. Celui-ci est illuminé. Ousmane pose ses lèvres sur les miennes, saveur caféinée, et goûte à la blancheur de mes dents. Il saisit son ordinateur portable, sa carte de crédit, passe un coup de téléphone, et le tour est joué. Il m’affirme que notre vol est dans exactement cinq heures, et qu’il est temps de boucler nos valises pour notre échappée.
Cinq heures, comme cela passe vite, cinq heures. J’ai l’incroyable sensation de laisser une partie de moi à Paris, ne sachant pourtant pas combien un voyage a l’indéniable pouvoir de transformer quelqu’un. Plus l’heure fatidique approche, quatorze heures, plus je sens l’excitation monter en moi. Je jubile, semblable à une fillette s’apprêtant à déballer ces indénombrables cadeaux le matin de Noël. Je ne suis qu’une enfant au fond, une enfant de trente ans, qui cherche des réponses pour
pouvoir évoluer. Les enfants s’inspirent des plus grands et se forment à partir des acquis de leurs proches. Il y a des petites âmes perdues dont les acquis ont été mal transmis, et ceux-ci doivent se résoudre à réapprendre la vie.
Midi. Nous voilà à présent dans l’aéroport où les voyageurs se quittent ou se retrouvent, occupent le temps avec leurs téléphones portables, les magazines achetés précédemment, soupirent du retard de l’avion, passent des appels. Nous sommes au milieu de cette fourmilière humaine, et je me sens infiniment petite. Les fourmis portent de lourds fardeaux à roulettes tandis qu’Ousmane porte mes valises, galanterie suprême dont je lui suis fort reconnaissante. A cet instant, j’aimerais que Maman soit là pour qu’elle souffle avec mépris sur ce préjugé qui dit que « les arabes sont tous machistes ». Après avoir enregistré les billets, nous patientons quelques temps en mâchant mécaniquement la nourriture insipide de la seule enseigne alimentaire de l’aéroport. Puis enfin, une voix libératrice vient annoncer le vol de quatorze heures, notre envolée. Je vais enfin connaître sur quel sol je poserai le pied, à notre arrivée. Je bénis cette voix qui met fin à cette interminable attente.
« Les passagers du vol de l’Airbus A330 à destination de Marrakech-Ménara, sont priés d’embarquer »
Est-ce raisonnable d’aller dans un pays musulman avec les attentats récemment perpétrés ? La misère ne va-t-elle pas me conduire à la haine de ma personnalité, éternellement insatisfaite ? N’y-a- t-il pas des otages ? Comment doit se comporter une femme française, est-elle obligée de se couvrir la tête, les bras, les jambes, le corps entier ? Vais-je rencontrer ta famille restée au pays ? Ai-je une place parmi celle-ci ? Sont autant de questions qui m’obnubilent à présent mais que je me résous à ne pas poser désinvoltement à Ousmane.
L’avion plane dans les fleurs de coton, il les transperce et les disperse. Je suis émerveillée de voler dans un objet de plusieurs tonnes, et angoissée d’y être confinée. Je décide de m’abandonner au sommeil pour une fois de plus, faire taire mes pensées. Cette solution est facile et lorsque j’y parviens, très curative.
Ousmane me secoue doucement l’épaule.
« Serena, nous sommes arrivés. »
Je me sens soulagée et n’ai qu’une hâte, sortir m’aérer.
En inspirant une grande goulée d’air, une senteur épicée, délicieusement parfumée, vient caresser ma trachée. Un paysage tropical enchante ma vue : des palmiers çà et là, un ciel crépusculaire bariolé, des taxis jaunis. Nous nous dirigeons vers l’un d’eux, et un sourire gratifiant nous accueille chaleureusement. Voilà, j’y suis, je ne peux plus faire machine arrière. Pour combien de temps ? Je ne sais pas. Où allons nous être logés ? Je n’en ai pas la moindre idée. Nous partons à l’aventure, Ousmane est mon guide et je suis prête à le suivre aveuglément.
Je questionne mon tendre époux sur le nom de notre hôtel, et me comporte de façon odieuse et déplacée, exigeant un minimum de trois étoiles. Toujours des étoiles. Partout des étoiles. Dans le ciel insomniaque, au brusque réveil, sur la devanture des bâtiments, les motifs des jeux d’argent et même les vêtements. Ces étoiles qui ont coûté injustement la vie à des millions de personnes qui la portaient sur le cœur. Je n’ai qu’un rire rauque en guise de réponse, son grave et enivrant.
Le chauffeur s’arrête et échange quelques paroles avec son passager masculin. Quelques dirhams sont déposés au creux de la main du conducteur, qui nous regarde à présent avec une gratitude sans précédent. Je suis gênée, pour moi ces quelques pièces de monnaie représentent peu. La valeur de l’argent, voilà une chose que nous devrions transmettre de façon juste à notre enfant. Mais cette valeur n’est pas la même aux quatre coins du globe, et le fait d’être riche peut être défini de nombreuses façons. Il y a la richesse matérielle, la richesse intellectuelle, la richesse du partage. Il y a tant de richesses qui varient selon les pays, la culture de ceux-ci. Je suis prête à découvrir celle du Maroc en explorant le degré de sa royauté. La Nature semble reine ici, et il me tarde que le jour se lève pour pouvoir contempler cette beauté sans pareille. La nuit nous enveloppe. Guettée par la lune, je suis mon fiancé qui d’un pas sûr se dirige vers une maison colorée.
Des chants, rires d’enfants, odeurs culinaires, parviennent jusqu’à nous. Je n’ai plus besoin de la lune ni d’Ousmane pour m’éclairer. Je marche d’un pas sûr sans savoir où cela me mènera. Parodoxal.
Je distingue une silhouette sous le porche de la maisonnette, faiblement illuminée par une bougie. Cette silhouette aux formes généreuses se met à crier à l’homme qui me devance à présent, accourant pour s’étouffer de l’Amour de cette ombre voluptueuse. La femme se met à pleurer, de joie, de soulagement, d’une tristesse inavouée rongée par le manque. Ousmane me présente sa Maman, celle-ci m’embrasse les deux joues, et ne manque par de m’étouffer moi aussi de son Amour, par une accolade prolongée. Elle me dit que mon futur époux est « son bébé » qu’il est « de retour, son grand et beau bébé ». Je suis touchée, émue jusqu’aux larmes, qu’une femme puisse aimer à ce point, malgré la distance, les choix de son fils, l’éloignement des traditions. Elle ne lui a pas tourné le dos, l’a attendu sagement, sachant qu’il reviendrait. On finit toujours par revenir à ses racines, là où la minime plantation a pris la forme d’un arbre.
Nous passons la soirée à boire du thé, piocher dans les multiples plats, allumer de l’encens, régalant tout nos sens. Nous sommes une quinzaine réunie autour d’une table, à même le sol, chacun jouissant de ce festin et par-dessus tout d’être là. Les proches d’Ousmane ne cessent de remercier Dieu de les avoir réunis, je ferme les yeux pour prier avec eux. Le silence est beau, le silence est grand. Mais la barrière de la langue ne nous empêche pas de dialoguer pour autant. Ousmane assure le rôle de traducteur. Cependant, nous n’avons presque pas besoin de paroles, les gestes parlent, les regards, les caresses suffisent. Je suis déjà un membre de leur famille, acceptée telle que je suis.
Au début ma réticence d’être touchée les a offensés, notamment Djamila qui a remarqué le fait que je mettais une certaine distance lors de notre premier corps à corps. Je suis une femme peu tactile, méfiante, et peux paraître arrogante. Peu à peu j’ai accepté d’être apprivoisée, lionceau orphelin que l’on bercerait, différent, mais jamais rejeté. Au contraire, durant toute la soirée le retour d’Ousmane a très vite été balayé, deux ans ce n’était rien après tout, il fallait pardonner. Le fait qu’il ait ramené une demoiselle à ses côtés a facilité la réconciliation, curieux d’en apprendre sur moi comme j’étais avide d’en savoir un peu plus sur chacun d’entre eux. Hommes, femmes, enfants, adolescents, vieillards m’ont chouchoutée. « La princesse » m’appelaient-ils en me touchant les cheveux, obsédés par la douceur de ma peau.
Nous sommes supris par le lever du soleil, balle brûlante aux couleurs orangées et nuancées. Nous constatons déjà le petit matin, alors que la fatigue ne nous a même pas appelés. La nuit enchanteresse nous a laissés ce moment particulier comme si elle avait désactivé le mécanisme humain réclamant quelques heures de sommeil.
Hors de question de dormir une fois le jour levé, les femmes m’entrainent avec elles au marché. Choc culturel, échanges irréels où cohabitent les bêtes et les hommes. J’ai l’impression de danser dans un brouhaha plaisant, mes yeux s’inspirant partout où ils le peuvent, mon sourire s’attardant sur les petits minois qui me regardent étrangement. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus peur avec ces femmes, elles semblent apaiser ma peur du vide, ma peur de la différence. Un homme qui s’approche un peu trop de moi ne veut pas forcément explorer ce qui est caché par mon revêtement. Il veut simplement me faire découvrir sa richesse à lui, il veut me faire grandir lui aussi.
Nous restons quelques jours, une semaine, peut être des mois, sur cette terre chaude et aride refroidie par les larmes des aurevoirs. J’ai oublié la notion du temps. Paris m’avait manqué pour son architecture, ses viennoiseries, sa grande carrure de la Tour Eiffel. Paris m’avait manqué, je dois le confesser. Mais je me suis rendue compte d’une chose : la population de cette ville, grande dame romantique, doit évoluer pour avancer. Les regards réprobateurs, les crachas et insultes noyant ceux qui sont différents, les intolérants, les manipulateurs... Tout cela doit cesser. Il faut s’échapper, voyager, se lancer dans cette grande envolée. Les autres ont tellement à nous apprendre. Qu’ils soient petits, grands, ronds, maigres, blancs, noirs, jaunes, musulmans, chrétiens, juifs, chétifs, créatifs, j’ai appris que l’autre se trouve à travers tous et qu’un regard, seulement un regard, suffit à le conforter dans l’idée qu’il est quelqu’un.
Désormais, je suis prête à ce que l’on m’appelle Maman.

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