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NORDDAHL Eiríkur Örn

Islande

Heimska. La stupidité (Métailié, 2017)

©Philippe Matsas

Traducteur, poète et romancier islandais, Eiríkur Örn Norddahl a fait une entrée remarquée en France en 2015 avec Illska. Le mal, un roman coup de point à la fois écrit politique, historique, romanesque sur le chaos européen et l’infinie solitude humaine, consacré par le Prix de littérature islandaise et le Book Merchant’s Prize lors de sa sortie en langue originale en 2012.

Eiríkur Örn Norđdahl est né à Reykjavik en 1978 et a grandi à Isafjordur où il réside encore aujourd’hui.
Il commence à écrire en 2002 et a publié depuis six recueils de poésie, 6 romans et deux collections d’essais ainsi que des chroniques. En 2004, il est l’un des membres fondateurs du collectif poétique d’avant-garde Nyhil — dissout en 2011 —, un mouvement de poésie expérimentale et performative. Il obtient d’ailleurs une mention Honorable au Zebra Poetry Film Festival de Berlin en 2010 pour son animation poétique, Höpöhöpö Böks.
Il est également traducteur de l’anglais vers l’islandais d’auteurs comme Allen Ginsberg et Jo Nesbo. En 2008 il a reçu le Prix des traducteurs islandais pour sa traduction du roman de Jonathan Lethem, Les Orphelins de Brooklyn.

En 2017, il publie Heimska. La stupidité (traduit par Éric Boury) chez Metailié, un roman plus ramassé qu’Illska mais tout aussi frappant où l’auteur décortique notre rapport à l’image dans un futur proche où le monde est constamment sous « surVeillance » et où l’intimité n’existe plus. Heimska a remporté le prix Transfuge du meilleur roman scandinave 2017.


Bibliographie

  • Heimska. La Stupidité (Métailié, 2017)
  • Illska. Le mal (Métailié, 2015)
Heimska

Heimska

Métailié - 2017

Futur proche, bienvenue dans la surVeillance : les caméras sont partout, impossible de se déconnecter. Au royaume de la transparence, tout ce qui est caché est suspect. 
Áki et Lenita viennent de se séparer et se vengent par personnes interposées en se livrant à toutes sortes d’expériences sexuelles sous l’œil attentif des webcams. Tous deux écrivains, ils achèvent chacun leur roman. Un roman unique. Qui fera date. 
À Isafjördur, le soleil de minuit commence à pâlir et les mystérieuses coupures d’électricité se multiplient, privant les habitants des joies du voyeurisme ; un groupe d’étudiants en arts squatte une ancienne usine de crevettes en cultivant des projets louches ; les autorités sévissent, pas toujours raisonnable"
Dystopie contemporaine, Heimska est une satire vibrante de notre addiction à la vie des autres, de notre obsession de la transparence, de notre vanité sans bornes. Norðdahl passe le monde à la moulinette : l’art, l’amour et la politique sont autant d’illusions narcissiques qu’il convient de déboulonner avec une joie féroce.

Traduit de l’islandais par Éric Boury


Revue de presse

  • “Norddhal mène son affaire avec une cruauté triste, les accents prophétiques (et politiques) d’un romancier pur." (Livres Hebdo)
  • “Révélant, dans une économie de mots et une rythmique syntaxique implacable, la dérive des naufragés de la vie, le vide des eistences, la douleur sourde des êtres. Une façon magistrale de raconter la vie.” (Myriam Perfett, Marianne)
  • “Peu de chances de dénicher ailleurs l’alliage tragico-comique et la prestesse de narration caractérisant son style. les romans de Norddahl procurent cette forme pure de griserie, la plus proche de la lettre comme s’il s’agissait d’un mot-valise : le gris allié à la rêverie.”(Macha Séry, Le Monde des livres)
Illska

Illska

Métailié - 2015

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet. Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor. Dans un jeu vertigineux, Norđdahl interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec une étonnante maîtrise de la narration. Illska est un livre surprenant et immense écrit par un homme jeune, mais appelé à devenir un grand, sans doute un très grand écrivain.

Traduit de l’islandais par Éric Boury


Revue de presse

  • "La qualité littéraire de cet ouvrage est indéniable – vivant, fort, intense, époustouflant, dérangeant, comme une plongée dans la complexité de l’humanité. Une mise en garde saisissante sur ces phénomènes, la rapidité de propagation à partir de l’étincelle de la peur de ce qu’on redoute, car « le monstre caché dans le placard ou sous le lit n’a nul besoin d’exister pour vous mordre »." (L’Express)
  • "Eirikur Örn Norddahl n’est pas tendre avec l’Islande, la défense de la langue, les mythes anciens qui nourrissent les idées nationalistes, la fierté d’un petit pays qui se sent coupé du monde. La complexité romanesque appréhende parfaitement une réalité qui se disloque sans jamais perdre le lecteur, captivé d’un bout à l’autre par cet objet littéraire éminemment politique et ambitieux. » (l’Humanité)