Un après-midi à l’auditorium, dimanche 4 juin dès 14h autour de l’appel de Patrick Chamoiseau

Réécoutez l’après-midi Frères Migrants

L’APPEL DE PATRICK CHAMOISEAU
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Un après-midi ne sera pas de trop, pour en débattre : c’est la fin de notre monde qui est ici en jeu… Isabelle Fruleux, en ouverture, dira Frères migrants, le superbe texte de Patrick Chamoiseau.

Nous multiplions les frontières

À l’universalité théorique du droit à l’asile, à l’obligation de l’hospitalité, répondent aujourd’hui la prolifération des définitions, autrement dit des barrières, jusqu’à « l’entre-deux monde » des camps : réfugiés, exilés, migrants, clandestins… la liste est longue. Conflits, replis, ouverture – la question des frontières devient centrale pour la définition d’un espace politique possible.
Avec : Patrick Chamoiseau qui publie Frères Migrants, Michel Agier, auteur de Définir les Réfugiés (Puf) et Les migrants et nous (CNRS) qui souligne comme le défi que représente la mobilité des humains multiplie les situations de frontières, nationales, ethniques, religieuses, linguistiques, sociales, culturelles, Fabienne Brugère, qui s’interroge sur La Fin de l’hospitalité (Flammarion) ; Jean Viard, qui dans son essai Quand la Méditerranée nous submerge (L’Aube) veut repenser la France et ses identités multiples, prône une ouverture vers l’Afrique.

Qu’est-ce qu’un être humain ?

De berceau de civilisation, la Méditerranée est devenue un cimetière marin – mais qu’est-ce qui meurt, de nous, avec ces malheureux ? Ailleurs, nous multiplions les camps. Mais qu’est-ce que nous nous enfermons de nous-mêmes, ce faisant ? Rester « entre soi » ? Mais que reste-t-il alors de ce « soi » ? Qu’est-ce que cela veut encore dire pour nous, d’être humain ? Qu’est-ce qu’un être humain ? Il y a un imaginaire de l’être ensemble à refonder. Avec Patrick Chamoiseau, Edgar Morin, dont toute la pensée tend vers la définition des contours d’un nouvel humanisme, Raphaël Glucksmann, qui après un séjour à Calais a publié un texte fort, dans Médiapart sur la faillite de l’idéal républicain : De quoi Calais est-il le nom ?, Shumona Sinha a été interprète auprès de l’Ofpra, chargé de gérer les demandes d’asiles politiques, dans Assommons les pauvres !, elle dressait un constat sans complaisance et publie Apatrides (Éditions de L’Olivier), Raphaël Krafft avec Passeur (Buchet-Chastel) qui, en racontant l’ascension du col de Fenestre pour aider des réfugiés à atteindre la France, met en exergue l’absurdité des lignes imaginaires dans un document profondément humain.

La permanence, un grand film d’Alice Diop

« Je n’ai pas voulu faire un film militant qui dénoncerait quoi que ce soit, mais un film qui assigne une place au spectateur, l’invite à regarder ces hommes comme on a rarement l’occasion de les voir. » précise Alice Diop (Télérama) La Permanence (2016) a bouleversé le public du Cinéma du réel : à l’hôpital Avicenne, la réalisatrice a filmé pendant un an les consultations par un médecin de migrants malades, brisés par l’exil, l’expression des visages, l’entrecroisement des histoires et des voix. Un grand film, présenté par la réalisatrice.

  • Dimanche 15h45, Auditorium

"Ceux du large"

Un beau poème d’Ananda Devi (Bruno Doucey éd.) dit par Isabelle Fruleux et Ananda Devi « pour ne pas rester tête baissée, bras ballants, devant le film catastrophe qui se déroule sous nos yeux ». Rencontre avec A. Diop et P. Chamoiseau.

  • Dim. 17h15. Auditorium