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Aux vents du monde / Le XXIe siècle naît sous nos yeux #2

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Lamarela, l'ultime combat, un film de Jean-Michel-Corrillion

Écrivains, cinéastes, photographes, ils incarnent l’esprit même du festival, lui donnent son rythme, sa respiration, son esprit d’ouverture. Aux premiers écrivains-voyageurs, très vite, se sont ajoutés des cinéastes à la sensibilité proche, aux écritures de plus en plus personnelles, occupant aujourd’hui neuf salles de projection, des photographes obstinés à donner à voir le monde dans son tumulte, son chaos, et sa beauté pourtant, des dessinateurs imposant le genre du « carnet de voyage », de la « BD reportage », chaque nouvelle génération ajoutant à la diversité des regards, et des écritures.
Et ils ont fait aussitôt bon ménage avec les coureurs d’océans, travailleurs, scientifiques, tous « gens de mer » qui chaque année attirent les foules à l’École de la marine marchande, où ils décernent leur prix annuel. La mer : un continent toujours à explorer. Et à rêver. En elle se concentrent tous les désirs d’ailleurs, elle invite au voyage, elle est comme l’espace même de l’aventure littéraire. Comme elle est le lieu aujour-d’hui d’une formidable aventure scientifique. Ici, à Saint-Malo, l’esprit du voyage se conjugue avec l’appel du large…
Ils sont les étonnants voyageurs.
Merci à tous !


Étonnants voyageurs, surprenants photographes
Alain Mingan

À Saint-Malo, les photographes sont les surpre- nants voyageurs de l’intime. Car en son domaine de la littérature-monde, chère à Michel Le Bris, les photomatons du cliché ambulant ou « fauxtographes » sans talent, ne peuvent faire illusion. Portraitistes ou paysagistes du visage en situation, à l’ombre des célèbres remparts, ou à l’affût d’auteurs traçant leur « sillon » au milieu d’un flot de succès littéraires, les vrais fils spirituels de Cartier-Bresson, de Jack London, de Doisneau ou de Stevenson ont l’art chaque année de faire cohabiter littérature et photographie.

Il est là, le théâtre naturel qui s’offre à leurs yeux impatients : celui d’une ville royaume d’une littérature « aventureuse, soucieuse de le dire » incarnée par tous ses auteur(e)s, fiers de l’être. Comme être ou ne pas être devant le viseur de ces corsaires du portrait forcément décisif, sinon historique, à l’assaut d’un agenda évidemment surchargé, pour décrocher un close-up.

Pour « passer du lisible au visible » en approchant au plus près le regard pénétrant d’un écrivain déjà célèbre ou le sourire complice d’une jeune écrivaine cheveux au vent d’une notoriété ambiante. Il y a dans le dédale des rues étroites, et des destins croisés, des rencontres exceptionnelles. Portrait serré tout sourire, ou noble caricature de l’écrivain torturé, vue au grand large, plan américain, c’est déjà l’anticipation d’images incontournables pour Jean-Marie Gustave Le Clézio ou Patrick Modiano à l’occasion de leurs « Nobel » respectifs. C’est Jim Harrison, qui sur la plage face à Cézembre baignée de lumière, parle à Raphaël Gaillarde de sa fascination pour les femmes. En ce moment de folle jubilation avec l’aide de sa canne, il trace sur le sable encore mouillé un « Women » flatteur, qui le fait sourire de bonheur, sous ses moustaches légendaires (voir la photographie de Jim Harrison à la page 50). La mer a balayé depuis d’un revers de marée la trace de cette inédite déclaration d’amour. Mais c’est la photographie qui a gravé dans notre mémoire aujourd’hui numérique la beauté de l’anecdote. Comme tant d’autres images par milliers depuis vingt-cinq ans à Saint-Malo.

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