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NADAUD Alain

France

Le passage du col (Albin Michel, 2009)

Alain Nadaud
© Jean-Luc Bertini / Opale / Albin Michel

Alain Nadaud depuis sa jeunesse considère l’écriture comme une nécessité, une manière de combler un manque, chaque livre en appelant un suivant. Dans Les années mortes, son roman autobiographique Alain Nadaud s’arrête sur la naissance d’une vocation ; lors de son enfance en internat, ce désir d’écrire naît de l’insatisfaction des livres qui lui sont donnés à lire, ainsi que des lignes de copie reçues en punition, desquelles jaillissent inconsciemment ses premiers contacts avec l’écriture. Plus tard, c’est grâce à des études de lettres qu’il aborde de nouveau l’écriture, puis pendant de nombreuses années par le biais de l’enseignement. Cette vocation s’accompagne dès les prémices de sa carrière du désir de voyage. Après avoir enseigné à Nouakchott en Mauritanie, puis à Bassora en Irak, il devient conseiller pédagogique pour l’enseignement du français au Kwara State (Nigéria).
Cette première époque à l’étranger se clôture et il devient professeur de philosophie en France jusqu’en 1985 puis rentre comme conseiller littéraire chez Denoël. En parallèle, il publie son premier roman, Archéologie du zéro. Sur fond de fouilles archéologiques, avec la découverte à Alexandrie d’une crypte inexplorée contenant les manuscrits d’une secte des adorateurs du zéro, ce roman va être l’occasion du déploiement d’une véritable philosophie sur la conception du néant. A plusieurs reprise au long de son parcours littéraire, l’écriture d’Alain Nadaud est qualifiée de "roman trompe l’œil", ou de "roman d’une idée" et sera rapprochée d’une poétique comparable à celle de l’écrivain Jorge Luis Borges dont l’œuvre renferme elle aussi en arrière plan les formes d’une réflexion d’ordre philosophique.
À partir de cette époque, l’activité professionnelle d’Alain Nadaud sera partagée entre le travail dans plusieurs maisons d’éditions - Ramsay, puis Balland et Belfond - et de nombreuses collaborations dans des revues littéraires et culturelles culminant avec la création et la direction de la revue "Quai Voltaire, revue littéraire". A partir de 1994 il s’éloigne du monde de l’édition et devient directeur du Bureau du livre dans le Service culturel de l’ambassade de France en Tunisie, puis attaché culturel au consulat général de France à Québec. Depuis 2002, Alain Nadaud est retourné vivre en Tunisie où il partage son temps entre ses activités littéraire et un atelier de verre soufflé tenu par sa compagne, cet atelier est aujourd’hui devenu un centre culturel.
La frénésie de cette activité professionnelle ne brime pas pour autant l’approfondissement de son travail d’écrivain puisqu’il publie d’autres romans comme La Mémoire d’Erostrate (1992), Auguste Fulminant (1998), La Fonte des glaces (2000) ou Le Vacillement du monde (2006), les essais Malaise dans la littérature (1993) et Aux portes des enfers (2004), et le récit Les années mortes (2004). Alain Nadaud souligne dans son site web l’étroite cohérence, la continuité qui unit chacune de ses œuvres dans une réflexion d’ensemble plus large, un questionnement d’ordre littéraire et métaphysique qu’il qualifie d’idée d’"architexture" : "Sous ce titre, je me propose de mettre au jour l’"architecture" secrète qui relierait tous les textes que j’ai publiés. Si l’on y prête attention, celle-ci formerait comme une trame, un texte second, une "texture" invisible, et donc presque un autre récit qui retracerait en sous-main, de livre en livre, et sans même que je m’en sois rendu compte sur le moment, une sorte d’itinéraire. Avec le recul, ce n’est qu’à présent que j’aurais la possibilité de rendre ce trajet à la fois apparent et lisible."
Cette identité, cet "itinéraire" littéraire s’est, ces dernières années, enrichi de nouvelles parutions avec en 2007 Si Dieu existe, une biographie déguisée de la figure de Saint Antelme d’Aoste (1033-1109), archevêque de Cantorbéry et théologien connu pour avoir voulu démontrer l’existence de Dieu d’après la seul existence du concept, de la pensée de Dieu. Son dernier ouvrage, Le passage du col, se présente sous la forme d’un récit de voyage où l’auteur se met lui même en scène à la frontière entre la Chine et le Népal, immergé dans le quotidien d’un monastère tibétain sous occupation chinoise. Ce décor puisé dans l’actualité rompt avec le caractère généralement historique et le plus souvent antique des romans d’Alain Nadaud, permettant ainsi à cet auteur voyageur la découverte de nouveaux espaces.


Liens :

Le site d’Alain Nadaud


Bibliographie

  • Le passage du col (Albin Michel, 2009)
  • Si Dieu existe
(Albin Michel, 2007)
  • Le vacillement du monde (Actes Sud, 2006)
  • Aux portes des Enfers (Actes Sud, 2004)
  • Les années mortes (Grasset, 2004)
  • La fonte des glaces (Grasset, 2000)
  • Une aventure sentimentale (Verticales, 1999)
  • Auguste fulminant (Grasset, 1997,
Rééd. Le Livre de poche, 1999)
  • Petit catalogue des nations barbares, avec des gravures de Dominique Médard et des pâtes de verre de Sadika
(Editions l’Or du Temps, 1999)
  • Le livre des malédictions (Grasset, 1995)
  • La mémoire d’Erostrate (Editions du Seuil, 1992)
  • Ivre de livres (Editions Balland, 1989)
  • Désert physique (Denoël, 1987)

  • Voyage au pays des bords du gouffre (Denoël, 1986)
    - L’envers du temps (Denoël, 1985)
  • L’armoire de bibliothèque, avec des aquarelles de Daniel Nadaud (Grande Nature, 1985)
  • Archéologie du zéro (Denoël, 1984, réédition en poche Folio-Gallimard 1989)
  • Le maître du temps,iIllustrations de Philippe Davaine
(La Farandole, 1981)
  • La tache aveugle (Les Editeurs Français Réunis, 1980)
  • Contes nigerians (Hatier, 1979)
  • La Soif (Ed. Pierre-Jean OSWALD, 1976)

Argumentaire du Passage du col

Au cours d’un voyage au Tibet, un écrivain fait la rencontre de deux lamas qui l’invitent à séjourner dans leur monastère afin de témoigner des difficultés qu’éprouve leur communauté sous occupation chinoise. S’ensuit une longue marche à travers les montagnes, vécue comme une ascèse, qui culminera par l’ascension d’un col de haute altitude, frontière autant géographique que psychologique. Tout au long du trajet, le narrateur est, à intervalles réguliers, assailli de rêves à la fois étranges et familiers, qui le transportent en de multiples époques et en différents endroits. L’un des lamas lui révèle qu’il arrive que certains rêves se présentent comme la résurgence, le lointain souvenir d’existences antérieures. Parvenu au monastère de Philong Ta, le narrateur partage la vie des lamas. Sous la conduite de l’un d’eux, il s’exerce à la méditation et, en particulier, à l’art de remonter le cours de sa propre existence, et ce jusqu’à déboucher sur ces vies antérieures dont il croyait avoir perdu la mémoire. Ses rêves, désormais, ont tous un lien avec certains romans qu’il a déjà publiés. Si bien qu’à l’instant d’être exécuté, après avoir participé à une rixe sanglante contre les autorités chinoises, il n’est plus capable de déterminer si le dramatique épisode qu’il est en train de vivre appartient à la réalité, à l’une de ses existences antérieures dont il serait en train de se souvenir par le moyen du rêve, ou ne constitue pas la matière du dernier chapitre du roman qu’il est en train d’écrire...

Le passage du col

Albin Michel - 2009

Au cours d’un voyage au Tibet, un écrivain fait la rencontre de deux lamas qui l’invitent à séjourner dans leur monastère afin de témoigner des difficultés qu’éprouve leur communauté sous occupation chinoise. S’ensuit une longue marche à travers les montagnes, vécue comme une ascèse, qui culminera par l’ascension d’un col de haute altitude, frontière autant géographique que psychologique. Tout au long du trajet, le narrateur est, à intervalles réguliers, assailli de rêves à la fois étranges et familiers, qui le transportent en de multiples époques et en différents endroits. L’un des lamas lui révèle qu’il arrive que certains rêves se présentent comme la résurgence, le lointain souvenir d’existences antérieures. Parvenu au monastère de Philong Ta, le narrateur partage la vie des lamas. Sous la conduite de l’un d’eux, il s’exerce à la méditation et, en particulier, à l’art de remonter le cours de sa propre existence, et ce jusqu’à déboucher sur ces vies antérieures dont il croyait avoir perdu la mémoire. Ses rêves, désormais, ont tous un lien avec certains romans qu’il a déjà publiés. Si bien qu’à l’instant d’être exécuté, après avoir participé à une rixe sanglante contre les autorités chinoises, il n’est plus capable de déterminer si le dramatique épisode qu’il est en train de vivre appartient à la réalité, à l’une de ses existences antérieures dont il serait en train de se souvenir par le moyen du rêve, ou ne constitue pas la matière du dernier chapitre du roman qu’il est en train d’écrire...

Quand le réel devient fiction

Saint-Malo 2009

Un débat passionnant autour des liens qui unissent le réel et la fiction en compagnie de Christian Garcin, auteur de La piste Mongole qui fait se chevaucher les réalités, Alain Nadaud, auteur du Passage du col où il se perd en ses rêves de vies antérieures, Craig Johnson qui avec Little Bird ravive la flamme du polar en terre indienne et Dai Sijie qui offre avec L’acrobatie aérienne de Confucius un conte rocambolesque dans lequel l’Empereur de Chine perd son identité.

Samedi : 16h30 - Quand le réel devient fiction
Christian Garcin, Craig Johnson, Alain Nadaud, Dai Sijie. Animé par Hubert Artus