Tordre la langue française ?

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« Au long terme, ce qu’on veut, ce qu’on veut obtenir, c’est de creuser dans le français universel un petit trou, un petit univers, dans lequel on est chez soi et on est à l’aise, dans lequel on puisse exprimer toutes les réalités africaines, tous les sentiments des personnages africains » écrit fortement Kourouma : « Cet univers, tout en nous éloignant du français universel, enrichit ce français universel. Dans cet univers, le français sera malmené, écorché. C’est bien fait pour le français universel, il l’aura bien mérité. On ne subjugue pas, ne viole pas innocemment tant de peuples dans l’univers en continuant à rester jaloux de sa virginité – à conserver sa virginité. » On ne peut mieux dire l’apport des lettres africaines dans ce vaste ensemble que nous appelons de nos voeux, où toutes littératures d’expression française, sans domination d’aucune d’elles, entreraient en dialogue. Mais ce rapport à la langue n’est-il pas, aussi, celui de tout écrivain, sans considération d’origine ?
Avec : Janis Otsiemi, Libar Fofana, Michel Le Bris, Mohammed El Amraoui, Jean-Michel Djian

Palais de la Culture : Samedi 27 novembre à 11h15