Fictionner le monde : de l’urgence de se raconter des histoires

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Pourquoi, depuis toujours, en tous lieux, dans toutes les cultures, nous racontons-nous des histoires ? Récits, romans, contes, légendes, nous naissons dans le bruissement de mille histoires, par elles, nous habitons
le monde, elles nous sont tout à la fois notre demeure, et un chemin vers le dehors. Elles ne sont pas vraies, pourtant, ces histoires, réductibles à un « message » ou une « information » — pas plus d’ailleurs qu’elles sont « fausses, mensonges, puissance de tromperie ». Ni vraie, ni fausses : elles disent quelque chose de nous-même et du monde quelque chose qui ne peut pas être dit autrement. Et jamais peut-être elles ne sont plus vitales, nécessaires, urgentes, que lorsqu’un monde bascule, qui jusque-là était le nôtre, et que vient un autre, dont nous ne savons rien. Dire l’inconnu du monde qui vient, lui donner un visage, un langage : tel est peut-être le privilège et la responsabilité des artistes, des écrivains, des raconteurs d’histoires. Puisque nous fictionnons le monde, pour pouvoir l’habiter…
Avec : Martin Page, Michel Le Bris, Alain Mabanckou, Léonora Miano, Olivier Bleys

Palais de la Culture : Dimanche 28 novembre 15h30