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LAMARCHE Caroline

Belgique

La Chienne de Naha (Gallimard, 2012)

Biographie

© Louis Monier
Caroline Lamarche

Née à Liège en 1955, Caroline Lamarche a passé son enfance et sa jeunesse en Espagne, puis en région parisienne. Après des études en Belgique, elle part en Afrique où elle enseigne le français et l’anglais, avant de revenir en Belgique. Elle a déjà publié chez Gallimard L’ours (2000), Lettres d’un pays froid (2003), Carnets d’une soumise de province (2004, Folio), Karl et Lola (2007). Caroline Lamarche vient de publier son nouveau roman, La Chienne de Naha, écrit suite à un séjour au Mexique.


Bibliographie :

  • La Chienne de Naha (Gallimard, 2012)
  • Liège-Guillemins. La gare blanche, photos de Alain Janssens (Mardaga / Eurogare, 2010)
  • Mons, photos de Marie-Françoise Plissart (Les Impressions Nouvelles, 2009)
  • La Barbière (Les Impressions Nouvelles, 2007)
  • Karl et Lola (Gallimard, 2007)
  • Carnets d’une soumise de province (Folio Gallimard, 2004)
  • Lettres du pays froid (Gallimard, 2003)
  • L’ours (Gallimard, 2000)
  • J’ai cent ans (Le Serpent à Plumes 1999, rééd. Le Rocher/Le Serpent à Plumes 2006)
  • La nuit l’après-midi (Spengler, 1995 ; Minuit, 1998)
  • Le Jour du chien (Minuit, 1996, Prix Victor Rossel)

Présentation de La chienne de Naha

spip_logo" Il y a longtemps vivait un homme, à Naha. Il vivait tout seul. Il n’avait personne. Il n’avait qu’une chienne. " Ainsi commence La chienne de Naha, roman qui emprunte son titre à un conte issu de la tradition orale de l’ethnie des Triqui, au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en scène le premier homme et la première femme, la narratrice déroule le récit d’un voyage depuis Mexico jusqu’aux confins de l’Etat d’Oaxaca. Loin des circuits rebattus, elle s’arrête à Etla, lieu d’un éden provisoire habité par d’étranges étudiants, avant de prendre la route vers Copala, coeur du pays triqui, où les balles sifflent dans la nuit. Autant d’étapes qui en recouvrent d’autres, rêvées, car voilà cinq ans qu’est morte la femme qu’elle considérait comme sa seconde mère, Lucía, figure à l’origine de ce périple. Son souvenir, la rencontre de sa fille, l’énigmatique María, l’errance qui s’ensuit, commune puis solitaire, donne lieu à des pages intenses sur l’enfance, le couple, la violence faite aux femmes et la chance d’avoir eu " deux mères ". Le défi qui consiste à entrelacer le récit du voyage vécu et celui du voyage intérieur est pris en charge par de brefs chapitres qui constituent autant de chambres d’échos. Echos de la petite enfance, d’un amour enfui, des accidents du chemin, d’une curieuse fête des morts, des êtres croisés, enfin, hommes, femmes, enfants, animaux et plantes, nuages, arbres " fraternels, soudés comme les vagues dans la mer, bercés par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d’arbres, ils poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple et agréable ". Que signifie Naha ? Personne chez les Triqui ne le sait, aucun lieu ne porte ce nom. En espagnol le mot Nada, qui ne diffère que par une lettre, signifie " Rien ". La chienne de Naha : la femme de Rien. Naha. Nada. Néant. Et ce vertige familier qui nous fait nous pencher sur les morts dans l’espoir de tirer de leur bouche muette " la phrase capable de contenir ce que je sais de l’amour, comme une coquille contient son fruit, la note parfaite sur la portée de l’existence ".

Revue de presse :

  • "Il est des romans qui sont de vraies aventures de l’écriture. Fragiles et incertains d’un côté. Résolus et prenant tous les risques de l’autre. Ils tâtonnent, donnent l’impression de ne savoir où aller mais s’avèrent bientôt déterminés dans leur progression. Ainsi du beau récit que vient de donner Caroline Lamarche avec La Chienne de Naha. Le lecteur hésite, tâtonne avec l’auteure, puis s’avise de ce qu’il est emporté par la force et la pureté de l’écriture. Tout agit : phrases brèves, formules subtiles, inflexions tremblées, réflexions tranchantes." Jacques Dubois pour Mediapart.
  • "Fêtée chez elle, à Bruxelles, Caroline Lamarche est étrangement méconnue en France, malgré d’aussi flagrantes réussites que Le Jour du chien (Minuit, 1996) ou Carnets d’une soumise de province (Gallimard, 2004), récit d’une passion masochiste où l’on ne sait bientôt plus qui domine qui, du maître si fragile et de son esclave volontaire, de la narratrice humiliée ou de son lecteur livré à la démonstration en cours. Assumée pour être interrogée par l’auteur en tant que femme, cette dimension masochiste est en filigrane l’un des moteurs de La Chienne de Naha. Au fil de son voyage au Mexique, d’étranges bouffées de souvenirs lui reviennent de l’enfance et des jeux cruels que lui proposait Maria, plus âgée qu’elle, la même Maria qui l’a invitée chez les Triqui en lui confiant la légende sur "la peau de chienne que l’on ôte et remet" dont disposait la femme, avant que l’homme ne la lui subtilise." Bertrand Leclair pour Le Monde.

La chienne de Naha

Gallimard - 2012

La chienne de Naha " Il y a longtemps vivait un homme, à Naha. Il vivait tout seul. Il n’avait personne. Il n’avait qu’une chienne. " Ainsi commence La chienne de Naha, roman qui emprunte son titre à un conte issu de la tradition orale de l’ethnie des Triqui, au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en scène le premier homme et la première femme, la narratrice déroule le récit d’un voyage depuis Mexico jusqu’aux confins de l’Etat d’Oaxaca. Loin des circuits rebattus, elle s’arrête à Etla, lieu d’un éden provisoire habité par d’étranges étudiants, avant de prendre la route vers Copala, coeur du pays triqui, où les balles sifflent dans la nuit. Autant d’étapes qui en recouvrent d’autres, rêvées, car voilà cinq ans qu’est morte la femme qu’elle considérait comme sa seconde mère, Lucía, figure à l’origine de ce périple. Son souvenir, la rencontre de sa fille, l’énigmatique María, l’errance qui s’ensuit, commune puis solitaire, donne lieu à des pages intenses sur l’enfance, le couple, la violence faite aux femmes et la chance d’avoir eu " deux mères ". Le défi qui consiste à entrelacer le récit du voyage vécu et celui du voyage intérieur est pris en charge par de brefs chapitres qui constituent autant de chambres d’échos. Echos de la petite enfance, d’un amour enfui, des accidents du chemin, d’une curieuse fête des morts, des êtres croisés, enfin, hommes, femmes, enfants, animaux et plantes, nuages, arbres " fraternels, soudés comme les vagues dans la mer, bercés par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d’arbres, ils poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple et agréable ". Que signifie Naha ? Personne chez les Triqui ne le sait, aucun lieu ne porte ce nom. En espagnol le mot Nada, qui ne diffère que par une lettre, signifie " Rien ". La chienne de Naha : la femme de Rien. Naha. Nada. Néant. Et ce vertige familier qui nous fait nous pencher sur les morts dans l’espoir de tirer de leur bouche muette " la phrase capable de contenir ce que je sais de l’amour, comme une coquille contient son fruit, la note parfaite sur la portée de l’existence ".