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Mélancolie

Nouvelle de Emeline NEANT, incipit 2, en 3ème au collège Joliot-Curie, Aubagne (13)

On frappe à la porte : des coups sourds, de plus en plus forts, donnés à coups de poing.

Voilà, se dit-il, c’est maintenant.

La porte s’ouvre sur une poignée de villageois. Les hommes trépignent, les femmes s’inquiètent et les enfants sanglotent. Le vieux maître se contente de leur sourire, totalement serein.

Lou Ho courut sur toute la longueur de la crête puis s’enfonça dans les sous bois. Les fougères lui fouettèrent les chevilles, les branches basses menacèrent plusieurs fois de le faucher dans sa course. Après plus d’une heure, il déboucha sur un sentier recouvert d’un tapis flamboyant de feuilles d’automne. Le jeune homme resta un instant sans voix devant ce fabuleux paysage, si différent de la forêt de bambous vert émeraude qui bordait son village. Il but un peu d’eau de sa gourde, claire, au goût légèrement sucré. Elle avait été puisée le matin même, auprès d’une source
montagneuse non loin de chez lui. Sa main tapota machinalement l’étui de bois qui contenait la lettre, rédigée de la main de son maître ; était-elle toujours là ? Après s’être rassuré et avoir expulsé ce doute de son esprit, il se remit en route. Ses pieds foulaient à peine le sol, entraînant dans leur sillage des petites gerbes de terre fraîche.

Déjà, la route se paraît d’un voile de brouillard grisâtre. Il fallait faire vite, ou il perdrait son chemin dans la pénombre. L’air se rafraîchissait de plus en plus, bien qu’il ne le sentit pas, sa course maintenant son corps au chaud. Il ne voyait plus les arbres devant lui et c’était à peine s’il pouvait encore apercevoir ses pieds. La forêt, si majestueuse une demi-heure auparavant, avait désormais l’allure du royaume d’Isanmi, dernier lieu de résidence des âmes des défunts. Les branches noueuses
devenaient des bras en décomposition, les feuilles mortes foulées par ses sandales avaient pris la texture d’un linceul en lambeaux. Un écureuil roux fit bouger les branches d’un arbre, et il crut que le démon Jama était venu le chercher. Son imagination, entretenue par les légendes et les vieilles superstitions de sa tribu, fonctionnait à vive allure, au détriment de sa raison. Peu lui en aurait fallu
pour qu’il aille se terrer au fond d’une grotte, à attendre une éclaircie. Cependant, la mission que lui avait confiée son maître comptait encore plus pour lui que tout le reste. Il fallait qu’il atteigne le temple de Minachenzu avant la tombée de la nuit. Reprenant un peu d’eau, il se ressaisit tant bien que mal et fila comme une flèche, suivant les pierres du chemin.

Le temple, un édifice de bois vétuste et déteint par le temps, se dressait sur une petite colline, fier de sa splendeur passée. Le silence qui l’entourait avait quelque chose de mystique ; on n’entendait même pas les oiseaux chanter. Quand Lou Ho franchit la cordelette de chanvre qui délimitait la zone bénie, un sentiment de quiétude envahit tout son être. Il était enfin arrivé ! Sans ralentir, il gravit les marches de pierre patinées par les sandales des milliers de prêtresses qui
s’étaient succédées en cette demeure. Il pénétra dans la bâtisse et s’agenouilla devant la statue du dieu, une femme à huit bras. Le jeune homme n’était que peu initié au culte de cette divinité vieille de plus de mille ans et depuis longtemps délaissée. Néanmoins, son maître lui avait inculqué les us et coutumes des religieuses qui vivaient ici. Il resta agenouillé exactement huit minutes, puis il
alluma le bâton d’encens et versa le reste d’eau de la gourde dans une vasque de cuivre aux pieds de la statue.

Une tenture bougea, créant ce qui semblait être un brouhaha dans le silence pieux de la salle de prière. Lou Ho se retourna d’un bond, ses yeux allant et venant dans chaque coin de la pièce. Une silhouette entièrement vêtue de bleu parut. La prêtresse était légèrement plus grande que lui. Il ne put voir son visage, bien à l’abri derrière le vieux voile de soie. Elle s’inclina en récitant une courte formule de politesse. Sa voix n’était ni trop aiguë, ni trop grave, agréable à écouter. Le messager en déduisit qu’elle devait être plus âgée que lui. Avant qu’il n’ait pu expliquer le motif de sa visite, la jeune femme se redressa et commença à marcher.

« La Doyenne va te recevoir dans l’Antichambre. » dit-elle en ouvrant une petite porte dérobée, qui donnait sur un cloître envahi par la verdure. Le jeune messager la suivit, perplexe, admirant malgré tout l’élégance de la démarche de la jeune femme, ainsi que la prestance qui s’en dégageait.

Craignant de paraître insolent, il détourna la tête vers les plantes majestueuses, tentant d’ignorer le doux bruissement des tuniques indigo qui cachaient le corps de la prêtresse.

Finalement, ce fut elle qui rompit le silence, posant une simple question.
« Quel est ton nom ? » demanda-t-elle sans pour autant s’arrêter. Elle ne marchait pas très vite et Lou Ho se mit à sa hauteur, quelque peu hésitant.
« Lou Ho. Puis-je savoir le vôtre ?
—Ici, je suis connue sous le nom de Iàn Mei. Et ce n’est pas la peine de me témoigner autant de respect. Tutoie-moi.
—Ah... Et.. Tu es là depuis longtemps ? Euh... Iàn Mei ?
—Je suis ici depuis que je respire. Et je t’ai peut être autorisé à me tutoyer, mais pas à utiliser mon prénom ! »

Elle accéléra le pas avec humeur, apparemment vexée. Le jeune homme la suivit sans plus rien dire, ne préférant pas jeter davantage d’huile sur le feu. Ils firent le tour du cloître et s’engagèrent dans une coursive qui semblait descendre en pente douce. Ils débouchèrent enfin sur un long couloir éclairé à la bougie. Des portes simples, peintes en azur, apparaissaient à intervalles réguliers. Au fond se dressait une porte blanche monumentale, sertie d’argent. Iàn Mei l’ouvrit d’un
simple geste qui rendit le jeune homme bouche bée. Comment pouvait-elle concentrer autant de force dans des bras si frêles ? Il n’eut pas le temps de lui poser la question. Elle s’effaça pour le faire rentrer et referma les battants derrière lui.

La pièce était étonnamment claire, illuminée par des dizaines de bougies. L’odeur d’encens prit le jeune homme à la gorge et il se retint de tousser. Les murs étaient cachés par des tentures claires, représentant des scènes de la mythologie. Le sol, quant à lui, était recouvert de paille fraîche. Le mobilier était sobre et élégant. Une table basse en acajou, une petite armoire et quelques coussins meublaient la pièce. Lou Ho prit place et attendit, fixant la porte en bois devant lui. Enfin, elle s’ouvrit, laissant apparaître une femme d’un certain âge, drapée dans plusieurs chasubles en
tissus lourds, teints en bleu nuit. Contrairement à Iàn Mei, elle avait le visage découvert. Son front haut était ridé, ainsi que les coins de sa bouche et de ses yeux. Sa peau basanée était parcheminée et portait des marques brunes par endroits, sans doute les restes d’une ancienne maladie. Peut être la lèpre. Cependant, on pouvait encore remarquer les vestiges d’une beauté ancienne, à l’image de celle du bâtiment. Ses cheveux blancs étaient noués en un chignon simple, orné d’un foulard de gaze bleue délavée et d’une broche en lapis-lazuli. Ce fut la majesté du personnage qui frappa le plus le jeune homme.

Elle s’assit dans un discret froufroutement de jupes et darda sur Lou Ho son regard de braise.
Il se sentit tout de suite mal à l’aise et sortit la lettre de son étui, avant de la lui tendre avec une petite révérence. La Doyenne s’empara du message et le déplia avec mille précautions, avant de le parcourir. Ses sourcils s’arquèrent élégamment, trahissant une apparente perplexité. Le jeune homme n’osa pas demander à la vieille dame ce qui la troublait, c’eût été inconvenant et grossier de sa part. Alors il se tut, attendant qu’on daigne bien lui adresser la parole.

Environ une demi-heure plus tard, la voix de la maîtresse du temple, voilée et abîmée par de longues heures de prières, retentit dans la pièce. Le jeune messager, qui commençait à s’assoupir, sursauta et retint un cri de surprise, peu approprié à la situation.

« As-tu lu cette lettre ? » Ses yeux étaient braqués sur Lou Ho. On aurait dit ceux d’un félin.
« Non... A vrai dire je ne sais pas lire.
—Bon... Cela ne me facilite guère la tâche... J’espère seulement que tu sauras faire preuve de calme et de discernement, mon garçon. »

Le jeune homme ne répondit pas, se contentant de se mordre la lèvre. Il sentait que la révélation de la Doyenne serait tout sauf agréable. Il ferma les yeux, s’apprêtant à recevoir la nouvelle.

« Tout d’abord, tu dois savoir que je connais ton maître depuis fort longtemps et que j’ai une dette envers lui. Je pense que le moment est venu de la payer. Toi... tu n’as pas vécu toute ta vie au village de Shì Lou. Contrairement à ce que l’on t’a fait croire, tu n’es pas né là-bas, et ta mère n’est pas morte en couches. Ton père n’est pas non plus mort de chagrin. Il est dit dans cette lettre qu’un soir d’été, il y a de cela 17 ans, une jeune femme agonisante s’est présentée au village. Elle portait un nourrisson dans ses bras... Toi, évidemment. C’est ton maître qui vous a recueillis.. Malheureusement, la femme qui t’accompagnait est morte peu de temps après. Chen Yè a décidé de
te garder et de t’élever lui-même. Il prit en charge ton éducation et te forma à l’art du Huô Gùn.Cependant... » - la doyenne marqua une courte pause - « Dans ton berceau, il a trouvé un bracelet, serti d’une amulette en os représentant Mihàtsen le Très Glorieux. Le premier roi, celui qui a mis fin aux conflits entre les tribus pour les unir sous une même bannière. Celui qui, à l’apogée de son règne, fut renversé par la conjuration de Yinmò. Ton maître a tout de suite compris qui tu étais. Et il
a aussi réalisé que si les conjurés te trouvaient, ta vie prendrait immédiatement fin. »

La vieille femme se tut, observant la réaction du jeune homme. Celui-ci avait les bras
ballants, le regard vide, anéanti. Il ne semblait plus vraiment savoir où il se trouvait. Cet état de semi-léthargie laissa soudain place à une déferlante de colère et d’agitation.

« Quoi ?! Vous voulez dire... Que je suis le fils de... D’un ROI ? Sérieusement, vous me
prenez pour le dernier des imbéciles ou quoi ? Je refuse de croire à cet espèce de... de conte pour enfants ! J’en ai assez entendu, je rentre chez moi ! » hurla-t-il en se levant violemment.

Ses yeux lançaient des éclairs et il serrait ses poings si fort que ses phalanges étaient
blanches. La vieille Doyenne se leva avec une agilité qu’il n’aurait pas soupçonnée et le toisa, imposante, malgré sa petitesse. A son tour, elle cria :

« SILENCE ! Crois-tu qu’à mon âge je n’ai pas mieux à faire ? Et n’essaye même pas de quitter ce temple, je t’en empêcherai ! Pourquoi crois-tu que ton maître t’ait tant pressé de porter ce message ? Les soldats de Yinmò ont déjà ravagé le village à l’heure qu’il est. Alors fais en sorte d’honorer leur sacrifice ! Pourquoi seront-ils morts si tu vas te jeter dans les bras de l’ennemi ? »

La déclaration de la vieille femme fit l’effet escompté sur la colère de Lou Ho ; elle retomba en un clin d’oeil, comme si on lui avait jeté un seau d’eau froide à la figure. Il se sentit soudain très mou, délesté de toute énergie. Ils avaient tout sacrifié... Ils étaient tous morts pour le sauver... Ça n’avait aucun sens ! La plupart des habitants du village n’avaient rien à voir avec lui. Pourquoi avoir voulu donner les vies de tous ces gens pour sauver la sienne ? Croyaient-ils tant que ça en sa cause ? Espéraient-ils qu’il remplace son père ? Tant de questions demeuraient sans réponses... Il cacha son
visage dans ses mains et se mit à pleurer, sans honte ni retenue. Il ne voulait pas encore admettre la fatalité de la mort. La Doyenne se leva et prit le jeune homme dans ses bras, avec la tendresse d’une grand-mère. Elle le berça comme elle put, essayant de le rassurer.

« Ici, tu seras en sécurité... » lui dit-elle, avec douceur. Peu après, elle se leva silencieusement et quitta la pièce, préférant le laisser seul. S’apitoyer sur son sort n’aurait fait qu’aggraver la peine qui alourdissait son coeur.

Lou Ho passa la semaine qui suivit dans la chambre qu’on lui avait attribuée. Elle était petite et meublée très sobrement, mais il n’y fit pas attention. Tout à son chagrin, il en oubliait le monde extérieur, prostré dans la réalité douloureuse de sa cellule. Ce fut Iàn Mei qui lui porta ses repas, auxquels il ne toucha que peu. La jeune fille si caractérielle se montra étonnamment calme et respectueuse. Qui pourrait compter le nombre de fois où le jeune homme utilisa le moindre prétexte pour décharger sa colère sur elle, pour la chasser de sa chambre à grands cris, le regard enfiévré ? Pourtant, la prêtresse ne broncha pas, acceptant d’être son souffre douleur, le temps qu’il se fasse à
la fatalité du destin. Elle resta souvent postée, debout, dans un coin de la chambre. Elle le veilla, à son insu ; sa fierté d’homme n’aurait pas admis qu’une femme puisse le regarder dans son sommeil. Les jours s’écoulèrent lentement, paraissant durer une éternité. Enfermé dans ses sombres turpitudes, il perdit totalement la notion du temps. Ses traits s’amincirent, ses yeux se cernèrent. Il négligeait son hygiène et une fine barbe parut sur la peau de son menton. Il se rongea les ongles jusqu’au sang, se griffa la peau des doigts, des mains, cherchant un échappatoire dans la douleur. Iàn
Mei, seul témoin oculaire de ce pitoyable spectacle, s’arrangeait pendant la nuit pour que les blessures du jeune homme guérissent en les enduisant régulièrement d’onguent.

Mais comme la pluie cède la place au beau temps, comme l’hiver cède la place au printemps, le moral de Lou Ho remonta doucement. Petit à petit, il recommença à se nourrir, sous le regard soulagé de la jeune femme qu’il ne pouvait pas voir. Mais bien évidemment, une fois qu’il fut remis sur pied, elle s’emmura à nouveau derrière son orgueil. Lui et elle ne vivaient pas dans le même monde. Hors de question de sympathiser, cela pourrait leur nuire.

Un jour, cependant, elle se présenta devant lui, habillée d’une chemise de lin, d’un pantalon large et de son éternel voile. Elle avait chargé deux bâtons sur son dos.

« Lève-toi et dépêche-toi de me suivre. Ta convalescence a assez duré. »

Lou Ho la regarda, perplexe, tandis qu’ils sortaient de la chambre.

« Où va-t-on ?
—Tais-toi. Contente-toi de me suivre. » dit-elle, autoritaire. Ils cheminèrent jusqu’au cloître. Là, elles’arrêta, et d’un geste fulgurant, elle envoya un bâton en direction du jeune homme, qui le reçut enplein ventre.
« Aïe ! Mais qu’est-ce qui te prends ?! A quoi est-ce que ça rime ? »
La jeune femme se saisit de l’autre arme et se mit en position de garde.
« Attaque-moi.
—Quoi ? Tu es devenue complètement folle !
—Je t’ai dit de m’attaquer ! Comment pourrais-tu reprendre l’oeuvre de ton père si tu ne t’entraînes pas régulièrement ? Un bon roi doit savoir manier le bâton à la perfection ! Attaque-moi maintenant !
—Je te préviens, tu vas regretter ça, petite prêtresse... » susurra-t-il en se jetant sur elle avec son bâton, un sourire heureux collé aux lèvres.

Plusieurs mois passèrent ainsi. Lou Ho avait retrouvé un rythme de vie normal, bercé par la tendresse maternelle de la respectable Doyenne, les remontrances pleines d’amitié de Iàn Mei et les séances d’entraînement à l’extérieur. A nouveau, il se sentait chez lui...

Iàn Mei court dans les sous-bois. La sueur a recouvert sa peau, la crainte la fait se retourner trop souvent, pour s’assurer que Lou Ho la suit toujours. L’âcre odeur des poutres de bois calcinées, mêlée à celle de la graisse brûlée, leur emplit les narines. Encore quelques mètres... Ils arrivent dans une petite cabane, où se sont réfugiées les dernières prêtresses encore en vie. L’une d’elle tient un cheval bai, harnaché rapidement. La jeune femme s’arrête. Elle regarde le jeune homme, dont la
silhouette est floutée par le voile qui la recouvre encore. Son visage est déformé par la colère, l’impuissance et la peur. Elle sait ce qui va arriver. Son ton est sans appel.

« Monte ! Sauve-toi, va-t-en le plus loin possible. Ils ne vont pas tarder à arriver ici. »
Le jeune homme hoche négativement la tête. Ses yeux sont rougis par la fumée et le chagrin.
« Non ! Je n’irai nulle part sans toi ! s’écrie-t-il, saisissant le bras de la jeune fille.
—Ne fais pas l’enfant ! Tu sais très bien que je te ralentirais. Ma place est ici. Alors maintenant, fais-moi le plaisir de monter sur ce cheval ! lance-t-elle avec véhémence.
—Laisse-moi voir d’abord... »

Le jeune homme soulève alors lentement le voile sali de cendre de Iàn Mei. Pour la première fois, il voit son visage. Un visage trop pointu pour être beau, aux sourcils rapprochés et fournis. Elle est loin d’être belle. En d’autres circonstances, le jeune homme se serait moqué d’elle. Mais pas maintenant. L’amour qui l’avait submergé depuis longtemps s’était mué en un sentiment encore plus pur, plus digne, plus désintéressé. Lentement, il pose ses lèvres sur celles de la jeune femme. Celle-ci
se laisse faire ; on dirait même qu’elle pleure. Il l’enlace passionnément, elle lui répond. Mais ils ne peuvent pas rester ainsi éternellement, ils le savent tous les deux. La jeune femme le repousse après qu’ils ont à nouveau lié leurs lèvres. Elle sèche ses larmes et le regarde une dernière fois, avant de se détourner.

« Va-t-en maintenant. Fuis, deviens fort, et venge-moi. Venge-nous tous. »

Lou Ho enfourche la bête et la lance au galop, s’éloignant rapidement de la petite cabane, du temple en feu. Sa vue est brouillée par les larmes, ses oreilles bourdonnent. Dans sa bouche reste une saveur aigre-douce, mêlant le miel et le gingembre. Dans sa main droite, crispée sur les rênes, il tient un foulard de vieille soie bleue, rendu grisâtre par la poussière du chemin.

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