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WABERI Abdourahman

Djibouti

Aux Etats-Unis d’Afrique (2006, réédition Zulma 2017)

© Michael Setzfandt
© Philippe Matsas

Éloigné de sa terre natale pour un "exil provisoirement définitif" comme il aime à le rappeler, le plus normand des écrivains djiboutiens, nouvelliste, poète et romancier, fait partie de la génération d’auteurs africains rassemblés dans les années 2000 par les éditions d’Étonnants Voyageurs à Bamako. Lyrisme, fable et malice font le charme de l’écriture d’Abdourahman Waberi, qui joue avec les mots et leur pouvoir, réinterprète les images et les symboles pour rendre une voix et une fierté à un continent largement oublié par l’Histoire mondiale depuis la décolonisation.

Abdourahman A. Waberi a "l’ identité multiple". Né français en 1965 à Djibouti, alors toujours sous l’autorité de la France, il se retrouve djiboutien au moment de l’indépendance du pays en 1977. Étudiant puis professeur d’anglais dans l’hexagone, il recouvre la nationalité française après son mariage en 1991 en Normandie. Critique politique proche de l’opposition, il garde des rapports complexes et tendus avec la République de Djibouti et ses publications, engagées, dénoncent avec virulence les déchirements et les errances d’un pays à la dérive, dépossédé de son passé et de ses traditions. Son œuvre, tout comme son appel au boycott de l’élection présidentielle du président sortant Ismaël Omar Guelleh, unique candidat en 2006, lui ont valu les représailles de la presse gouvernementale de son pays d’origine.
Dans sa trilogie Tentative de définition de Djibouti, qui comprend Le Pays sans ombre, Cahier nomade et Balbala (Serpent à plumes, 1994-1996-1998), il superpose contes, légendes, récits documentaires et extraits d’articles de journaux pour composer une fresque impressionniste montrant un pays terrassé par les fièvres, les famines, la corruption et les guerres. Largement primé, il a reçu pour son premier ouvrage, Le Pays sans Ombre, le Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique et, en 1996, le Grand Prix de l’Afrique noire pour Cahier nomade.

Saisi par l’urgence de rendre compte du génocide survenu au Rwanda, il publie en 2000 Moisson de crânes (Le Serpent à Plumes), un essai mâtiné de fiction qui décrit avec force la peur, le dénuement, l’horreur des massacres. Puis, en 2001, il publie Rift Routes Rails, variations romanesques (Gallimard), et Transit (Gallimard, 2003), deux textes sur la tentation perpétuelle de la migration et de l’exil des victimes des guerres civiles.

Publié par des journaux et revues tant africains qu’internationaux et dans une vingtaine d’anthologies, traduit dans une dizaine de langues, Abdourahman Ali Waberi est l’un des 44 signataires du Manifeste pour une Littérature-Monde (2006).

En 2006 il est lauréat de la plus prestigieuse bourse de création allemande Berliner Kunstlerprogramm DAAD (catégorie littérature), ce qui lui permet de profiter durant un an d’une résidence d’écrivain à Berlin .

Avec Passage des larmes (Lattès 2009), Waberi signe une peinture poétique et polyphonique de Djibouti, à travers l’histoire de Djibril, un intellectuel de Montréal, de retour au pays pour une mission d’espionnage, après dix huit ans d’exil. Entre autoportrait et réflexion sur le temps et la mémoire, l’auteur rend un bel hommage au philosophe allemand Walter Benjamin et écrit le roman d’un pays devenu la plus grande poudrière du monde après l’Afghanistan et l’Irak.

En 2010, Abdourahman A. Waberi présente un recueil de nouvelles réunissant des récits d’auteurs d’Afrique et du monde, qui dressent un portrait du continent noir à travers le prisme d’une passion commune : le football.

Avec La Divine Chanson, A. Waberi donne vie à un personnage inspiré de la légende de la soul music, du hip-hop et du jazz américains, Gil Scott-Heron. Son « Sammy l’enchanteur » et son chat qui sert de voix de narration nous emmènent sur les traces du musicien, entre Paris, New York et Berlin. Entre fantasme, légende et réalité, ce livre nous offre une belle plongée dans l’Amérique, dans un flux musical de digressions oniriques et de réflexions culturalistes.

En 2016, il publie un recueil de poèmes sur la religion et la tolérance intitulé Mon nom est aube. Poésie de l’éveil, ce recueil contemplatif, ponctué de lectures du Coran, est l’occasion d’une réflexion sur la spiritualité de l’homme.

Son roman Aux Etats-Unis d’Afrique (2006), réédité en poche chez Zulma (2017), fait partie de la séléction de livres pour la journée des lycéens. Abdourahman Ali Waberi y inverse les données économiques et géopolitiques du monde. L’Afrique, nation fédérée en États riches et modernes, leader mondial, domine désormais l’Europe et l’Amérique rongées par la misère et les guerres ethniques. Fable utopique ou miroir inversé, l’épopée de la petite Maya, exilée de sa Normandie miséreuse, propose au lecteur un renversement de perspective jubilatoire, qui met à mal les évidences sur l’Afrique et les migrations.

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Bibliographie

  • Aux Etats-Unis d’Afrique (2006, réédition Zulma 2017)
  • Mon nom est aube (Vents d’ailleurs, 2016)
  • La Divine Chanson (Editions Zulma, 2015)
  • Enfants de la balle, Nouvelles d’Afrique, Nouvelles de foot (collectif, (JC Lattès, 2010)
  • Passage des larmes (JC Lattès, 2009)
  • Transit (Gallimard, 2003)
  • Dernières nouvelles de la Françafrique (collectif, Vents d’ailleurs, 2003)
  • Bouh et la vache magique (Edicef / Hachette Livres, 2002, avec Pascale Bougeault)
  • Rift, routes, rails (Gallimard, 2001)
  • Moisson des crânes (Serpent à plumes, 2000)
  • Mes nomades, mes frères vont boire à la Grande Ourse, 1991-1998 (Hachette Education, 2000)
  • Balbala (Serpent à plumes, 1998)
  • L’œil nomade, voyage à travers le pays Djibouti (L’Harmattan, 1997)
  • Cahier nomade (Serpent à plumes, 1996 - Grand prix littéraire d’Afrique Noire)
  • Le pays sans ombre (Serpent à plumes, 1994 - Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique)

Écrire l'Afrique-Monde

Écrire l’Afrique-Monde

Philippe Rey - 2017

En ce début de siècle, l’Afrique apparaît comme l’un des théâtres principaux où se jouera l’avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas – tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d’autrui –, le moment est propice de relancer le projet d’une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d’anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque. 
Il nous a semblé qu’il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l’énonciation d’une parole plurielle, ouverte sur le large. C’est pour cette raison que s’est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis- du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d’intellectuels et d’artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d’une Afrique au cœur des transformations du monde contemporain. 
Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l’élaboration d’utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l’économique et du social, à l’articulation de l’universel et du singulier, à la littérature et à l’art, à la reconstruction de l’estime de soi, à la pensée de l’en-commun… Des regards croisés qui éclairent d’un jour nouveau les enjeux d’une Afrique en pleine mutation, ouverte à l’univers de la pluralité et des larges. 
Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d’autres qu’appellent les temps nouveaux.
Achille Mbembe et Felwine Sarr.


Revue de presse

  • “Ecrire l’Afrique-Monde est un ouvrage majeur qui sera discuté plusieurs décennies encore, au même titre que la première session des Ateliers qui l’ont fécondé.” (Hamidou Anne, Africultures)
Aux États-Unis d'Afrique

Aux États-Unis d’Afrique

Zulma - 2017

La Fédération des Etats-Unis d’Afrique prospère avec ses centres d’affaires, ses mégalopoles, ses savants et ses artistes réputés, indifférente au sort des millions de réfugiés, pauvres rebus de l’humanité qui se pressent à ses frontières. Les sans-terre, les sans-pain, les sans-espoir fuient la désolée et sanglante Euramérique et viennent s’échouer sur les plages d’Alger ou de Djerba.
Le chemin qui mène vers cette terre promise africaine, Maya l’a déjà empruntée, il y a bien longtemps. Enfant, elle a été arrachée à la misère et à la faim par un homme providentiel, Docteur Papa, alors en mission humanitaire en Normandie. Il l’adopte et l’emmène à Asmara en Erythrée. Mais même dans ce pays de cocagne, la mort et le malheur peuvent s’abattre.
Maya doit partir, revenir, retrouver l’Europe et ses maux, se rapprocher des siens. Elle entame un long et douloureux périple loin de la douceur des côtes africaines, vers les terres sombres et désolées qui l’ont vu naître.


Revue de presse

  • « C’est un roman puissant, courageux, inventif que ce Aux États-Unis d’Afrique porté par une langue qui ne craint pas les images, le lyrisme et l’ironie. » Thierry Guichard, Le Matricule des Anges

Mon nom est aube

Mon nom est aube

Vents d’ailleurs - 2016

En montagne, on dit que le trajet le plus court va d’un sommet l’autre. Un pas après l’autre, un mot après l’autre, cheminant à travers des pas plus anciens, à travers des mots plus anciens, Abdourahman Waberi trace cette voix, de paix et d’assurance. C’est là que se délivre la contemplation de soi, la contemplation du monde, le lien spirituel. Le poète se fait exégète, le sage aspire à la simplicité de l’instant fait éternité.

L’homme, le poète, revient à toutes les aubes qui le constituent, la mère, la femme, mais aussi l’enfant qu’il engendrera, les textes qui le généreront. Sous l’aphorisme, souvent, affleure l’intime, pudique, secret. Mais toujours l’obstination tranquille à poser la plénitude des vies.

Abdourahman Waberi renoue avec les grands poètes de l’islam, plaçant le Verbe au centre de leurs quêtes, l’érudition comme remède à l’inconstance. L’aube ou l’éternel ­recommencement du jour, il nous faut apprendre le soleil, et ne pas se laisser aveugler par la vanité d’être vivant.


Revue de presse

  • “Mêlant indissociablement écriture poétique et lecture des textes sacrés – du Coran – l’auteur propose ici un formidable plaidoyer en faveur de la tolérance et de l’ouverture.” (Diacritik)

La Divine Chanson

La Divine Chanson

Editions Zulma - 2015

La Divine Chanson est un roman, un roman amoureux qui s’empare d’une vie exemplaire, celle d’un chanteur, compositeur, poète afro-américain né à Chicago en 1949, dont nul ne saurait méconnaître l’immense génie et la rude destinée : Gil Scott-Heron, réinventé ici sous le nom de Sammy l’enchanteur.
Décidément plus humain que bien des bipèdes, c’est un vieux chat roux recueilli dans une rue de Harlem qui nous entraîne, en groupie de proximité, partout où la Divine Chanson continue de tourner, à travers les ghettos noirs ou sur les scènes internationales du jazz, de New York, Paris ou Berlin – ce « grand courant électrique qui rivalise avec le Gulf Stream ».
Et ce n’est pas un moindre mérite du roman que de nous faire découvrir et aimer ce « Bob Dylan noir », depuis l’arrière-pays de l’enfance, « quelque part entre Clarksdale, Mississippi et Savannah, Tennessee », dans le solide giron de Lily, la grand-mère tant aimée, jusqu’aux années de fulgurance. Au terme de ce mémorable et bouleversant voyage, la Divine Chanson ne nous quittera plus, par la fantaisie du chat romancier.

Revue de presse


Les nomades, mes frères, vont boire à la grande ourse

Les nomades, mes frères, vont boire à la grande ourse

Mémoire d’Encrier - 2013

Un vrai pari que la réédition de cet ouvrage-phare, unique livre de poésie de l’auteur Waberi, pièce-maîtresse de son œuvre, composée principalement de romans. Les nomades, mes frères, vont boire à la grande ourse peut se lire comme un voyage dans le désert, explorant le silence et la puissance qui résonnent dans chaque mouvement du poème pour que vivent « les mots errants ». C’est dans cette immensité et ces paysages de sable que s’ancrent les rêves. Car, « le calligraphe chatouille / les sillons enflammés du désert / avec un bâtonnet d’encre bien délicat. » La malédiction et le recueillement poussent aux profondeurs de cet horizon où tout est à la mesure de l’humain. La beauté de ces courts poèmes et de ces vignettes se révèle dans la discrétion de la figure du nomade guidé par la lumière de l’étoile. Waberi montre le chemin de la sobriété et le refus du superflu. il y a dans ce livre quelque chose qui touche à l’essence comme si l’auteur ou le récitant, dépouillé de toute forfanterie, nous initiait au bonheur de vivre, de marcher ou d’écrire. L’auteur Abdourahman A. Waberi présente ainsi dans son prologue le recueil : Ces petits poèmes viennent de loin, certains ont vingt ans d’âge, d’autres quelques semaines. Composés entre 1991 et 1998 pour la plupart, des petits frères les ont rejoints tout récemment (Poèmes pour Tombouctou). Écrire de la poésie relève de la plus stricte nécessité. Je sème ces modestes cailloux avec parcimonie. En vérité, semer c’est beaucoup dire, car j’ai plutôt l’impression que ces poèmes viennent à moi quand ils veulent. Jaillis d’on ne sait où, ils semblent suivre le propre cycle de maturité. Discrets, secrets peut-être, se tenant à distance des moulins à la mode où se retrouve un peuple bavard, brasseur de marchandises. Ces mots se tiennent aux aguets. il leur arrive de prendre la poudre d’escampette par pudeur ou par habitude. nul ne s’égare dans le désert de la page.


Les Enfants de la balle

Librio - 2012

Les onze écrivains réunis dans ce recueil sont d’Afrique et du monde entier. Ils viennent d’Algérie, du Maroc, de Djibouti, du Congo, du Soudan, du Sénégal, du Togo, du Nigéria, de l’Île Maurice et d’Afrique du Sud. Qu’ils vivent à Lomé ou à Los Angeles, à Paris, à Barcelone ou à Lagos, tous nourrissent pour le football une passion sinon un intérêt évident. Ce sport roi est le fil d’Ariane qui relie tous ces récits et les univers étranges, hantés, innocents ou flamboyants que les auteurs déploient d’une plume sûre. Certains auteurs ont été de véritables joueurs, d’autres sont des amateurs, joueurs du dimanche, experts scripturaires en matière footballistique. Le plaisir de lire chemine avec celui de jouer ou d’apprécier un bon match. Réunis et présentés par l’écrivain Abdourahman A. Wabéri, ces nouvelles sont autant de portraits du continent africain : des enfants des rues qui jouent au foot dans la poussière aux joueurs professionnels qui rêvent des grands clubs européens, en passant par les supporters électriques.


Enfants de la balle

Enfants de la balle

Jean-Claude Lattès - 2010

Les onze écrivains réunis dans ce recueil sont d’Afrique et du monde entier. Ils viennent d’Algérie, du Maroc, de Djibouti, du Congo, du Soudan, du Sénégal, du Togo, du Nigéria, de l’Île Maurice et d’Afrique du Sud. Qu’ils vivent à Lomé ou à Los Angeles, à Paris, à Barcelone ou à Lagos, tous nourrissent pour le football une passion sinon un intérêt évident. Ce sport roi est le fil d’Ariane qui relie tous ces récits et les univers étranges, hantés, innocents ou flamboyants que les auteurs déploient d’une plume sûre. Certains auteurs ont été de véritables joueurs, d’autres sont des amateurs, joueurs du dimanche, experts scripturaires en matière footballistique. Le plaisir de lire chemine avec celui de jouer ou d’apprécier un bon match. Réunis et présentés par l’écrivain Abdourahman A. Wabéri, ces nouvelles sont autant de portraits du continent africain : des enfants des rues qui jouent au foot dans la poussière aux joueurs professionnels qui rêvent des grands clubs européens, en passant par les supporters électriques. Il est recommandé d’user et d’abuser de ces petits délices littéraires avant, pendant et bien sûr longtemps après la coupe du monde 2010 !


Passage des larmes

Passage des larmes

Jean-Claude Lattès - 2009

Djibril a quitté Djibouti depuis de longues années. A Montréal, il est devenu un homme neuf : le pays de son enfance n’est plus pour lui qu’une terre étrangère, poussiéreuse, un terrain vague. Employé par une agence de renseignement, il doit pourtant y retourner pour une mission de quelques jours. Djibouti est devenu un enjeu géostratégique majeur : la France, les Etats-Unis, Dubaï, les islamistes se disputent ce morceau de basalte. Djibril n’a que faire de leurs querelles mais il se sent trahi par ce pays né, comme lui, un 17 juin 1977, jour de l’Indépendance. Les plaies s’ouvrent, les fantômes des siens viennent le hanter, son enquête piétine. Chaque jour, il se laisse entraîner sur les chemins dangereux de la mémoire. De sa prison cachée sur les îlots du Diable, au large de Djibouti, Djamal, le frère jumeau de Djibril, né quelques minutes après lui, a appris le retour de son aîné prodigue : il le suit en pensée où qu’il aille, l’interpelle, ne le laisse pas en paix. On ne revient pas impunément sur les traces de son passé.
Un très beau roman où il est question du temps, de l’exil et de la figure mythique de l’écrivain Walter Benjamin qui hante l’imaginaire de ces deux frères perdus. Abdourahman A. Waberi compose un récit sensible, haletant et poétique et nous fait traverser de part en part ce pays de sables, d’îlots et de passages.

Revue de presse


Transit

Transit

Gallimard - 2003

« Avec les policiers, Moussa il m’a confirmé de faire l’idiot. Surtout pas montrer qu’on sait parler français. Pas trop gâter l’affaire, donc fermer sa bouche. Ou pleurer pour pêcher la pitié des Français. Les Français de France sont plus gentils que les Français de là-bas, ça c’est pas Moussa qui l’a dit, je connais tout seul. J’ai stocké l’espérience. Bon je dis rien pace que Roissy c’est danger, on risque de dire ça c’est des emmerdements africains. J’ai regardé à droite à gauche encore, je suivis le grand Moussa. Fermer sa bouche. Dire oui ou non en bougeant la tête, ça suffit hein ? Fermer sa bouche, bouger la tête-là ou pleurer beaucoup pour pêcher la pitié. C’est tout. Point final. J’avance un peu pour suivre Moussa. Ah, j’ai laissé tomber mon vrai nom, Bachir Assoweh. Je m’appelle depuis six mois Benladen, Moussa il a avalé de travers son café donné dans un verre en plastique. Ne répète jamais ça ici, il m’a dit. Ça attire la farouche des Français, des Anglais, des Américains et même des gentils Norvégiens qui paient les ONG pour nous et ferment leur gueule. Moi j’aime ça, Benladen qu’on dit et tout le monde est mort de panique comme si j’étais vrai kamikaze stoppé net devant barbelés et sacs de sable de l’ambassade américaine à Djibouti. »
Après Balbala, Waberi nous livre une chronique universelle de la guerre et de l’exil dans une langue savoureuse et drolatique où les drames de notre époque se jouent dans l’ironie et l’humour.


Balbala

Balbala

Gallimard - 2002

Après la décolonisation, Djibouti, « confetti de l’Empire français », ancien comptoir pris en étau entre Éthiopie, Somalie et Érythrée, à l’embouchure de la mer Rouge, tâtonne à la recherche de son identité.
À Balbala, banlieue de Djibouti, pendant la guerre civile de 1991-1993, quatre personnages vont devenir l’emblème d’une jeunesse qui incarne une nouvelle identité djiboutienne : Waïs, marathonien de renommée internationale, Yonis, le médecin, Dilleyta, fonctionnaire en rupture de ban et poète, et Anab, compagne de Yonis et sœur de Waïs. Ensemble, ils éprouveront dans leur chair les limites de la liberté.
Construit comme une polyphonie, ce roman fait surgir une nouvelle conscience africaine.

Carnet nomade (1)

Avec Miguel Duplan, Abdourahman Waberi, Ersi sotiropoulos, Jean Christophe Rufin et Paolo Rumiz. - Saint-Malo 2015

Avec Miguel Duplan, Abdourahman Waberi, Ersi sotiropoulos, Jean Christophe Rufin et Paolo Rumiz. Rencontre animée par Colette Fellous


La poésie, tout un roman ?

Avec Abdourahman Waberi, Jean-Marie Blas de Roblès et Hubert Haddad - Saint-Malo 2015


Avec Abdourahman Waberi, Jean-Marie Blas de Roblès et Hubert Haddad


Fous de foot

Avec Anouar Benmalek, Yahia Belaskri et Hubert Artus - Saint-Malo 2012

Foot et littérature se croisent à Saint-Malo ! Fous de foot, une rencontre entre Anouar Benmalek, Yahia Belaskri et Hubert Artus, animée par Abdourahman Waberi.


Enfants de la balle

Saint-Malo 2010
Avec Abdourahman WABERI, Wilfried N’SONDE, Alain MABANCKOU. Une rencontre animée par Hubert Artus.

L'engagement des écrivains africains

L’engagement des écrivains africains

Saint-Malo 2010

Avec Emmanuel Dongala, Romuald Fonkoua, Rachid Boudjedra, Abdourahman A. Waberi. Un débat animé par Jean-Michel Djian.

L’engagement des écrivains africains

Je est un autre

Je est un autre

Saint-Malo 2010

Comment l’écrivain se doit d’intervenir dans le champ politique autour du débat sur l’identité nationale, avec Jean Rouaud, Michel Le Bris, Abdourahman Waberi et Farid Abdelouahab. Ne sommes-nous pas ancré avant tout dans des "familles" poétiques et imaginaires, aussi vastes que le vaste monde ?

Je est un autre
Avec Michel Le Bris, Jean Rouaud, Abdourahman Waberi, Farid Abdelouahab.

L’explosion des séries

Saint-Malo 2009
Dimanche : 14h00 - L’explosion des séries
Abdourahman Waberi, Hervé Jubert, Serge Bramly, Stéphane Bourguignon, Olivier Kohn. Animé par Jean-Pierre Dionnet

Littérature-monde Acte III

Saint-Malo 2009
Samedi : 17h30 - Littérature-monde acte III
Michel Le Bris, Anna Moï, Alain Mabanckou, Dominic Thomas, Bill Cloonan, Charles Forsdick, Abdourahman Waberi, Jean Rouaud. Animé par Philippe Thureau-Dangin

Coups de gueule et manifestes

Saint-Malo 2008

Les métamorphoses de la langue

Saint-Malo 2007
14h00 : Les métamorphoses de la langue
Gary VICTOR, Abdourahman A. WABERI.