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POLET Grégoire

Belgique

Soucoupes volantes (Gallimard, 2020)

© C. Hélie Gallimard

Diplômé en Lettres et doté d’un regard sociologique d’une grande acuité, Grégoire Polet nous offre avec une apparente objectivité des intrigues qui relèvent différents aspects d’une réalité morcelée. Ses romans s’inscrivent dans un vaste projet, celui "où tous les textes s’emboîtent les uns dans les autres avec une cohérence des personnages, d’espace et de temps.". Ainsi, il se plaît à faire réapparaître des personnages d’un roman à l’autre, à la manière de Balzac qu’il prend pour modèle. Mais ce sont les esprits de Maupassant et Gogol qu’il convoque en 2020, avec la publication de son premier recueil de nouvelles : dix-sept histoires comme autant de fables grinçantes qui nous transportent d’un bout à l’autre du monde, où l’étrange et le fantastique s’immiscent dans le quotidien.

« Le monde, un lieu de vie collective et simultanée, cela signifie simplement qu’il n’y a plus un centre, que tous les points sont le centre du monde. »
(Pour une littérature-monde)

Dire l’intimité d’une ville et rendre compte des liens personnels que l’on peut entretenir avec des lieux aussi mythiques que Madrid, Paris ou Barcelone sont la matière des romans choraux de Grégoire Polet. Après Madrid ne dort jamais en 2005, c’est la ville de Paris qui est donnée à voir avec Leurs vies éclatantes, en 2007, roman qui lui valu le prix Fénéon, également retenu pour le prix Goncourt. Il signe, la même année le célèbre manifeste Pour une littérature-monde dirigé par Michel Le Bris. Ce jeune écrivain belge célèbre avec ferveur, dans une écriture fine et précise, la frénésie des grandes villes où se déploient des destins qui s’entremêlent. Dans Barcelona ! en 2015, l’auteur décrit avec justesse l’architecture et l’atmosphère de Barcelone, sa ville de cœur, durant la crise économique qui estompe petit à petit les couleurs et l’énergie de la métropole.

Dans un genre plus intimiste, il raconte l’histoire d’un artiste raté, devenu peintre faussaire dans Excusez les fautes du copiste, lauréat du Prix Victor Rossel des jeunes en 2006 et du Prix Spécial Écrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère ; puis celle d’un enfant des rues et de la pauvreté, à Barcelone, dans Chucho. Dans son cinquième roman Les ballons d’hélium, il quitte l’espace géographique pour se plonger dans l’espace mental, réduit aux pensées et au sentiments d’une quadragénaire qui vit difficilement une rupture vieille de dix ans. En conjuguant légèreté et densité, l’auteur slalome entre l’intime et l’absolu.

Aujourd’hui de retour avec son dernier livre : Tous, publié chez Gallimard, il nous surprend avec un roman choral qui dépeint une réalité qui aurait presque pu être la nôtre. En nous proposant une alternative, celle des décisions que nous n’avons pas (encore) prises, il fait vivre et grandir un mouvement européen de démocratie directe sans en masquer les ambiguïtés et nous en livre une analyse tout en finesse.


Bibliographie :

  • Soucoupes volantes (Gallimard, 2020)
  • Tous (Gallimard, 2017)
  • Barcelona ! (Gallimard, 2015)
  • Les Ballons d’hélium (Gallimard, 2012)
  • Petit éloge de la gourmandise (Gallimard , 2010)
  • Chucho (Gallimard, 2009)
  • Leurs vies éclatantes (Gallimard, 2007)
  • Excusez les fautes du copiste (Gallimard, 2006)
  • Madrid ne dort pas (Gallimard, 2005)
Soucoupes volantes

Soucoupes volantes

Gallimard -

« Le type montait sur le toit de la maison et faisait avec un drapeau des grands signes à on ne savait trop qui.
Jean-Paul, ça l’incommodait. Certainement. Ça le mettait mal à l’aise. Il avait acheté le terrain, la ferme, et il s’était assuré qu’il n’y avait pas de nuisances, voie ferrée, pylônes haute tension, porcherie nauséabonde dans l’entourage. Il ne pouvait prévoir que sur le toit de la paisible maison voisine, où habitait un notaire à la retraite, un énergumène viendrait lui susciter des angoisses. Parce que c’était d’angoisse qu’il s’agissait. Nulle autre nuisance. Le bonhomme ne criait pas, ne faisait rien de répréhensible. Mais il portait un uniforme militaire, treillis et casquette de l’armée serbe, et agitait un drapeau rouge. Debout sur le toit. »

Dans les montagnes de Serbie, une maison tranquille devient le rendez-vous des amateurs de soucoupes volantes.
À Bruxelles, l’enregistrement d’un virtuose du violon fait apparaître des fantômes.
À Kosice, Slovaquie, un homme adopte un ours.
Un autre oublie son téléphone dans un restaurant d’Oslo.
À Paris, des collectionneurs sans scrupule se refilent un douteux manuscrit de Napoléon…
Entre réalisme grinçant et fantastique teinté d’une mélancolie légère, ces dix-sept nouvelles de Grégoire Polet restituent avec vigueur et humour la vérité des êtres, tout en laissant une place au rêve.

Tous

Tous

Gallimard - 2017

Carolina est une jeune Belge engagée dans une organisation humanitaire. Avec Romuald, médecin français intrépide rencontré en Afghanistan, elle prend fait et cause pour le mouvement des Indignés, et fonde un mouvement protestataire européen basé sur le modèle espagnol, visant à démanteler le système obsolète qui a mené les sociétés occidentales au chaos. Romuald en devient le porte-parole. Grâce à leur énergie, le mouvement prend vite de l’ampleur. Les partis traditionnels prennent peur devant cette déferlante inattendue, à laquelle un drame va donner un coup d’accélérateur. Carolina, mutilée par une grenade lors d’une manifestation, devient l’égérie du mouvement qui devient impossible à arrêter. En France, Romuald, élu président de la République, instaure une démocratie participative authentique. Le mouvement aura-t-il raison des conservatismes ? La première partie semble annoncer des changements positifs pour l’Europe et le monde.La seconde partie raconte l’extension de la révolution TOUS à la Grèce, ainsi que le spectaculaire redressement économique de ce pays, grâce à l’exploitation (polémique) des immenses réserves de gaz découvertes au large de la Crète. Cette deuxième partie se présente sous la forme des mémoires d’Eleftherios Viridis, commissaire européen à l’énergie et surtout père de Iannis Viridis, le leader assez ambigu du mouvement TOUS en Grèce.La troisième et dernière partie consigne le récit de Bogdan P., citoyen polonais installé depuis plus d’un an sur la petite place devant le parlement européen à Bruxelles, avec cet écriteau : « Justice pour Adam ». Son fils, Adam, est mort lors de la catastrophe écologique qui valut la démission d’Eleftherios Viridis et qui couvrit toute la côte Sud de la Baltique d’une épaisse et mortifère couche d’algues. Bogdan P. fait la grève de la parole et écrit. Son texte est pour la première fois rassemblé ici. Ce roman utopique est mené au galop. L’écriture est vive, les personnages bien incarnés, et la nature des mouvements protestataires qui secouent l’Europe est analysée avec finesse, sans optimisme excessif, même si l’auteur est fasciné par la capacité d’invention et d’insoumission pacifique des peuples.


  • « TOUS est un roman complexe, technique, ambitieux, politique au sens large et générationnel en ce sens où il traduit parfaitement les interrogations existentielles, les doutes, le malaise des Européens d’aujourd’hui, auxquels l’auteur, né en 1978, appartient, tout comme ses personnages principaux. »
    Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo
  • « L’auteur, qui se fonde sur une érudition politique impressionnante, rend avec brio l’enthousiasme qui enveloppe les mobilisations citoyennes contre la fatalité, la force incroyable des mots et des faits qui mobilisent, la soif profonde d’un monde meilleur, le danger toujours proche des populismes et de leurs mensonges. »
    Thierry Detienne, Actualitté

Barcelona !

Barcelona !

Gallimard - 2015

Une théorie prétend qu’il suffit de six poignées de main pour relier une personne à une autre, où qu’elles soient dans le monde. Appliquant cette théorie au roman, Grégoire Polet représente Barcelone à travers une vingtaine de personnages, dont les destins se croisent, se tressent, se perdent et se retrouvent. De 2008 à 2012, alors que les Espagnols s’enlisent dans la crise économique, que les Indignés se lèvent et que l’indépendantisme commence sa grande remontée, nous suivons la vie privée des personnages, leurs points de vue, leurs soucis et leurs aventures, leurs ambitions, leurs croyances, bien souvent contradictoires. Au centre de cet écheveau d’intrigues, Barcelone en majesté, décrite avec précision dans son architecture, son histoire, son fonctionnement politique, ses atmosphères.Dans la veine de Madrid ne dort pas et de Leurs vies éclatantes, une veine à la fois lyrique et précise, étincelante de vie, Grégoire Polet déploie son art du récit et des dialogues pour rendre à Barcelone toute la joie et la passion qu’elle lui inspire.


Les Ballons d’hélium

Gallimard - 2012

Ariana, jeune Espagnole, connaît une histoire d’amour fulgurante avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Leur liaison dure dix jours, au terme desquels l’homme disparaît à jamais, laissant en elle une blessure béante. Plus tard, Ariana se marie, a des enfants, une vie apparemment comblée. Et pourtant elle reste hantée par ce vide qui va grandissant.
Explorant au plus près la conscience d’Ariana, ses rapports avec le monde, avec les hommes, avec ses enfants, avec la mort, Grégoire Polet fait entendre une voix déchirante. On a rarement écrit des pages aussi profondes sur le sentiment de la perte amoureuse.


Petit éloge de la gourmandise

Gallimard - 2010

« La gourmandise est toujours sans gravité, c’est ce qui fait tout son charme. La gourmandise est comme un tableau où l’on utiliserait pas le noir, seulement des couleurs claires, des jaunes de Tiepolo, des bleus et des blancs de Boucher, des verts frondaison de Fragonard ; la gourmandise à table, c’est la gaieté au théâtre ou la galanterie en amour (trois G), sans gravité, mais allant tout de même, en s’échelonnant, de la grossièreté jusqu’au raffinement le plus exquis. »


Chucho

Chucho

Gallimard - 2009

« – Emmène-moi à New York !
– Tu sais, petit, New York, c’est trois meurtres par jour et une personne sur cinq dans la misère.
– Et alors ! Moi, je ne veux pas rester ici. J’ai peur. J’ai peur de Belito. J’ai peur d’avoir douze ans, j’ai peur d’aller à la ferraille.
Barcelone, quartier populaire de Poble Sec, sur l’âpre versant de Montjuïc. Août. Chaleur.
– Tu ne parles pas sérieusement, Chucho.
Sur le trottoir, la plus belle journée de sa vie commence enfin. Un peu d’air glisse de la montagne vers la mer. La ville est libre, lumineuse. Un frisson monte dans le corps du gamin. Le monde, le temps s’arrêtent. Et le matin, qui toujours a dit bonjour, aujourd’hui dit adieu.
– Si. Emmène-moi à New York. »
Vingt-quatre heures dans la vie d’un gamin. Vingt-quatre heures de bagarre entre un rêve et une réalité. Et une petite histoire du monde.


Leurs vies éclatantes

Gallimard - 2007

Paris, une semaine de mai caniculaire. Du lundi au samedi, dans les alentours de l’église Saint-Sulpice, à l’occasion d’un mariage et d’un enterrement, une vingtaine de personnages principaux vont se croiser, se heurter, s’aimer, se quitter ; certains verront des projets essentiels se réaliser, d’autres s’effondrer tout espoir... Le roman explore, dans un enchaînement de plans successifs, ces vies tressées avec une exceptionnelle virtuosité, formant la trame d’une réflexion à la fois jubilante et profonde sur l’amour et sur l’art.


Excusez les fautes du copiste

Gallimard - 2006

"L’art, le Grand Art, ne m’avait jamais accueilli. Mais bientôt, des visiteurs du monde entier m’admireraient sans le savoir derrière le nom de Magritte, de Delvaux, et de tant d’autres. "

Un artiste inaccompli, menant une vie solitaire sur les sables du Nord, va se révéler, par un enchaînement - de circonstances presque fortuites, un faussaire génial et prolixe... Ce bref roman, mené de main de maître, nous convie à une réflexion pleine d’une ironie mélancolique sur l’art, la vérité et le mensonge.

L’Europe et la place des langues

Théâtre des Régions - Rencontres
Avec BESSORA, Laurent GAUDÉ, Grégoire POLET -

Animé par Julien BISSON

L’Europe ne se résume pas à des institutions : elle est d’abord une histoire, faite d’affrontements épouvantables et de flamboiements extraordinaires, de créativité artistique et de spiritualité, à travers lesquelles se sont inventées des valeurs, une certaine idée de l’homme et de l’art, qui sont notre bien le plus précieux : notre patrie commune. Nous sommes, tous, les héritiers de Rabelais, Dante, Cervantès, Shakespeare, Goethe ou Hugo. Quel rôle la littérature joue-t-elle dans la construction de cette patrie commune ? Penser un « être ensemble » européen, c’est penser nécessairement à une « maison commune », une manière singulière à inventer, de concevoir une appartenance vécue et assumée par chacun à une communauté de destin qui se tisserait d’une pluralité de cultures vécue comme richesse et non problème – bref, de concevoir une manière nouvelle de conjuguer l’un et le multiple. La langue de l’Europe : non pas une novlangue commune, mais la traduction ? La maison commune européenne : une maison des identités plurielles, des appartenances multiples, hybrides, dont les fondations seraient aussi la perception des valeurs communes de ce qui a été l’Europe de la culture ? Rencontre avec trois écrivains-monde, résolument européens.


Le français, un monde en relation

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Leïla SLIMANI, Anna MOÏ, BESSORA, Grégoire POLET -

Animé par Raouia KHEDER

« Francophonie », un mot exaspe ?rant portant tant d’espoirs, tant de de ?sillusions, de malentendus et d’occasions manque ?es ! Mais aussi, tant d’œuvres qui en manifestent la vitalite ? et font, malgre ? tout ce qui pe ?se, de notre histoire commune, l’espace immense d’un dialogue. Cet « espace-monde » : l’utopie concre ?te d’E ?tonnants Voyageurs. S’inscrivant dans le prolongement de la pensée d’Édouard Glissant et sa « Poétique de la relation », Felwine Sarr cherche ce qui nous relie en tant qu’être vivant, tant à notre terre, qu’à nous-même en tant qu’être vivant. « Habiter le monde, c’est se concevoir comme appartenant à un espace plus large que son groupe ethnique, sa nation… c’est pleinement habiter les histoires et les richesses des cultures plurielles de l’humanité. » (Habiter le monde, ed. Mémoire d’encrier). Une politique relationnelle qui ouvre le champ des possibles et invite à renouveler les imaginaires de la relation que nous établissons avec nos semblables et le vivant. L’auteur y appelle à une réinvention du politique et du langage afin d’habiter l’infini du monde. Une langue française en partage, une et multiple à la fois, et comme un fil reliant entre eux les imaginaires à travers la planète, le poème et la littérature.


Entre les langues

Théâtre des Jeunes Créateurs - Cafés Littéraires
Avec Emna BELHADJ YAHIA, Georgia MAKHLOUF, Grégoire POLET -

Animé par Maëtte CHANTREL, Sonia FITOURI

Romancière et philosophe tunisienne, membre du Parlement des écrivaines francophones, Emna Belhadj Yahia s’implique dans la vie de son pays par une réflexion continue sur les notions de libertés individuelles, de droits des femmes, de citoyenneté. Son nouveau roman est un récit puissant sur l’émancipation, l’espoir et la résilience. Georgia Makhlouf est une femme de lettres libanaise vivant entre Paris et Beyrouth. Le français n’est pas sa langue maternelle mais sa langue paternelle : « D’une certaine façon, on peut dire que si j’ai vécu libanais, si j’ai été bercée par la mer que j’apercevais de ma fenêtre, j’ai rêvé français. » Son dernier livre raconte l’émigration peu connue de Syro-Libanais vers Haïti dès la fin du XIXe siècle. Grégoire Polet, en 2007 fut l’un des signataires du manifeste pour une Littérature-Monde en français. Il rêve d’une francophonie sans plus de centre ni de périphérie et voit dans la littérature « un art d’explorer le monde, et un art de le montrer ». Ses romans s’inscrivent dans un vaste projet, celui "où tous les textes s’emboîtent les uns dans les autres avec une cohérence des personnages, d’espace et de temps." À la manière d’un Balzac, il se plaît à faire réapparaître des personnages d’un roman à l’autre, à la manière de Balzac qu’il prend pour modèle. Québécoise d’origine vietnamienne, l’auteure Kim Thuy a fui son pays natal avec ses parents et ses deux frères par bateau. En arrivant au Québec elle tombe en amour pour les Québécois et leur langue qu’elle apprend petite à petit. Cette double appartenance est pour elle une immense richesse.


Regards croisés

Les cafés littéraires en vidéo
Avec Ananda Devi, Grégoire Polet, John King et Jonathan Coe - Saint-Malo 2015


Avec Ananda Devi, Grégoire Polet, John King et Jonathan Coe

Europe, entre espoir et désillusion

Avec Andreï Ivanov, Grégoire Polet, Drago Jancar, Jaroslav Rudis - Saint-Malo 2017

Avec Andreï Ivanov, Grégoire Polet, Drago Jancar, Jaroslav Rudis
Animé par Hubert Artus


Affaire de style, affaire de souffle

Avec Grégoire Polet, Aleksandar Gatalica. - Saint-Malo 2015

Avec Grégoire Polet, Aleksandar Gatalica. Animé par Hubert ARTUS


Quels personnages !

Avec Audrée Wilhelmy, Christian Guay-Poliquin, Grégoire Polet, Nicolas Dickner. Rencontre animée par Willy Persello - Saint-Malo 2015

Avec Audrée Wilhelmy, Christian Guay-Poliquin, Grégoire Polet, Nicolas Dickner. Rencontre animée par Willy Persello