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ROBINSON Charles

France

Fabrication de la guerre civile (Seuil, 2016)

Biographie

© Hermance Triay

Si l’on sait peu de choses sur Charles Robinson, ce n’est pas une coïncidence : l’auteur s’est en effet appliqué à ne laisser transparaître aucun indice sur sa vie personnelle, autre que son âge, 39 ans et son lieu de résidence, Paris. "J’ai remarqué qu’on a de plus en plus tendance à justifier les livres par la vie de l’auteur. J’ai donc eu ce désir de supprimer toute espèce de biographie, de manière à ce que le texte soit justifié par le texte", explique-t-il.

Pour présenter Charles Robinson, il faut donc se concentrer avant tout sur son œuvre : il a en effet signé trois livres pour le moins originaux. Le premier, Le Génie du proxénétisme (2008), raconte le projet d’un entrepreneur audacieux appelé à redynamiser une région sinistrée, qui présente son plan dans les moindre détails : créer un gigantesque bordel, "la Cité", régi par les lois strictes et méticuleuses du libéralisme. Un pamphlet à l’humour corrosif qui fonctionne comme un révélateur des rouages du monde capitaliste, écrit dans une langue très classique, le tout entrecoupé d’extraits du Génie du christianisme de Chateaubriand. "Il y a une attraction extrêmement forte du capitalisme. Cette attraction est d’une manière ou d’une autre une forme de puissance, mais elle est aussi libidinale. Repasser par le sexe, c’était essayer de capter cela." Son livre a reçu le prix Sade en 2008.
En 2011 est paru un nouveau roman, Dans les Cités : au cœur de l’intrigue, le parcours d’un ethnologue employé par un cabinet d’architecture pour aller faire un rapport sur une cité promise à la réhabilitation. L’occasion pour lui de faire remonter les souvenirs de son premier amour.

Son tout dernier ouvrage, Fabrication de la guerre civile, place l’intrigue dans le même lieu, la désormais connue « cité des Pigeonniers", et réintroduit le récit quelques semaines ou mois après la fin de son précédent roman. La plume furieuse de l’auteur permet de désamorcer les jugements et de décrire l’abîme, l’environnement abîmé, désolé, mais imaginatif et vivant, où se croisent des destins tout aussi surprenants et troublés.


Bibliographie :

  • Fabrication de la guerre civile (Seuil, 2016)
  • Dans les Cités (Seuil, 2011)
  • Le Génie du proxénétisme (Seuil, 2008)
Fabrication de la guerre civile

Fabrication de la guerre civile

Seuil - 2016

Située dans une ville nouvelle, en région parisienne, la Cité des Pigeonniers
abrite 322 appartements, 1 200 habitants. C’est un petit monde, dense,
poissé par la crise et la paupérisation exponentielle, qui va entrer en fusion à
la lumière d’un projet de rénovation urbaine, lequel doit raser les bâtiments,
disperser la population, avant une reconstruction future.
Fabrication de la guerre civile propose une archéologie sociale sous la forme
d’une vaste fresque, sombre, poétique et romanesque, dans une cité fictive.
L’exploration patiente, courant sur une année, des strates fragilisées et
douloureuses d’une microsociété : amours et amitiés, travail et absences de
travail, accidents et malchances, pressions sociales et regard des autres,
décisions fatales et formes de vie…
Parce que les Cités sont un sujet traditionnellement peu considéré dans la
société française, l’enjeu est de produire une ambitieuse et généreuse
oeuvre-monde.


Revue de presse :

  • "Puissance de ce roman qui ne perd jamais son rythme en changeant de gamme, instrument parfaitement accordé à jouer l’oratorio comico-tragique de la cité des Pigeonniers. » - Oriane Jeancourt Galignani Transfuge
  • « trailer » du roman

Dans les cités

Seuil - 2011

Les Pigeonniers, c’est comme Disneyland après la Bombe. Une cité HLM dans une ville nouvelle. 322 appartements promis à la destruction dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine. Un ethnologue est envoyé en mission dans le quartier. Il marche sur les traces de son adolescence amoureuse ? elle s’appelait Bach Mai : Vietnamienne, surdouée, et un modèle d’intégration contrariée. L’ethnologue doit ramener de beaux et instructifs portraits qui aideront à caler les discours officiels quand les bulldozers débarqueront. Très vite, il se trouve plongé dans un puissant maelström de rencontres, où les grandes questions ne portent pas sur l’urbanisme, mais sont plutôt : L’adolescence est-elle une maladie honteuse ? Faut-il avoir peur du travail ? Comment sauver les arbres sinon par la lutte armée ? Qui réceptionnera la prochaine livraison de coco pour Mong Mong ? La minijupe en jean, too much avec les sandales bleues ? Où a fugué cette fois la fougueuse Bégum ? Les horoscopes disent-ils toujours la vérité ? Que s’est-il réellement passé dans le square, juste avant que la foule ne se mette à cogner ?

Les nouveaux langages de la ville

Saint-Malo 2011

"Les expressions de la rue. Entre néologisme et barbarisme. Le nouvel argot, un patois de banlieue ? Etymologie urbaine. D’où viennent les expressions qu’utilisent les jeunes ? Dis-moi combien tu utilises de mots, je te dirai qui tu es. Les ghettos linguistiques. Les discriminations grammaticales. Face à la rhétorique redoutable des politiciens, les phrases fragiles de ceux qui inventent des mots tellement ils en ont peu..." (spéciale dédicace à Souleymane Diamanka pour le développement de ce débat).

Avec Alfred Alexandre, Rachid Santaki, Insa Sane, Charles Robinson.

Un débat animé par Willy Persello.