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SHACOCHIS Bob

États-Unis

La Femme qui avait perdu son âme (Gallmeister, 2016)

Auteur-monde par excellence, Bob Sachochis débute une œuvre marquante avec Au bonheur des îles, qui, avec réalisme et un humour parfois grinçant, narre l’envers de la vie sous les tropiques. Ce recueil de nouvelles, dont la frappante Sous les eaux du volcan, bénéficie de la première édition intégrale en France, chez Gallmeister (le spécialiste des écritures américaines) cette même année en 2016, avec quatre nouvelles inédites. Ce livre, politique et lyrique, est tissé d’intrigues financières et sentimentales, irrigué tant de réflexions géopolitiques que de résurgences vaudoues. Un ouvrage dans les pages duquel l’écrivain auscultait minutieusement le mélange de charité naïve et de disposition prédatrice ayant dicté, dans les dernières décennies du XXè siècle, l’attitude des États-Unis vis-à-vis du reste du monde — disons, le Sud, incarné en l’occurrence par une île imaginaire des Caraïbes. Shacochis questionne dans son œuvre le rapport qu’entretient les États-Unis avec le reste du monde. Le livre obtient le National Book Award en 1985.

Écrivain, journaliste, correspondant de guerre, né en Pennsylvanie en 1951, il se forge une conscience politique fermement ancrée à gauche et durablement engagée, et couvre, parmi d’autres investigations, l’invasion d’Haïti en 1994. Vivant entre le Nouveau-Mexique et la Floride, l’auteur enseigne dans divers programmes d’écriture.

Une longue absence éditoriale (plus de quinze ans) voit son grand retour sur la scène littéraire américaine se matérialiser par la publication de La femme qui avait perdu son âme, fresque envoûtante qui traverse cinq décennies de l’histoire d’un père et de sa fille. Entre roman d’amour et thriller, Bob Shacochis nous entraîne à travers les conflits du monde moderne sur les traces d’une héroïne inoubliable. Ce livre, finaliste du Prix Pulitzer en 2014 et lauréat du Dayton Literary Peace Prize or Fiction, est considéré comme le Grand Roman Américain de l’ère post-11 septembre.

La Femme qui avait perdu son âme

La Femme qui avait perdu son âme

Gallmeister - 2016

Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d’une route en Haïti. Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ? Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l’avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnette, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l’histoire du monde dans l’ombre des gouvernements.
Traduit par François Happe


Revue de presse :

  • « Refusant de choisir entre roman sentimental, thriller à la John Le Carré et tragédie contemporaine. Renversant la chronologie, saturant son récit d’informations historiques et géopolitiques, semant le trouble sur l’identité des personnages, arrêtant parfois l’histoire le temps de réfléchir ou de méditer. Irriguant sa narration d’interrogations corrosives sur les relations entre religion et politique, foi et sentiment patriotique — mais aussi, de façon latente et omniprésente, sur l’hubris masculine, « cette violence fondamentale [...], cette démence que les hommes abritaient », qui est leur "vérité première et absolue" sur laquelle est venue se meurtrir l’âme de son étincelante héroïne. »
    Télérama
  • « La Femme qui avait perdu son âme est un long roman (près de 800 grosses pages) d’espionnage, passionnant et trompeur comme le veulent les lois du genre, qui traverse divers pays (Haïti, la Croatie, la Turquie, les Etats-Unis) et diverses époques (de la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’aube des années 2000, on voit apparaître Al-Qaeda) - mais ce qui est aussi espionné est le cœur et l’âme de l’être humain, la part d’humanité et d’inhumanité qu’il y a en chacun, et ce n’est pas le moins passionnant et trompeur. »
    Libération
  • « Un livre monumental et passionnant dont le souffle, l’ambition et la densité souffrent difficilement le compagnonnage avec les autres romans de cette rentrée de janvier. Pour qui voudrait comprendre pourquoi l’Amérique se croit sans cesse obligée de se mêler de ce qui ne la regarde pas, pour qui sait que tout bon thriller est aussi un drame shakespearien (et une histoire d’amour), alors, Shacochis sera votre homme. »
    Le Figaro
  • « Fresque aux accents shakespeariens, mêlant le thriller au métaphysique, l’humain au géopolitique, La femme qui avait perdu son âme est le grand roman de l’Amérique post-11 septembre. »
    Les Inrocks
Au bonheur des îles

Au bonheur des îles

Gallmeister - 2016

Paradis de solitude ou société en miniature, les îles de ce recueil se disputent le statut de territoire pour naufragés. Il y a d’abord cet Américain, expatrié dans les Caraïbes, qui se retrouve à devoir conserver sa mère décédée dans la chambre froide de son hôtel. Et aussi ces deux insulair es qui, malgré eux, fomentent un début de révolution. Sans parler de ce trafiquant de drogue pourchassé par la police, qui plonge dans l’océan avant d’être sauvé par un bateau rempli de réfugiés. Tous affrontent ici des mers incertaines.


Revue de presse :

  • « La prose de Shacochis a la brutalité d’un breuvage dont on ne se méfie pas, elle exige du coffre. Au bonheur des îles fixe l’image concrète de l’autre Caraïbe, l’autre Amérique. »
    Le Monde
    - « Shacochis a le souffle et la puissance visionnaire des plus grands. »
    Le Point
  • « Les histoires de Shacochis ont un élan narratif naturel, digne de la maîtrise d’un grand maître. Je pense que ce garçon écrit depuis le berceau. »
    John Irving