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Aussi riche que le roi

Gallimard

« Il y avait l’odeur des brochettes, les gars des tables Coca-Cola qui la sifflaient : t’es belle petite, le bruit sur le terrain d’en face avec les chants du Raja, l’équipe de foot de Casa ; il y avait le vent frais de janvier, le tintement des canettes qui s’entrechoquaient, les insultes, les crachats ; et il y avait Driss, là, sur le côté. Elle le voyait, géant sur ses jambes courtes, une main tranquille sur l’épaule du flic, et l’autre fouillant sa poche pour lui glisser un petit billet de cent, sa bouche lançant quelques blagues entendues, un clin d’œil de temps en temps ; et le flic en face souriait, attrapait le billet, donnait à Driss une tape dans le dos, allez, prends une merguez, Sidi, ça me fait plaisir. Driss, le géant au milieu des pauvres, Driss le géant qu’elle venait d’embrasser, pensait Sarah ; avec son fric, il n’y aurait plus jamais de flic, plus jamais de lois — ce serait eux deux, la loi. »

Années 1990, Casablanca. Sarah n’a rien et à la sortie du lycée, elle rencontre Driss, qui a tout ; elle décide de le séduire, elle veut l’épouser. Sa course vers lui, c’est un chemin à travers Casa et ses tensions : les riches qui prennent toute la place, les joints fumés au bord de leurs piscines, les prostituées qui avortent dans des arrière-boutiques, les murmures faussement scandalisés, les petites bonnes harcelées, et l’envie d’aller ailleurs. Mais ailleurs, c’est loin.

Aussi riche que le roi

Aussi riche que le roi

Gallimard - 2021

« Il y avait l’odeur des brochettes, les gars des tables Coca-Cola qui la sifflaient : t’es belle petite, le bruit sur le terrain d’en face avec les chants du Raja, l’équipe de foot de Casa ; il y avait le vent frais de janvier, le tintement des canettes qui s’entrechoquaient, les insultes, les crachats ; et il y avait Driss, là, sur le côté. Elle le voyait, géant sur ses jambes courtes, une main tranquille sur l’épaule du flic, et l’autre fouillant sa poche pour lui glisser un petit billet de cent, sa bouche lançant quelques blagues entendues, un clin d’œil de temps en temps ; et le flic en face souriait, attrapait le billet, donnait à Driss une tape dans le dos, allez, prends une merguez, Sidi, ça me fait plaisir. Driss, le géant au milieu des pauvres, Driss le géant qu’elle venait d’embrasser, pensait Sarah ; avec son fric, il n’y aurait plus jamais de flic, plus jamais de lois — ce serait eux deux, la loi. »

Années 1990, Casablanca. Sarah n’a rien et à la sortie du lycée, elle rencontre Driss, qui a tout ; elle décide de le séduire, elle veut l’épouser. Sa course vers lui, c’est un chemin à travers Casa et ses tensions : les riches qui prennent toute la place, les joints fumés au bord de leurs piscines, les prostituées qui avortent dans des arrière-boutiques, les murmures faussement scandalisés, les petites bonnes harcelées, et l’envie d’aller ailleurs. Mais ailleurs, c’est loin.

Toute langue est étrangère à elle-même

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Anna MOÏ, Yamen MANAI, Nathalie PAPIN, Abigail ASSOR -

Animé par Samia KASSAB

Être écrivain c’est faire l’expérience que toute langue est étrangère, à commencer par la sienne propre. Peut-on encore sérieusement tenir l’équation langue = identité ? Il se pourrait que l’enjeu soit moins de « posséder » une langue que d’affirmer un « style »… Et Kourouma de poursuivre : « Au long terme, ce qu’on veut, ce qu’on veut obtenir, c’est de creuser dans le français universel un petit trou, un petit univers, dans lequel on est chez soi et on est à l’aise, dans lequel on puisse exprimer toutes les réalités africaines, tous les sentiments des personnages africains. »


Penser dans une langue, écrire dans une autre

Théâtre des Régions - Rencontres
Avec Meryem ALAOUI, Abigail ASSOR, Beata UMUBYEYI MAIRESSE, Kim THUY -

Animé par Christine CHAUMEAU

On ne se libère jamais de l’oralité et de sa langue maternelle. « Voyez-vous, je parle toutes les langues, mais en yiddish », disait Kafka. On parle de « souffle », de « voix » : le poème, le roman, sont toujours l’irruption de l’oralité dans la langue écrite, qui en bouscule les codes, lui donne vie. Sans eux la langue serait vite langue morte. Ce rapport complexe entre la parole (d’un sujet vivant) et la langue (le système) est intensément vécu par tous les écrivains, particulièrement ceux qui se trouvent entre deux langues, particulièrement si l’une (par exemple le créole) est essentiellement orale. Comment dès lors tracer sa voie ?


Entre deux mondes

Théâtre des Jeunes Créateurs - Cafés Littéraires
Avec Abigail ASSOR, Leïla SLIMANI, Emmelie PROPHÈTE, Kim THUY -

Animé par Maëtte CHANTREL

Comment vit-on l’entre-deux ? Entre deux mondes ? Entre deux langues ? Dans son dernier livre, Leïla Slimani, invitée cette année à passer une nuit blanche, seule, dans le musée de la Pointe de la Douane à Venise, nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident. Avec Les villages de Dieu, Emmelie Prophète nous attire dans les tréfonds de Port-au-Prince et dit l’effondrement et la banalité du mal dans cette ville livrée à ses démons. C’est dans les riches quartiers de Casablanca et les lointains bidonvilles que nous emmène Abigail Assor, pointant du doigt les travers de la société marocaine, décortiquant les rapports de domination entre riches et pauvres, hommes et femmes. Un récit d’une grande force sur les illusions de pouvoir.


Espoirs et désillusions

Espoirs et désillusions

Vidéos : Poésie et rencontres
Avec : Abigail ASSOR, Judith PERRIGNON, Stéphanie COSTE - Saint-Malo 2021

Animé par : Pierre KRAUSE

Le roman de Judith Perrignon traverse 80 ans d’histoire. Si le vieil eldorado industriel est en ruines, les gens qui ne l’ont pas quitté. Et c’est une tout autre histoire qu’ils nous racontent. Abigail Assor dans son livre dévoile tous les travers de la société marocaine à travers le destin d’une jeune héroïne prête à tout pour échapper à sa condition sociale pour devenir riche. Stéphanie Coste retrace l’histoire d’un continent meurtri à travers celle d’un bourreau au sombre passé. Un récit sur la perte d’humanité, et l’espoir de trouver,
malgré l’horreur, de l’empathie dans chacun.