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Le chien, la neige, un pied

Anacharsis

Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu’on se raconte le soir à la veillée.

Adelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps immémorial. Les années ont passé, identiques à elles-mêmes. Quoique. Adelmo Farandola n’a pas le souvenir très lucide. Les saisons s’empilent dans sa mémoire comme en un brouillard indistinct.
Une longue grisaille vécue à l’écart des hommes, dans une solitude absolue, entretenue, revêche, un peu méchante. Mais cet hiver-là surgit un chien. Bavard. Pétulant. La truffe en éveil. Il adopte Adelmo Farandola.
Au printemps, la fonte des neiges révèle peu à peu un pied humain non loin de leur cabane. À qui appartient-il ? Qui l’a mis là ? Adelmo Farandola ne se souvient pas très bien des événements de l’an passé…

Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. Auteur d’une demi-douzaine de romans, il est regardé comme un écrivain des plus prometteurs en Italie.

Traduit de l’italien par Laura Brignon

Les pierres

Les pierres

Anacharsis - 2018

Dans un pays de montagnes, les habitants des villages jumeaux de Sostigno (dans la vallée) et Testagno (sur les hauteurs) sont confrontés à un phénomène pour le moins intriguant : les pierres, rocs, cailloux, gravillons et autres galets de rivière se meuvent de par une volonté qui leur semble propre. Non sans malice parfois, ou suivant la logique énigmatique d’un aléatoire complet, les mouvements et apparitions inopinées des pierres dans ces villages chamboulent de fond en comble les rituels quotidiens des villageois, qui ont dû composer avec ce nouvel état de faits.

Les maisons glissent sur leurs fondations, des éboulements sournois menacent les bêtes, certains cailloux se décalent pour pouvoir trouver une place au soleil plutôt qu’à l’ombre, le lit du torrent adjacent change brusquement de cours… les
« gens de la ville » n’ont pas été longs à venir observer le phénomène. Scientifiques, géologues, mages, astronomes ou simples touristes se sont précipités pour assister à l’extraordinaire. Et en même temps, les montagnards, eux, ont dû réinventer leurs habitudes.

Claudio Morandini développe sur ce canevas un roman en forme de fable, un récit marqué au coin de l’étrange le plus déroutant, où s’articulent ensemble un humour récurrent et une angoisse sourde devant l’imprévisibilité des pierres animées.

Ce sont les villageois eux-mêmes qui forment le chœur polyphonique et bavard de la narration. Sous prétexte de remonter aux origines de l’apparition des premières pierres mouvantes, ils racontent les déboires du couple de citadins pré- retraités qui, les premiers, furent confrontés au phénomène. Et ce faisant, c’est un conte à la lisière du fantastique que Morandini nous invite à lire, une méditation fine sur ce qui se produit dès lors que notre sens du réel se voit perturbé par le surgissement de l’inexplicable – ou de l’inexpliqué.
trouve ici une résonance à la fois contemporaine et inactuelle, comme ces

histoires narrées jadis à la veillée dont les sens multiples profondément enfouis ne se dévoilent qu’avec le temps qui passe.

Phrase d’accroche : Aussi étrange que d’Alfred Hitchcock. Avec la pointe d’humour nécessaire.

Traduit de l’italien par Laura Brignon