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Reconnaissance

Gallimard

« Un soir, dans un refuge de haute montagne, un mystérieux randonneur m’a fait don d’un bloc transparent qu’il prétendait être le "Cristal du Temps".
Plus tard, au lieu de me remettre à la rédaction de mon roman, j’y ai plongé les yeux. Des moments de ma vie ont surgi en désordre : scènes banales ou incongrues, êtres perdus de vue, anecdotes auxquelles je n’aurais jamais repensé, comme la mise à mort d’un lapin, la folie d’une jeune plasticienne russe, un amnésique oublié, la femme qui voulait devenir un ange, les singes dans les ruines d’un temple khmer, les gosses cruels des rues du Caire…
Fasciné, j’étais contraint de reconnaître – comme un homme admet être le père d’un enfant – que ces aventures invraisemblables, ces rencontres sans lendemain, étaient bien miennes. Le cristal m’en restituait chaque détail. Impitoyable, il m’infligeait aussi le souvenir de mes propres rêves et quelques images de mon avenir.
Cette "vie réelle", j’ai voulu l’écrire. Ce vaste désordre s’est transmué en récits, histoires étranges et fragments romanesques. Explorateur en territoire dangereux, je racontais. Immense était ma reconnaissance envers le monde, sa variété, sa douleur et son énigme. »


Revue de presse

  • "Son livre est comme le recueil de mille et une nouvelles qu’il aurait pu écrire séparément. Il nous mène à une liesse partagée devant la richesse inépuisable de la réalité et de la vie. Au bord même du fleuve de la mort, le Léthé, sa réflexion sur le fait d’écrire nous conduit à une sorte de bonheur partagé. Ce beau livre est mystérieux comme les rêves les plus fous et attirants comme les contes les plus joyeux." (Bruno Frappat, La Croix)
Reconnaissance

Reconnaissance

Gallimard - 2017

« Un soir, dans un refuge de haute montagne, un mystérieux randonneur m’a fait don d’un bloc transparent qu’il prétendait être le "Cristal du Temps".
Plus tard, au lieu de me remettre à la rédaction de mon roman, j’y ai plongé les yeux. Des moments de ma vie ont surgi en désordre : scènes banales ou incongrues, êtres perdus de vue, anecdotes auxquelles je n’aurais jamais repensé, comme la mise à mort d’un lapin, la folie d’une jeune plasticienne russe, un amnésique oublié, la femme qui voulait devenir un ange, les singes dans les ruines d’un temple khmer, les gosses cruels des rues du Caire…
Fasciné, j’étais contraint de reconnaître – comme un homme admet être le père d’un enfant – que ces aventures invraisemblables, ces rencontres sans lendemain, étaient bien miennes. Le cristal m’en restituait chaque détail. Impitoyable, il m’infligeait aussi le souvenir de mes propres rêves et quelques images de mon avenir.
Cette "vie réelle", j’ai voulu l’écrire. Ce vaste désordre s’est transmué en récits, histoires étranges et fragments romanesques. Explorateur en territoire dangereux, je racontais. Immense était ma reconnaissance envers le monde, sa variété, sa douleur et son énigme. »


Revue de presse

  • "Son livre est comme le recueil de mille et une nouvelles qu’il aurait pu écrire séparément. Il nous mène à une liesse partagée devant la richesse inépuisable de la réalité et de la vie. Au bord même du fleuve de la mort, le Léthé, sa réflexion sur le fait d’écrire nous conduit à une sorte de bonheur partagé. Ce beau livre est mystérieux comme les rêves les plus fous et attirants comme les contes les plus joyeux." (Bruno Frappat, La Croix)
L'état du ciel

L’état du ciel

Gallimard - 2013

« Au ciel tout va mal, Dieu se détourne de sa création. Les Anges sont livrés à eux-mêmes. Seul Raphaël, sans mission ni message, médite encore un modeste miracle. Depuis son balcon il se penche au-dessus du monde. Le ciel s’ouvre. Le hasard fait – mais est-ce le hasard ? – que là-bas, tout en bas, dans une maison construite à flanc de montagne, surplombant un lac dont les reflets font paraître le ciel plus beau, il aperçoit une femme endormie.
Nora est allongée en travers du lit défait, paupières closes, encore absente au monde, la chemise de nuit remontée au-dessus de la taille, les seins évadés du coton blanc. Un premier rayon de soleil vient glisser sur sa chair, gainer lentement ses jambes, caresser ses cuisses, chauffer son ventre. Le matin le plus ordinaire est aussi l’origine du monde. Quand la lumière atteint son visage, plaquant sur ses yeux une lame chauffée au rouge, Nora fait un bond hors du lit. Debout au milieu de la chambre, elle vacille. Ses pieds nus collent au carrelage tandis que la chemise retombe autour de son corps luisant de sueur. Son cœur cogne, comme d’habitude, à la seule idée de devoir affronter le jour. »