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Léonora Miano : "Écrits pour la parole" (Théâtre, Éd. de l’Arche)

Léonora Miano poursuit aujourd’hui au théâtre son travail sur le vécu des "afropéens" : elle publie aux éditions de l’Arche un recueil de monologues sur l’expérience intime des Noirs de France. Ces Écrits pour la parole , divisés en deux parties, « In-tranquilles » et « Femme in a city », se veulent à la fois sensibles et politiques, "au sens noble du terme".

Dans le cadre de la carte blanche que lui donne le Musée Dapper en mars prochain, l’auteur ouvrira le 14 mars 2012 une série de rendez-vous intitulée "Mahogany March" par une lecture d’extraits de ce nouveau texte, partageant la scène avec les slameurs SILEX et le collectif ON A SLAMÉ SUR LA LUNE pour une soirée musicale résolument « afropéenne ».

Cette manifestation n’est pas la première incursion de l’auteur de Contours du jour qui vient (Prix Goncourt des lycéens en 2006) sur les planches : après avoir donné des frissons au public de la soirée à Blonda au festival Étonnants Voyageurs de Bamako en 2010, elle avait porté de sa voix grave un répertoire de chansons (Sankofa Cry) dédié à l’expérience des premiers Subsahariens déportés durant la Traite transatlantique sur la scène de Maison des arts de Saint Herblain en mai 2011.


« Petite fille, tu te voyais blanche dans tes rêves, tu savais
que c’était toi, la seule chose, c’est que tu étais blanche, il y avait une balançoire dans le jardin, de l’herbe verte autour, des pâquerettes comme des sourires au milieu des touffes d’herbe, tu étais heureuse là, tournant le dos à la maison,
une petite bâtisse en bois jamais habitée dans la réalité, seulement dans tes rêves, elle était bleue, pas vraiment, tu dirais indigo, ce qui semble curieux pour les murs d’une maison, mais c’était ainsi, un rosier grimpant à fleurs rouges courait le long de la façade, à droite de la porte d’entrée peinte dans les mêmes tons que les murs, si bien qu’on ne la distinguait pas, tu crois qu’il n’y avait pas de fenêtres. Paupières plissées pour protéger la claire pupille de tes yeux tournés vers le soleil, tu te balançais toute la journée jusqu’au crépuscule, tu ne t’es jamais vue faisant quoi que ce soit d’autre ni côtoyant quiconque, il y avait des gens dans la maison mais tu ne les voyais pas, ne recherchais pas leur compagnie ni eux la tienne, il n’y avait pas une fourmi, pas un ver de terre, aucune de ces bestioles que remarquent
les enfants, aucune compagnie d’amis imaginaires, tu étais seule sur ta balançoire, seule et blanche, seule mais blanche, cela te convenait, tu en avais même besoin, de la solitude comme de la blancheur, le rêve prenait fin au coucher du soleil, la fillette aux yeux clairs poussait la porte indigo, pénétrait dans l’habitation, tu ne la voyais jamais faire, c’était là que sonnait le réveil, l’heure de vivre dans le vrai. »

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