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ORSENNA Erik

France

Voyage au pays des bibliothèques (Stock, 2018) ; Désir de Villes (Robert Laffont, 2018) ; Dernières nouvelles du monde (Robert Laffont, 2018)

©Bernard Matussière

Écrivain malicieux, aventurier, amoureux de géographie, passionné d’enquêtes... cet académicien peu commun n’hésite jamais à parcourir les quatre coins du monde pour écrire ses romans et nourrir ses enquêtes. Ses dernières publications témoignent bien de l’éclectisme qui caractérise cet amoureux des mots : le 5e tome de son Petit précis de mondialisation, Désir de villes, et un rapport ministériel sur la lecture publique avec Voyage au pays des bibliothèques.

Erik Orsenna, de son vrai nom Érik Arnoult, est un Académicien peu commun ! Écrivain malicieux, aventurier, amoureux de géographie, passionné d’enquêtes... C’est avant tout un homme engagé, qui n’hésite jamais à parcourir les quatre coins du monde pour écrire ses romans, de l’Amazonie pour l’Exposition coloniale (prix Goncourt en 1988), aux champs de coton de l’Ouzbékistan pour son Voyage aux pays du coton. Grand lecteur devant l’Éternel, il partage aussi sa tendresse pour la langue française dans de petits ouvrages érudits et fantasques : La grammaire est une chanson douce, La révolte des accents ou encore La fabrique des mots.

Au-delà de son œuvre romanesque, Erik Orsenna est aussi une figure de l’engagement politique. Un temps professeur d’économie à l’École Normale Supérieure, il fut le conseiller culturel de François Mitterand de 1981 à 1984 (expérience relatée dans Grand amour en 1993), avant d’entrer au Conseil d’État en 1985. S’il a refusé d’être ministre de Nicolas Sarkozy, il est aujourd’hui conseiller culturel et relais d’Emmanuel Macron sur le terrain, pour lequel il vient de signer un rapport sur la culture et l’ouverture des bibliothèques.

Très engagé dans la réflexion sur les crises économiques et énergétiques, il a également signé plusieurs ouvrages sur le système économique mondiale et ses phénomènes comme Un monde de ressources rares. Il est également l’auteur d’une série sur la globalisation et ses enjeux, regroupé sous le titre de Petit précis de mondialisation. Des livres dans lesquels il expose son inquiétude mais aussi ses espoirs quant à l’avenir de notre planète : L’avenir de l’eau, Voyage aux pays du coton ou encore Sur la route du papier.

Après un ouvrage plus personnel sur sa relation avec son père en 2016, L’origine de nos amours, un livre subtil qui dévoile au fil des pages les rapports pudiques et tendres qui unissent les deux hommes, il publie l’année dernière le 4e tome de son Petit précis de mondialisation, qui s’attaque cette fois au moustique : Geopolitique du moustique (Fayard). Après le coton, l’eau et le papier, Erik Orsenna nous emmène à nouveau en voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Accompagné du docteur Isabelle de Saint Aubin, il fait le tour du monde à la poursuite de ce petit animal vieux de 250 millions d’années, qui nous transporte alors au cœur d’une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, mais aussi de santé planétaire… Même année, autre thème : il publie La Fontaine : une école buissonnière. Une biographie dans laquelle ce gourmand des mots réhabilite joyeusement les contes du génial poète, largement éclipsés par l’Éducation nationale à cause de leur caractère érotique.

L’hyperactif Erik Orsenna nous revient cette année à Saint-Malo avec une triple actualité.

  • Le 5e tome de son Petit précis de mondialisation, Désir de villes, tour d’horizon de deux cent villes de France et d’ailleurs : en compagnie de l’architecte-paysagiste Nicolas Gilsoul, il nous invite à une exploration extraordinaire de la ville, cet univers urbain en perpetuelle extension qui façonne notre monde.
  • Dernières nouvelles du monde est une anthologie des ces textes et petits précis publiés à propos de la mondialisation, comme Éloge des courants ou Voyage au pays du coton. À cet ensemble s’ajoute aussi des textes moins connus comme son Histoire du monde en neuf guitares.
  • Pour Voyage au pays des bibliothèques, sa dernière actualité, cet « ambassadeur de la lecture » se fait à la fois conseiller, plume et homme de terrain du président Macron : accompagné de Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles, il a sillonné la France de septembre à décembre 2017 pour prendre la mesure du dynamisme des bibliothèques, en ville comme dans les territoires ruraux.

Bibliographie :

  • Voyage au pays des bibliothèques (Stock, 2018)
  • Dernières nouvelles du Monde (Robert Laffont, 2018)
  • Désir de villes (Robert Laffont, 2018)
  • Geopolitique du moustique (Fayard, 2017)
  • La Fontaine : une école buissonnière (Stock, 2017)
  • L’origine de nos amours (Stock, 2016)
  • La Vie, la mort, la vie. Louis Pasteur 1822-1895 (Fayard, 2015)
  • Passer par le nord, la nouvelle route maritime (Paulsen, 2014)
  • Mali, ô Mali (Stock, 2014)
  • La Fabrique des mots (Stock, 2013)
  • Sur la route du papier (Stock, 2012)
  • L’entreprise des Indes (Stock, Mai 2010)
  • L’avenir de l’eau (Fayard, 2009)
  • Rochefort et la Corderie royale (Chasse Marée, 2009)
  • La Chanson de Charles Quint (LGF, 2009)
  • Deux étés (Corps 16, 2008)
  • La Révolte des accents (LGF, 2008)
  • Quels espaces pour demain ? (Stock, 2008)
  • Un monde de ressources rares (Librairie Académique Perrin, 2008)
  • Histoire de la glaciologie (Vuibert, 2007) avec Frédérique Rémy
  • Salut au grand Sud (Lgf, juillet 2007 - avec Isabelle Autissier)
  • Circumpolaris : Vagabond dans l’Arctique (Glénat, 2007) avec France Pinczon du Sel et Eric Brossier
  • La révolte des accents (Stock, juin 2007)
  • Kerdalo : Le jardin continu (Les Editions Eugen Ulmer, 2007) avec Isabelle Vaughan, Timothy Vaughan et Yann Monel
  • Un monde de ressources rares (Perrin, 2007)
  • Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation (Fayard, 2006)
  • Salut au grand Sud, avec Isabelle Autissier (Stock, 2006)
  • Portrait du Gulf Stream : Eloge de tous les courants (Seuil, 2005 ; poche 2006)
  • Si on rêvait... (collectif, Belin, 2005)
  • Henri Cartier-Bresson (Thames & H., 2005)
  • Dernières nouvelles des oiseaux (Stock, 2005)
  • Le geste et la parole des métiers d’art (Le Cherche midi, 2004)
  • Nous Tintin (collectif, Editions Moulinsart, 2004)
  • Les Chevaliers du Subjonctif (Stock, 2004)
  • Histoire du monde en neuf guitares (Fayard, 2004)
  • Madame Bâ (Stock, 2003)
  • La grammaire est une chanson douce (Stock, 2001)
  • Portait d’un homme heureux : André Le Nôtre (Fayard, 2001)
  • The Race, la course du millénaire (collectif, Solar, 2001)
  • Mésaventures du paradis. Mélodie cubaine (Seuil, 1996)
  • Rochefort et la Corderie royale (1995)
  • Grand amour (Seuil, 1993)
  • L’Exposition coloniale (Seuil, 1988 - prix Goncourt)
  • Une comédie française (Seuil, 1980)
  • La Vie comme à Lausanne (Seuil, 1977 - prix Roger Nimier)

Voyage au Pays des Bibliothèques

Stock - 2018

Mardi 20 février, le rapport de la mission Orsenna, "Voyage au pays des bibliothèques", a été remis au Président de la République, lors d’un déplacement avec la ministre de la Culture aux Mureaux, dans les Yvelines.

Le Président de la République a fait de l’ouverture des bibliothèques le dimanche et en soirée l’une de ses priorités en matière culturelle. Il s’agit d’élargir encore la fréquentation du premier réseau culturel français (16 500 points d’accès au livre et à la culture, qui ont accueilli en 2016 27 millions de personnes) à des moments où nos concitoyens disposent de temps libre. Pour porter cette ambition et sensibiliser les acteurs au rôle fondamental des bibliothèques dans notre société, Françoise Nyssen a confié le 31 juillet 2017 à Erik Orsenna, de l’Académie française, une mission d’ambassadeur de la lecture.
Accompagné par Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles, Erik Orsenna a sillonné la France de septembre à décembre 2017, lors d’un « tour de France » qui lui a permis de recueillir les attentes des parties prenantes (élus, professionnels des bibliothèques et usagers) et de mesurer le dynamisme des bibliothèques, en ville comme dans les territoires ruraux. Cette ambition présidentielle d’ouvrir plus les bibliothèques s’est traduite, dès la loi de finances 2018, par une augmentation de 8 M€ de l’aide qu’apporte l’État aux collectivités territoriales pour soutenir l’extension des horaires d’ouverture de leur bibliothèque.
La journée professionnelle, qu’organise la Ministre de la culture le 9 avril prochain, permettra de mettre en œuvre les préconisations d’Erik Orsenna pour transformer les bibliothèques en maisons de service public culturel de proximité, au service de la culture, de l’éducation, de l’inclusion numérique, de la lutte contre les inégalités et de l’égalité des territoires. Le projet de transformation des bibliothèques est en cours avec les collectivités territoriales.

Pourquoi pas l'Antarctique

Pourquoi pas l’Antarctique

(Joël Calmettes, Chiloé Productions, France 5, Planète Thalassa, 2006, 52’) -
Eric Orsenna et Isabelle Autissier en mer de Weddell
© J. Calmettes

Sept semaines en voilier avec Isabelle Autissier et Erik Orsenna à la découverte de l’antarctique...

Projection précédée d’un débat avec Erik Orsenna, Isabelle Autissier et Joël Calmettes (10h30)

Desir de Villes

Desir de Villes

Robert Laffont - 2018

À ce jour, mars 2018, cinquante agglomérations dépassent, sur notre planète, les dix millions d’humains. Soixante-cinq millions à Hong Kong et dans les alentours de la rivière des Perles ; quarante-deux millions pour Tokyo et son proche voisinage ; trente-cinq millions pour Jakarta…
D’ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. Bientôt, dans quinze ans, dans vingt ans, ce seront les deux tiers…
Et si la ville était le creuset de toutes les inventions, le plus formidable des réservoirs de la vie ? Voilà pourquoi, en pestant, en ronchonnant, en rêvant de campagne, on se précipite pour y vivre. Alors, bienvenue dans deux cents villes d’aujourd’hui, dont trente françaises, de Paris à Guéret, de Lyon à Montfermeil. Bienvenue dans la vie moderne.

  • C’est une exploration extraordinaire à laquelle nous invitent l’écrivain Erik Orsenna et l’architecte-paysagiste Nicolas Gilsoul. Celle des villes, leur passion commune, dont l’inexorable extension façonne le présent et l’avenir de notre planète. (Daniel Fortin, Les Echos)

Dernières nouvelles du Monde

Dernières nouvelles du Monde

Robert Laffont - 2018

Navigateur et grand voyageur, mais aussi économiste, Erik Orsenna voulait mieux comprendre les mécanismes concrets de la mondialisation. C’est ainsi que, admirateur intimidé depuis toujours d’Albert Londres et de Joseph Kessel, il s’est mué en grand reporter.
Dans Portrait du Gulf Stream. Éloge des courants, le marin breton qu’il est s’interroge sur les changements climatiques. Prenant très tôt conscience de cette nouvelle réalité du monde, il est allé, pour mieux l’appréhender, à la rencontre des savants et s’est rendu sur les lieux les plus exposés. Cette même démarche l’a entraîné dans un Voyage aux pays du coton, du Mali à la Chine et du Texas à Alexandrie. Une aventure « faite de fils et de liens » qui commence de manière artisanale dans la nuit des temps et se poursuit aujourd’hui à travers l’agriculture et l’industrie. Dans L’Avenir de l’eau, il alerte : un très grand nombre d’habitants de cette planète n’ont toujours pas accès ni à l’eau ni à l’assainissement. Cette pénurie dramatique ne fait qu’aggraver les inégalités tandis que se multiplient les conflits. Là encore, Erik Orsenna est parti enquêter au plus près des populations, en Inde, en Éthiopie, en Chine et au Bangladesh.
L’écrivain ne pouvait manquer de se lancer tôt ou tard sur une autre route, qui le concerne encore plus intimement parce qu’elle se confond avec celle de sa vie : la Route du papier. Après un long périple, des forêts canadiennes à celles de la Russie et du Brésil, il retrace une histoire millénaire, de ses origines à l’avènement des technologies les plus modernes.
À cet ensemble s’ajoute un des textes les moins connus de l’auteur : son Histoire du monde en neuf guitares, coécrite avec son frère Thierry Arnoult. Une oeuvre de passion et d’érudition qui nous plonge elle aussi, à sa manière, au coeur des siècles et des civilisations. Qu’y a-t-il de plus mondialisé que la musique ?


Geopolitique du moustique

Geopolitique du moustique

2017

« Les moustiques viennent de la nuit des temps (250 millions d’années), mais ils ne s’attardent pas (durée de vie moyenne : 30 jours). Nombreux (3 564 espèces), volontiers dangereux (plus de 700 000 morts humaines chaque année), ils sont répandus sur les cinq continents (Groenland inclus).

Quand ils vrombissent à nos oreilles, c’est une histoire qu’ils nous racontent : leur point de vue sur la mondialisation.

Une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, de santé planétaire, mais aussi celle des pouvoirs humains (vertigineux) qu’offrent les manipulations génétiques. Allons-nous devenir des apprentis sorciers ?

Toutefois, ne nous y trompons pas, c’est d’abord l’histoire d’un couple à trois : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés).

Après le coton, l’eau et le papier, je vous emmène faire un nouveau voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Guyane, Cambodge, Pékin, Sénégal, Brésil, sans oublier la mythique forêt Zika (Ouganda) : Je vous promets des surprises et des fièvres ! »
Erik Orsenna

« Pour un tel périple dans le savoir, il me fallait une alliée. Personne ne pouvait mieux jouer ce rôle que le docteur Isabelle de Saint Aubin, élevée sur la rive du fleuve Ogooué, au coeur d’un des plus piquants royaumes du moustique. »


La Fontaine : une école buissonnière

La Fontaine : une école buissonnière

Stock - 2017

« Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés.
Malicieuse et sage compagnie !
Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ?
Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris, joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière, Racine.
Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque de l’ombre au Roi Soleil.
Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être, pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.
Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.
Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L’Éducation nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les apprendre. On y rencontre trop de dames « gentilles de corsage ».
Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie : mi-fable, mi-conte.
Gravement coquine. »

Revue de presse

  • Si l’auteur Erik Orsenna était un animal de fable, ce serait un papillon butineur, goûtant avec une joie communicative au nectar des personnages qu’il raconte (Caroline Michel, L’Obs)
  • Un essai de haut vol (Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine)
  • Érudition et légèreté (Sophie Pujas, Le Point)
  • Furieusement moderne (Élise Racque, Télérama)
  • Savoureux (Philippe Péron, Ouest France)
  • Un savoureux feuilleton (Le Figaro)
  • Une plongée réjouissante dans le monde du poète (Marianne)

L'origine de nos amours

L’origine de nos amours

Stock, 2016 - 2016

« Un jour, je me suis remarié.
Le lendemain, mon père quittait son domicile. Entre les deux événements, personne dans la famille n’a fait le lien. 
Et pourtant, mon frère est psychiatre.
J’avais ma petite idée mais j’ai préféré la garder pour moi. Mon père, je le connaissais mieux que personne. Pour une raison toute simple : nous avions divorcé ensemble. Lui de ma mère, moi de ma première femme.Lui le lundi, moi le mercredi, de la même fin juin 1975. Et rien ne rapproche plus qu’un divorce en commun. Alors je savais que les coups de tête n’étaient pas son genre. Il suivait des plans, toujours généreux dans leur objectif, mais le plus souvent déraisonnables. Cet été-là, nous avons commencé à parler d’amour, mon père et moi. Nous n’avons plus cessé. »

Erik Orsenna


Revue de presse :

« Avec L’origine de nos amours, l’auteur s’aventure ainsi dans le plus mystérieux des territoires, celui des sentiments et des intermittences du cœur. Comme une déclaration d’amour nécessaire, aux femmes, à l’écriture, et à ce père romanesque jusque dans sa disparition »
Julien Bisson, LIRE

« L’écrivain dédie un superbe récit de gratitude à son père et explore le lien fondateur de la filiation »
Catherine Lalanne, PELERIN

« Un récit rocambolesque et un éloge de la fiction. »
Mohammed Aïssaoui, LE FIGARO LITTÉRAIRE

« Le romancier se dévoile en remontant aux origines de sa filiation : l’amour des mots, des femmes et de la musique, des histoires folles et vraies »
Ludovic Perrin, Le JDD


Mali, ô Mali

Stock - 2014

Voulez-vous les dernières nouvelles du Mali ? Un guide que vous connaissez bien, Mme Bâ Marguerite, se propose de vous y emmener. Rappelez-vous : comme on lui refusait son visa, elle avait expliqué à la République française qui elle était. Ensuite, de mauvaise humeur, elle avait traversé quelques déserts et la Méditerranée pour tenter de retrouver son petit-fils happé puis abandonné par les agents recruteurs du Paris-Saint-Germain. Dix ans plus tard, tous deux retournent dans leur pays menacé par les djihadistes. Il faut dire que Mme Bâ, qui n’est pas humble de nature, se prend pour une Grande Royale, une Jeanne d’Arc africaine. Et l’ex futur footballeur est devenu musicien, c’est-à-dire griot, embauché par sa grand-mère pour raconter sa campagne de libération mi-glorieuse, mi-désespérée. Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia. Dans un camp, au nord de Nyamey, vous jouerez avec 3 000 enfants réfugiés. Vous découvrirez l’économie très puissante et très illégale dont vit grassement le Sahara. Vous ferez connaissance avec des petits capitaines, soldats d’opérettes, terrorisés par les combats. Vous tomberez sous le charme de leurs épouses prédatrices, frénétiques de la Visa Premier. Vous remonterez le fleuve Niger en échappant à toutes sortes de périls. Vous verrez comment et pourquoi bandits et djihadistes s’entendent comme larrons en foire. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister à l’arrivée des Français. Vous participerez à la liesse générale sans réussir à faire taire en vous une petite voix sceptique : l’expédition Sarkozy en Libye avait chassé les gangsters vers le Mali. L’expédition Hollande les a renvoyés en Libye. Donc ils sont toujours là. Donc ils reviendront. Tant que les jeunes, toujours plus nombreux, n’auront d’autres perspectives que se faire engager par Aqmi ou par un trafiquant ou par les deux à la fois. Surtout vous plongerez dans la réalité du Mali, sa vaillance, sa noblesse. Mali, ô Mali ! Comment ne pas comprendre que ta fragilité est la nôtre ? Comment ne pas écouter tes musiciens, comment ne pas regarder travailler tes tisseurs ? Comment ne pas comprendre que c’est ainsi, par le chant commun et par le tissu, qu’on fait un pays de toutes les diversités ?


Passer par le nord, la nouvelle route maritime

Passer par le nord, la nouvelle route maritime

Editions Paulsen - 2014

Un état des lieux géopolitique, économique et écologique sur cette région en plein bouleversement.

La route maritime du Nord, qui permet de relier l’Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie, est aujourd’hui le plus court chemin navigable entre l’Europe et l’Asie. Un passage forcément très convoité…
Après leur voyage dans le Grand Sud, en 2006, Isabelle Autissier et Erik Orsenna ont exploré cette région du monde où, dans un contexte de réchauffement climatique, les richesses naturelles, les routes commerciales et les gigantesques ports en construction aiguisent les appétits, tandis que la faune en est la première victime.
À trois reprises, ils sont partis dans ces froides contrées pour mieux comprendre les enjeux de cette partie du monde et nous rappeler que notre avenir se joue aussi au pôle Nord.


La Fabrique des mots

Stock - 2013

« Il y a des histoires qui sont des déclarations de guerre. Voilà pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. J’ai préféré attendre que le temps passe. J’étais petite, à l’époque, dix ans et quelques mois. Mais l’heure est venue de parler. » L’ignoble Nécrole a encore frappé. L’objet de sa bataille ? Les mots. Il y en a trop, beaucoup trop. Pour faire taire tous les incurables bavards, tous les poètes, tous les chanteurs, tous les raconteurs d’histoires, tous les amoureux qui disent et redisent leur flamme, tous les humiliés qui protestent, tous les journalistes qui révèlent et, trouve-t-il, polluent de leurs nuisances sonores jusqu’à la nuit, Son Excellence le très distingué Président à vie a édité une liste, pompeusement intitulée « Circulaire VIII.2012.3917 », celle des trente mots désormais autorisés. Pour Mlle Laurencin et les élèves de CM2 de l’école Simon-Bolivar, c’est décidé, la guerre est déclarée. Parmi les escales de cette croisade sur terre et sur mer bientôt suivie par l’île tout entière, on apprendra comment le Palais de justice fait les choux gras de deux brasseries aux drôles de spécialités et ce que le Pays de Tendre dit de l’amour, on découvrira qu’une salle de classe et un centre de stratégie militaire ne sont pas si éloignés et qu’une ancienne mine d’or peut renfermer bien plus précieux que le plus précieux des métaux. Amis ou ennemis de Jeanne, en campagne ou non contre l’ignorance, on croisera le chemin d’une petite foule d’êtres et de créatures, parmi lesquels un élégant, trois jeunes à capuches, des pompiers, un Capitan accablé et très prolixe en anecdotes, un brochet plus vrai que nature, deux vieilles soeurs aussi virulentes qu’érudites, un certain M. Henri et, toujours, la furie de Nécrole… Plus de dix ans après sa première déclaration d’amour à la grammaire, Erik Orsenna ne pouvait conclure qu’en explorant la fabrique des mots. Qui les crée ? D’où viennent-ils ? Comment combinent-ils leurs origines ? A-t-on le droit d’en inventer de nouveaux ? Si l’anglais domine toutes les autres langues, nos mots à nous seront-ils réduits à l’esclavage ? À toutes ces questions, Jeanne répond, une fois de plus, et raconte ses aventures au sein de cette mystérieuse fabrique.


Sur la route du papier

Stock - 2012

« Un jour, je me suis dit que je ne l’avais jamais remercié. Pourtant je lui devais mes lectures. Et que serais-je, qui serais-je sans lire et surtout sans avoir lu ? Pourtant, c’est sur son dos que chaque matin, depuis près de soixante années, je tente de faire avancer pas à pas et gomme aidant mes histoires. Et que serait ma vie sans raconter ? Je n’avais que trop tardé. L’heure était venue de lui rendre hommage. D’autant qu’on le disait fragile et menacé. Alors j’ai pris la route. Sa route. De la Chine à la forêt canadienne, en passant par la Finlande, la Suède, la Russie, l’Inde, le Japon, l’Indonésie, Samarcande, le Brésil, l’Italie, le Portugal et bien sûr la France, j’ai rendu visite aux souvenirs les plus anciens du papier. Mais je me suis aussi émerveillé devant les technologies les plus modernes, celles qui, par exemple, arrivent à greffer des virus capables de tuer les bactéries, celle qui, grâce à des impressions électroniques, permettent de renseigner sur le parcours d’un colis les chocs qu’il a reçus et si les conditions d’hygiène et de froid ont tout du long bien été respectées. Cher papier ! Chère pâte magique de fibres végétales ! Chère antiquité en même temps que pointe de la modernité ! La planète et le papier vivent ensemble depuis si longtemps : plus de deux mille ans. Le papier est de la planète sans doute le miroir le plus fidèle et par suite le moins complaisant. » E. O.


L’entreprise des Indes

Stock - 2010

« Le 13 août 1476, au large du Portugal, le bateau que commande Christophe Colomb fait naufrage. Le futur amiral vient d’avoir vingt-cinq ans. Par miracle, il réussit à regagner la côte et trouve refuge à Lisbonne auprès de son frère cadet, Bartolomé. Lequel exerce la profession de cartographe. Depuis le début de ce xve siècle, le monde s’ouvre. Et le Portugal est le moteur principal de cette ouverture. La Renaissance commence par des expéditions lointaines. Sous l’impulsion d’Henri le navigateur, des caravelles partent chaque mois pour aller explorer les côtes de l’Afrique. À Lisbonne, capitale du savoir, se retrouvent toutes les corporations de la découverte : mathématiciens savants du ciel, cosmographes, géographes, constructeurs de bateaux et des outils de navigation… cartographes. Huit années durant, les deux frères vont travailler ensemble et préparer le voyage auquel Christophe songe depuis l’adolescence : c’est l’Entreprise des Indes, gagner Cipango (le Japon) et l’empire du Grand Khan (la Chine). Mais au lieu de la route habituelle, celle de la soie, vers l’est, on affrontera l’océan, plein ouest. En 1484, leur projet sera rejeté par le Comité des Sages qui conseille le Roi Jean II. C’est la raison pour laquelle Christophe ira tenter sa chance auprès des monarques espagnols, Isabelle et Ferdinand. Un maître cartographe, un rhinocéros, un fabricant de veuves, une maîtresse d’école pour les oiseaux, une bécassine, une prostituée réputée principalement pour la qualité de ses oreilles, Marco Polo, quelques Dominicains, des chiens dévoreurs d’Indiens, tels sont quelques-uns des personnages secondaires de ce récit. J’ai voulu m’attacher à cette période peu connue de l’histoire de la curiosité humaine. Ce moment où naît une nouvelle liberté en même temps que se développe l’Inquisition et que les Juifs sont chassés. Ces années où se conçoit peu à peu l’unité de la planète, préalable à la première mondialisation, qui ne va plus tarder. Pour ce faire, j’ai osé donner la parole au jeune frère, Bartolomé. C’est lui qui parle, c’est lui qui raconte : il est complice, et premier témoin de l’Entreprise depuis ses tout débuts. C’est aussi lui qui s’interroge : pourquoi, et comment, cette belle passion de la Découverte s’est-elle changée en génocide des Indiens ? À quoi sert de découvrir si l’on tue ce et ceux que l’on découvre ? » Erik Orsenna


Princesse Histamine

Stock - 2010

« Bonjour, je m’appelle Histamine et j’ai onze ans. On dit que je suis très belle, c’est incontestable : nez parfait, dents pointues, sourire ravageur, je ne vous parle pas de mes ongles… On dit aussi que je suis insupportable. Là, je proteste ! Je ne suis insupportable que parce que je ne supporte pas ce qui n’est PAS supportable : les gens qui sentent mauvais, les gens qui mentent, les gens trop tristes, les ennemis de la liberté, les trop heureux pour oser quoi que ce soit. Quand on est comme moi, la vie, bien sûr, n’est pas simple. Mais dans cette bataille quotidienne, j’ai des alliés : Suzanne, ma grand-mère (une princesse, comme moi), Isabelle, un médecin allergologue bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds, Marie-Martine Gérard, une conseillère d’orientation (très) naïve mais efficace, un aristocrate éleveur de hérissons, etc. Et vous voulez savoir pourquoi je m’appelle Histamine ? Demandez à votre médecin. Histamine est une substance qui a des relations avec l’allergie, et comme je suis allergique à tout, sauf à l’amour et au rêve… Ce livre est le premier tome de mes mémoires. Même à onze ans, quand on a une vie riche, il, y a déjà beaucoup à raconter. Et quand on voit les projets pour mes années prochaines… Vous n’allez pas être déçus en 2011, 2012, 2013, 2014… »


Rochefort et la Corderie royale

Chasse-Marée - 2009

C’est en 1666 que Rochefort fut "décidée" : chef d’œuvre de la volonté royale elle serait, sur les bords de la Charente entre mer et marais, modèle d’urbanisme, arsenal puissant, haut lieu de la Marine dont la Corderie demeure aujourd’hui "le vaisseau amiral, avec sa très longue coque de pierres beiges". Exactement trois siècles plus tard, en 1966, la ville est devenue toute entière décor de film ; son destin a débordé le champ de l’histoire et de la stricte mémoire pour investir celui des images et de la fantaisie. Sur les bords de la Charente, la Corderie royale constitue le joyau de l’Arsenal : la plus longue manufacture d’Europe au XVIIe siècle (374 mètres). Fleuron de l’arsenal maritime de Rochefort,manifestation éclatante du siècle de Louis XIV et chef-d’œuvre d’architecture préindustrielle, la Corderie royale a fabriqué au temps de la marine à voile les cordages nécessaires aux navires de guerre du Ponant.


L’avenir de l’eau. Petit précis de mondialisation nº2

Fayard - 2009

« Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d’eau ? Assez d’eau pour boire ? Assez d’eau pour faire pousser les plantes ? Assez d’eau pour éviter qu’à toutes les raisons de faire la guerre s’ajoute celle du manque d’eau ? Dans l’espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l’Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l’Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J’ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la fonte des glaciers. J’ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. J’ai écouté d’innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein cœur du désert ? Peu à peu, j’ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J’ai vu s’aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j’ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J’ai vu des illusions et des férocités à l’œuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n’avoir pas accès à l’eau. Un sur deux vit sans système d’évacuation. Pourquoi ? » E. O.


Et si on dansait ?

Stock - 2009

Après La grammaire est une chanson douce, après Les Chevaliers du Subjonctif, après La révolte des accents, Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l’art de ponctuer leur vie… Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s’est enhardie. Elle est aujourd’hui à la tête d’un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l’île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C’est à cette occasion, l’élargissement de sa clientèle au monde politique, que l’importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l’aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu’elle écrit. Car qu’est-ce qu’un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ? Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n’a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du cœur, noter les nuances affectives ? Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?


La Chanson de Charles Quint

Stock - 2008

« Ils étaient deux frères. Le cadet n’avait eu qu’un amour. Un seul amour depuis la jeunesse. Un amour un moment parti. Et puis revenu. Et puis épousé, trente ans plus tard, pour entrer ensemble dans la vieillesse. Peut-être aussi pour regarder avec moins de vertige le temps qui s’en allait ? L’aîné, dans ses jours les plus optimistes, se persuadait que lui aussi avait aimé. Était-ce sa faute si cet amour, la force d’amour qu’il portait en lui, s’était morcelé en de multiples, trop multiples visages, en de divers, trop divers et trop semblables corps ? Les autres jours, tous les autres jours et toutes les nuits, sans exception, il savait qu’il n’avait pas aimé. Ainsi vivaient les deux frères, dans la même ville mais chacun d’un côté du fleuve : le frère à l’amour morcelé (l’aîné) et son cadet (le frère à l’amour unique). » Erik Orsenna


Un monde de ressources rares

Perrin - 2008

Erick Orsenna et Le Cercle des économistes ont dressé l’inventaire des ressources rares... Oui, les Raretés existent et se font de plus en plus pressantes et intolérables pour les uns, pas pour les autres. Oui, il y a de vraies et de fausses Raretés. Oui, il y a aussi des Raretés partagées par toute la planète. Jamais la productivité agricole n’a été aussi forte, et jamais les famines n’ont été aussi fréquentes. Jamais la terre n’a porté autant de diplômés, et jamais l’analphabétisme n’a autant progressé. Jamais nous n’avons été aussi riches, et jamais il n’y a eu autant de pauvres. Le Cercle des économistes et Erik Orsenna ont dressé l’inventaire des ressources rares, cherché les raisons et proposent quelques principes pour échapper à cette malédiction : l’urgence dans l’action, l’innovation dans les choix, la préférence pour le développement durable et la réorganisation de la gouvernance mondiale des ressources.


Quels espaces pour demain ?

Stock - 2008

Quels espaces pour demain ? est un ouvrage conçu sous l’égide de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et sous la direction d’Erik Orsenna et de Patrick Bernasconi, président de la FNTP. En cinq chapitres – Espace et décision politique, Espace et cohésion sociale, Espace et mobilité, Espace et ruralité, Espace et Europe –, des experts de toutes les disciplines, histoire, philosophie, architecture, urbanisme, sociologie, politique, économie, examinent les problématiques des grands travaux d’équipement et les mesurent à l’aune de leur spécialité. C’est cette interdisciplinarité qui fait la richesse de l’ouvrage, c’est elle qui fait émerger des questions difficiles : comment faire pour concilier le temps court du politique et le temps long des grands travaux ? Comment faire pour intégrer de façon efficace les grandes questions de l’environnement ? Comment faire pour recréer du lien social dans des villes de plus en plus éclatées ? S’ils n’apportent pas de réponse à ces questions, les signataires n’en proposent pas moins des pistes fortes de réflexion. Voici le nom de tous ceux qui ont répondu à l’invitation d’Erik Orsenna pour débattre de ces problèmes qui concernent chacun d’entre nous : Jacques Attali Michel Barnier Jacques Barrot Gérard Bayol Jean-Claude Bontron Jean-Pierre Brard Dominique Bussereau René Carron Bertrand Delanoë Jacques Donzelot Claude Fischer Antoine Grumbach Jean-Pierre Jouyet Yves Lacoste Jean-Yves Le Drian Jacques Marseille Jean-Pierre Orfeuille Christian Saint-Étienne Pierre Veltz


Circumpolaris : Vagabond dans l’Arctique

Glénat - 2007

À bord de Vagabond, Éric Brossier et France Pinczon du Sel ont réalisé la première navigation autour de l’océan arctique. Ils ont également effectué trois hivernages au Spitsberg avec leur voilier-maison qui accueille les scientifiques venant étudier l’évolution de la banquise. Vagabond est un voilier conçu pour naviguer dans les glaces. Depuis 2000, en collaboration avec l’institut Paul-Émile Victor, il accueille des scientifiques, des sportifs et des artistes passionnés par les régions polaires. Il est le camp de base privilégié du projet européen Damoclès dont le but est d’étudier l’évolution de la banquise. Si au printemps de l’année polaire internationale, Vagabond s’ébroue après son troisième hivernage sur la côte est du Spitsberg, entre mai 2002 et octobre 2003, le voilier rouge avait d’abord réalisé la première circumnavigation de l’océan arctique, réussissant le passage du Nord-Ouest après celui du Nord-Est, entre l’Atlantique et le Pacifique. Aussi impressionnantes soient les pérégrinations de Vagabond, elles n’ont d’intérêt que lorsqu’on évoque leurs instigateurs, Éric Brossier et France Pinczon du Sel. Vagabond était leur rêve ; il est devenu leur passion, leur profession, leur maison. Lui, le scientifique, elle, l’artiste, marins tous les deux, rêvaient de s’immerger dans l’histoire de l’exploration arctique, de contempler une nature extrême, de rencontrer les habitants du Grand Nord en Norvège, Russie, Alaska, Canada, Groenland, d’étudier la faune, la flore et le climat, et surtout de partager l’aventure avec d’autres passionnés. Ils ont été comblés et n’ont de cesse de témoigner par l’image, le texte et le dessin, de leur expérience au long cours exceptionnelle. Ils ont écrit ce livre ensemble et leurs textes se répondent, se complètent, chacun dans sa tonalité propre. L’un comme l’autre ont le talent d’associer la connaissance et l’émotion, l’action et la réflexion.


Kerdalo : Le jardin continu

Les Editions Eugen Ulmer - 2007

Erik Orsenna, grand amoureux du jardin de Kerdalo qu’il arpente et admire depuis de nombreuses années, nous invite à le découvrir en compagnie de ses propriétaires, Isabelle et Timothy Vaughan. Au fil d’une promenade photographique, ils nous dévoilent les charmes et les mystères de ce « jardin qui continue parce que l’eau coule toujours des trois sources, parce que dans ce vallon de Bretagne les saisons se succèdent avec plus de violence et de soudaineté qu’ailleurs, parce qu’Isabelle et Timothy s’acharnent à la tache et préfèrent préférer plutôt qu’accumuler. Un jardin où tout n’est que réponse, écho, prolongement et métamorphoses. »


La révolte des accents

Stock - 2007

Une jonque qui transporte une troupe de comédiens accoste un jour dans l’île où vivent nos amis Jeanne, son frère Thomas, M. Henri… Le soir-même, ils jouent Roméo et Juliette, faisant rêver d’amour tous les habitants de l’île. Le lendemain, stupeur ! la jonque est partie. Elle a emporté avec elle les accents et les épices. L’île découvre alors comme la vie est morne sans eux. Comment avaler, jour après jour, du riz sans safran ? Comment s’émouvoir ou s’émerveiller s’il n’y a plus d’accent aigu sur le e ? Jeanne décide de partir à leur recherche, d’autant plus que son frère s’est embarqué avec la troupe pour travailler comme souffleur. Son périple va la mener jusqu’en Inde, dans une vallée magique où se réunissent chaque année des comédiens du monde entier pour un festival secret de théâtre et d’épices. Ne viendraient-ils pas là pour se faire épicer ? Mais les accents se sont installés plus haut, sur les contreforts de l’Himalaya. Elle a retrouvé Thomas, qui mènera l’expédition jusqu’à la villégiature des accents, où se rassemblent régulièrement tous les accents du monde. Sur ces hauteurs, Jeanne va commencer à découvrir ce que c’est qu’aimer : accentuer sa vie. Elle poursuivra cette exploration dans le prochain livre qui traitera, avec un chef d’orchestre, de la ponctuation.


Histoire de la glaciologie

Vuibert - 2007

La neige et la glace ont joué dans notre histoire un rôle primordial : elles ont modelé notre environnement et conditionné l’équilibre climatique de la Terre. Les glaces des calottes polaires conservant la mémoire du climat et de l’environnement passés, l’histoire de la glaciologie est aussi l’histoire de l’étude du climat. On sait qu’aujourd’hui les glaces de l’Arctique sont déterminantes dans l’avenir climatique de notre planète, mais sait-on que nous sommes plus d’un milliard à dépendre des ressources en eau des glaciers ? Qu’avons-nous compris de la glace et de la neige, et que nous ont appris ces éléments ? C’est toute l’histoire de la glaciologie depuis l’Antiquité que Frédérique Rémy, spécialiste du sujet, nous raconte ici. Soucieuse de divulguer les connaissances scientifiques, elle s’attache à montrer comment cette histoire de la glaciologie effleure tour à tour celles de la rotondité de la Terre, de la météorologie, de la cristallographie, de la thermodynamique, de la géologie, de la mécanique des solides et, surtout, celle du climat - passé, actuel et futur ; elle nous fait rencontrer philosophes, marins, astronomes, explorateurs, naturalistes, géographes, physiciens ou climatologues, tous acteurs historiques de la glaciologie.


Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation

Fayard - 2006

« Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu’il approche la main. L’espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu’en suivant les chemins du coton, de l’agriculture à l’industrie textile en passant par la biochimie, de Koutiala (Mali) à Datang (Chine) en passant par Lubbock (Texas), Cuiabá (Mato Grosso), Alexandrie, Tachkent et la vallée de la Vologne (France, département des Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d’hier et celle d’aujourd’hui, rien ne vaut l’examen d’un morceau de tissu. Sans doute parce qu’il n’est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. » E.O.


Salut au grand Sud

Stock - 2006

Le dimanche 8 janvier 2006, Isabelle Autissier et Erik Orsenna quittent Ushuaia. Direction : le grand Sud. Isabelle vient de faire l’acquisition d’un très solide voilier de quinze mètres. Quatre personnes complètent l’équipage : deux marins professionnels, un réalisateur de films documentaires et un jeune ornithologue que le mal de mer ne va cesser de torturer. Ce voyage est un vieux projet qui, enfin, se réalise. Isabelle a souvent navigué dans ces parages mais trop vite : elle était en course. Cette fois, elle veut prendre son temps. Erik, qui navigue depuis l’enfance, est lui aussi venu dans l’archipel du Cap Horn. Il rêvait de recommencer et d’aller plus bas, plus loin… Ce livre raconte les sept semaines de l’aventure. Il raconte les peurs et les émerveillements. Il raconte les traces retrouvées des explorateurs de légende (Charcot, Shackleton, Nordenskjöld). Il raconte la rencontre de femmes et d’hommes étonnants, il raconte les montagnes, les champs d’icebergs, des paysages dont on sait qu’ils ne vous quitteront plus votre vie durant. Il raconte les albatros, les sternes, les terribles prédateurs skuas, les charmants damiers du Cap. Il raconte les baleines et le redoutable léopard des mers qui attaque volontiers les zodiacs (il les confond avec des phoques)... Chemin faisant, ce livre explique qu’Isabelle n’est pas seulement marin mais ingénieur. Erik n’est pas seulement écrivain. Depuis son Portrait du Gulf Stream , il se passionne pour l’océanographie. Ce livre explique le continent mystérieux, tellement important pour la planète entière : l’Antarctique, c’est 70% de notre eau douce ; c’est la plus formidable réserve d’archives sur notre lointain passé ; c’est un acteur essentiel de la mécanique climatique… Il explique, preuves visibles à l’appui, le réchauffement. Il explique les forces à l’oeuvre et les fragilités. Il témoigne, il alerte. Il salue le seul exemple de gestion commune d’une richesse terrestre. Au sud du soixantième parallèle commence un territoire immense qui n’appartient à personne. Un territoire sans drapeaux, sans papiers d’identité, seulement dédié à la recherche de la Connaissance et à la Paix. Pour combien de temps ?


Si on rêvait...

Belin - 2005

Il était une fois des enfants malades, trop malades pour avoir encore la force de rêver. Il était une fois des enseignants dans les centres scolaires des hôpitaux. Il était une fois un chirurgien et un psychanalyste. Il était une fois un écrivain. Il était une fois un photographe. Les enseignants, le chirurgien, le psychanalyste, l’écrivain et le photographe, un jour de janvier, se sont réunis dans une petite salle de classe de l’hôpital Trousseau. Et ils se sont interrogés : ne pourrait-on pas ensemble faire quelque chose ? Ne pourrait-on pas aider ces enfants malades à retrouver le chemin du rêve ? Alors le photographe a eu l’idée : je vais demander à mes amis photographes qu’ils me donnent leurs plus belles images et on va les montrer aux enfants. Alors l’écrivain a dit : on va recueillir les mots qui naîtront de ces images. Alors le chirurgien et le psychanalyste ont dit : retrouver le rêve, c’est reprendre le dialogue avec la vie. Alors les enseignants à travers toute l’Europe ont tout organisé. (Erik Orsenna)


Portrait du Gulf Stream : Eloge de tous les courants

Seuil - 2005

Dans ma famille, de tradition catholique, nos prières se devaient de rendre hommage à Dieu (pour l’ensemble de son oeuvre). Mais, tout de suite après, il nous fallait dire notre gratitude au Gulf Stream (pour la chaleur de l’eau et la tiédeur de l’air). Chaque fois que nous sortions, grelottants, de nos bains glacés de Bretagne, une grand-mère était là pour s’exclamer : « Remercie donc le Gulf Stream ! Sans lui, notre mer serait froide. » Et chacune de nos promenades au jardin s’accompagnait de gloussements : « Qu’il se porte bien ce palmier, il me rappelle Alger. Qu’il monte haut cet agave, on dirait Madagascar ! » Au fond, le Gulf Stream nous consolait de la perte de nos colonies. Bien des années ont passé. Et aujourd’hui mon cher Gulf Stream m’inquiète. Sa santé me préoccupe. Va-t-il un jour, bientôt, comme on le dit, s’arrêter de couler ? Qu’adviendra-t-il de la douceur de nos climats ? Longtemps, j’ai fermé les yeux. Mais le moment est venu. Je ne suis pas scientifique. Plutôt promeneur. Alors, des violents remous du détroit de Floride aux maelströms de Norvège, des rivages fleuris d’Écosse aux abords légendaires de Nantucket, je suis allé, par les chemins de terre ou de mer, rencontrer les savants et les lieux. Couverture : Carte de l’Amérique, Atlas de J. Blaeu, 1686, Rotterdam, Musée maritime, © G. Dagli Orti.


Dernières nouvelles des oiseaux

Stock - 2005

Un homme qui en a assez de récompenser les bons élèves et qui lance des enquêteurs à travers l’Europe pour trouver des enfants passionnés et libres. Et si, au lieu de récompenser les bons élèves, on distinguait les enfants passionnés ? Sept enfants sont sélectionnés par une “Fondation européene de la passion” qui décerne des prix pour réaliser des rêves... d’enfants. Voilà Javier, Morwenna, Etienne, Victoria, Thomas, Hillary et Hans embarqués dans une incroyable aventure. Ils sont réunis deux mois sur une île bien mystérieuse, battue par les vents et les tempêtes. Une île qu’ils rêvent bientôt de quitter par n’importe quel moyen. Qui le premier prononça le mot avion ?


Nous Tintin

Editions Moulinsart - 2004

Nous avons tous une case en plus, et c’est une case de Tintin... De combien d’aventures vécues ou rêvées, lointaines ou intimes, le héros de Hergé a-t-il été le ferment pour ses jeunes lecteurs parfois devenus grands (auteurs) ? Une trentaine d’entre eux laissent ici vagabonder leur plume ou leur conversation à partir d’une case, d’une bulle, d’un personnage, d’une relique, dans le sillage immarcescible du petit reporter du XXe siècle. Un livre d’or c " à suivre " sans modération, en hommage affectueux à l’enchanteur inquiet mais intact de notre vaste monde, capitale Bruxelles.


Histoire du monde en neuf guitares

Fayard - 2004

Le luthier lui conseille : mais non, mais non jeune homme, tentez donc l’aventure. C’est un si bel instrument, sensible, discret, ancien et moderne à la fois. Mettez-vous au travail. Ne la vendez pas déjà. Le jeune homme approche la guitare, il la touche et commence à en rêver la nuit. Chaque nouvelle met en scène des personnages réels et fondateurs du monde de la guitare, des anecdotes, des styles de musique, des guitares mythiques. Le luthier, lui aussi, confie ses souvenirs, son savoir-faire.


Le geste et la parole des métiers d’art

Cherche Midi Editeur - 2004

Le métier de fabricant de fleurs artificielles, raconté par Irène Frain… Le métier de plumassier raconté par Line Renaud…Le métier de forgeron raconté par David Douillet… Le métier de potier de grès raconté par Yves Coppens… Dans cet ouvrage tout simplement superbe, dont la direction éditoriale a incombé à Renaud Dutreil et Erik Orsenna, plus de 170 personnalités nous racontent les métiers d’art : ces métiers qui exigent de la passion, ces métiers qui exigent un savoir-faire de tous les instants, ces métiers qui se raréfient malheureusement mais qui sont encore pratiqués par une poignée d’irréductibles un peu fous et surtout un peu artistes. Le résultat ? Un vrai beau livre, avec des belles illustrations et des photographies un peu rétro, qui nous promène dans une galeries d’activités toutes plus insolites les unes que les autres et surtout de plus en plus oubliées. Une excellente idée de cadeau pour les adultes et aussi pour les enfants, afin qu’ils n’oublient pas qu’avant d’être informatisé, l’homme est un homo faber, un être qui travaille de ses mains.


Les Chevaliers du Subjonctif

Stock - 2004

Les jeunes héros de La grammaire est une chanson douce ont grandi. Jeanne est une adolescente rêveuse qui s’intéresse aux mystères de l’amour ; Thomas, lui, cherche la clef d’un nouveau monde. L’archipel des Mots est toujours sous la dictature du président Nécrole et la police traque les opposants. Un jour, Thomas disparaît et Jeanne est arrêtée. Sauvée par le cartographe officiel de l’île, elle part avec lui dans un audacieux voyage en planeur à la recherche de son frère. Après avoir survolé l’Impératif et le Conditionnel, ils atterrissent sur l’île des Subjonctifs, les ennemis de Nécrole. Accueillie par un jeune homme roux passionné de liberté, elle va découvrir chez ces joyeux contestataires le pouvoir de l’imagination. Dans l’usine où elle retrouve son frère, les ingénieurs découpent la mer, miroir de nos rêves. Elle comprendra que l’amour – qui va frapper la redoutable inspectrice, Mme Jargonos – est aussi une variété du subjonctif, le mode du rêve et du désir. Bien plus qu’une leçon de conjugaison, cette découverte des mots du temps est une belle et grave leçon de vie et nous rappelle que les humains ont besoin du « secours de ce qui n’existe pas ». Curieuse et impertinente, Jeanne est le guide idéal pour cette exploration des subtilités de notre langue. Lire le monde, cette « immense bibliothèque », et le donner à lire pour mieux le partager, quoi de plus enthousiaste ?


Madame Bâ

Stock - 2003

Madame Bâ Marguerite est née le 10 août 1947 à Médine (Mali), sur les bords du fleuve Sénégal. Fille d’Ousmane, forgeron, sous-directeur de la chute d’eau, et de Mariama, « traditionniste », c’est-à-dire savante de toutes les choses du passé, Madame Bâ aime la connaissance. Pour retrouver son petit-fils préféré qui a disparu en France, avalé par l’ogre du football, elle présente une demande de visa. On la lui refuse. Alors elle s’adresse au Président de la République Française. Une à une elle répond scrupuleusement à toutes les questions posées par le formulaire officiel 13-0021. Mais nul n’a jamais pu enfermer Madame Bâ dans un cadre. Nom, prénoms, lieu de naissance ? Madame Bâ raconte l’enfance émerveillée au bord du fleuve, l’amour d’un père, l’apprentissage des oiseaux Situation de famille ? Madame Bâ raconte sa passion somptueuse et douloureuse pour un trop beau mari peul. Enfants ? Madame Bâ raconte ses huit enfants, cette étrange « maladie de la boussole » qui les frappe Sans fard ni complaisance, Madame Bâ raconte l’Afrique d’aujourd’hui, ses violences, ses rêves cassés, ses mafias. Mais aussi ses richesses éternelles de solidarité, ce formidable tissage entre les êtres. Madame Bâ est d’abord cela : le portrait d’une femme. Une femme africaine, c’est-à-dire une femme qui, plus encore que toutes les autres femmes, doit lutter pour sa dignité et sa liberté. Quinze ans après L’Exposition coloniale, je suis reparti explorer les relations de la France avec son ancien empire. Mais cette fois, c’est le Sud qui nous regarde. E.O.


The Race, la course du millénaire

Solar - 2001

Bruno Peyron, par l’intermédiaire de Marc Samson, a tenu le journal de la course au jour le jour, du départ à Barcelone à l’arrivée des concurrents à Marseille. Erik Orsenna, amoureux de la mer et des exploits des hommes qui l’affrontent, commente ses temps forts, les passages de caps… Des cartes géographiques, des points météo et des croquis des bateaux permettront au lecteur de revivre - ou d’imaginer - cette course fab


Portait d’un homme heureux : André Le Nôtre

Fayard - 2001

"A Versailles, souvent je tends l’oreille, rêvant de retrouver une amitié, une conversation quotidienne et qui dura trente-cinq ans. Entre Louis XIV et André Le Nôtre. Le monarque le plus puissant à qui tout doit céder, même le temps. Et l’homme de la terre, le saisonnier, celui qui reste du côté de la nature, même s’il la force comme personne avant lui. "Ensemble ils ont écrit le plus grand livre du monde - mille hectares -, le roman du Soleil incarné. La seule histoire occidentale qui impressionnait Quianlong, l’empereur de Chine, le créateur du jardin de la Transparence parfaite."


La grammaire est une chanson douce

Stock - 2001

La Grammaire est une chanson douce est une fantaisie joyeuse. Jeanne, la narratrice, une jeune adolescente, pourraît être la petite soeur d’Alice, l’héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés. Avec son frère aîné, Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d’un côté de l’Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue. Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient. C’est une promenade dans la ville des mots, pleine d’humour et de poésie, où les règles s’énoncent avec légéreté. Les tribus de verbes et d’adjectifs, les horloges du présent et du passé s’apprivoisent peu à peu, au rythme des chansons douces de Monsieur Henri.


Discours de réception de Erik Orsenna à l’Académie française et réponse de Bertrand Poirot-Delpech

Fayard - 1999

Longtemps

Fayard - 1998

Il était une fois, Gabriel, un homme acharné à demeurer normal. Par normal, il entendait marié une seule et bonne fois pour toutes. Et, pour se prévenir de son hérédité ô combien nomade, il s’était choisi un métier de paix et de racines : les jardins. Que Dieu soit maudit et tout autant célébré dans les siècles des siècles. Par un jour de grand froid, une passion arrive à notre Gabriel. Elle s’appelle Elisabeth, c’est la plus belle femme du monde. Hélas, deux enfants l’accompagnent et un époux l’attend : commencent le miracle et la douleur de l’adultère durable. Non les frénésies d’une passade mais trente-cinq années d’un voyage éperdu. A Paris, Séville, Sissinghurst, Gand et Pékin, Gabriel et Elisabeth, ces deux amants à l’ancienne, vont se fuir et se retrouver dans les larmes, les vertiges éblouis du corps et la géographie. Peu à peu, ils vont s’inventer la seule demeure qui résiste aux protestations de la morale : une légende. Ils vont découvrir que la seule vérité, la seule dignité, la seule aventure, c’est le temps. Voici le portrait de cet animal indomptable et démodé : un sentiment. E.O.


Deux étés

Fayard - 1997

Imaginez la plus vaste des étendues bleues, saupoudrée jusqu’à l’horizon d’une centaine de rochers roses entre lesquels glissent des voiles. Au loin, l’île principale veille sur cette grande famille à fleur d’eau. En ce paradis, nous vivions de juin à septembre. Un beau jour, à deux pas de notre maison, vient s’installer Gilles, un personnage étrange. Allure de faune, métier improbable : traducteur. L’éditeur Arthème Fayard lui a confié une tâche impossible : la version en langue française du chef-d’oeuvre de Nabokov, Ada ou l’Ardeur. Bien sûr, il peine. Bien sûr, il traîne. Arthème s’énerve. Alors, l’île entière lui vient en aide. Durant deux étés, nous avons apporté à Gilles notre contribution enthousiaste et incompétente. Depuis longtemps, je voulais raconter ces deux étés. Rendre hommage à la navigation des mots, à la jalousie de la mer, à nos complicités d’alors qui n’allaient plus jamais cesser. Je sais maintenant que je dois à cette aventure d’il y a vingt ans l’apprentissage de l’enchantement. E.O.


Mésaventure du paradis : Mélodie cubaine

Seuil - 1995

Toute famille a ses eldorados. Des lointains peuplés d’ancêtres forcément farouches, séducteurs et richissimes. Enfant, on me promenait sur les ports, on m’enivrait de Brésil et de Caraïbes, sans plus de précision. L’âge venant, j’ai décidé d’aller y voir. Elle s’appelait Villademoros, papetière. Il se prénommait Augustino, négociant. Mes arrière-grands-parents. Ils habitaient La Havane, où ils étaient nés. Cent vingt ans plus tard, Cuba coupe le souffle tellement les gens, les lieux son beaux, et serre le cœur tant l’échec est criant. Un grand Fidel est passé par là. Il voulait édifier le paradis sur terre… on peut construire des écoles, des hôpitaux. On ne force pas un peuple au bonheur. Surtout quand ce peuple le possède en lui. Vous l’aviez deviné : en même temps que l’arbre généalogique, nous avons visité les ruines du rêve.


Grand amour

Seuil - 1993

Il s’agit d’amour, en effet. L’amour de la France et de ses paysages vus d’en haut, l’amour du grand collège qu’était l’Elysée au temps du premier septennat, l’amour agacé pour un Président, l’amour des invitées (la solennité du lieu leur donne des idées chaudes), l’amour des télégrammes de condoléances, qui peuvent conduire aux plus hautes carrières ministérielles... et bien d’autres amours encore. Gabriel, le héros de ce livre, se nourrit de tout. Comment lui en vouloir ? Les hommes comme lui, plus nombreux qu’on ne croit, doutent de leur propre existence. D’où des allures de fantômes et des pratiques de vampires timides. Un jour arrivent au palais un port de tête et une bouche trop charnue. En d’autres termes : une dame. Dès cet instant commence, au royaume désordonné des sentiments, l’apprentissage de la préférence.


Besoin d’Afrique

Fayard - 1992

Afrique parce que nous l’aimons. Besoin parce que le mépris et ses variantes, la pitié, la charité, les jérémiades, nous empêchent de recenser ce qu’aujourd’hui le monde doit à l’Afrique. Inventaire parce qu’on ne choisit pas, ni n’ordonne, les raisons d’aimer. Et parce que les Afriques sont innombrables. Nous avons commencé par la Noire.


L’Exposition coloniale

Seuil - 1988

Gabriel aime le caoutchouc, Auguste Comte et par-dessus tout les amours impossibles. Grâce à Ann et Clara, sa vie ressemble à une exposition coloniale : « Un faux empire, des rêves trop grands, un spectacle pour les familles... » De Levallois à Belem do Para, Gabriel poursuit sa quête d’ailleurs, si chère à sa grand-mère Marguerite. Nostalgies de fin d’empire, rêves d’une France plus grande, Érik Orsenna nous balade avec ironie et tendresse dans cette première moitié du XXe siècle.


Une comédie française

Seuil - 1980

1945. Louis et Bénédicte se rencontrent, se sourient, puis se marient. Louis s’engage dans la reconstruction du pays, et Bénédicte fait de la jalousie son métier. Clara, leur fille, découvre le don des larmes : pleurer sera son seul plaisir. Quant à Charles, son petit frère, il s’étonne, à cinq ans, de n’être pas déjà ministre de l’Intérieur. Une comédie française raconte la course irrésistible de ces quatre personnages dans les coulisses de l’Histoire des vingt années d’après-guerre.


La Vie comme à Lausanne

Seuil - 1977

Au grand dam de sa mère qui le voulait poète, Charles-Arthur ne rêve que d’une chose : devenir footballeur. Adolescent espiègle et gourmand, jeune homme épris de politique, Charles-Arthur vit la drôle de guerre enterré sous la ligne Maginot, s’engage prudemment dans la Résistance, avant de s’installer dans une carrière ronronnante de député centriste. Une satire réjouissante de la IVe République et de son idéal de vie… à la suisse !

La Fontaine

Avec Alexis Gloaguen, Erik Orsenna et Yvon Le Men - Saint-Malo 2018

Rencontre autour de Jean de la Fontaine, avec Alexis Gloaguen et Erik Orsenna, animée par Yvon Le Men


Culture et développement

avec Erik Orsenna, Felwine Sarr, Patrick Chamoiseau et Jean-Christophe Rufin - Saint-Malo 2018

Animé par Sophie Ekoué
Avec Erik Orsenna, Felwine Sarr, Patrick Chamoiseau et Jean-Christophe Rufin.


Du portulan à la carte

Avec Michèle POLAK, Frank LESTRINGANT, Érik ORSENNA, Contre Amiral François BELLEC. Animé par Noëlle BREHAM - Saint-Malo 2013

Avec Michèle POLAK, Frank LESTRINGANT, Érik ORSENNA, Contre Amiral François BELLEC. Animé par Noëlle BREHAM


Erik Orsenna, sur la route du papier

Avec Erik Orsenna - Saint-Malo 2012

Rencontre avec Erik Orsenna, animée par Noëlle Bréham


Le littoral menacé

Saint-Malo 2010
Avec Eric ORSENNA, Yves LEBAHY, Vincent DENBY-WILKES. Un débat animé par Emmanuelle Dancourt.

Plaisirs de langue, plaisirs de bouche

Saint-Malo 2010
Avec Olivier Roellinger et Erik Orsenna.